Les Pyrénées connaissent une activité sismique accrue depuis le début de l’année 2025. Avec plus de 60 secousses enregistrées en quelques semaines, les habitants de la région se demandent si ces tremblements de terre annoncent un danger imminent. Une situation qui suscite autant d’inquiétude que d’interrogations.
Le 12 octobre, vingt-deux tremblements ont été relevés en Béarn et en Bigorre sur la journée, une intensité rare qui a attiré l’attention des géologues et des habitants. En tout, ce sont plus de 60 secousses qui ont été comptabilisées, avec des magnitudes variant entre 0,3 et 2,8 sur l’échelle de Richter, allant de la vallée d’Aspe à celle d’Ossau, de l’Argonne à la vallée de l’Ousse. Les Pyrénées, qui se situent à la frontière entre la plaque tectonique africaine et la plaque eurasienne, sont naturellement une zone de forte activité sismique. En moyenne, plus de 300 secousses sont recensées chaque année. Mais depuis le début de 2025, l’intensité des secousses a visiblement augmenté. Le Centre pyrénéen des risques majeurs (C-Prim) a déjà exprimé ses inquiétudes : « La probabilité qu’un séisme de forte magnitude qui frapperait la région dans les années à venir est réelle, bien que son occurrence exacte demeure imprévisible. »
Un risque sismique modéré mais réel
Les autorités ne minimisent pas ce phénomène. Les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques sont classées en zone sismique 4, ce qui signifie un risque modéré à moyen. Pourtant, cet indice pourrait être insuffisant pour anticiper des tremblements plus puissants. C-Prim souligne que, malgré l’incapacité actuelle à prédire avec précision le moment et l’intensité d’un futur séisme, des mesures de précaution sont possibles. Le plan de prévention du risque sismique (PPRS), mis en place fin 2023 à Lourdes, impose des normes parasismiques strictes pour les nouvelles constructions et propose un renforcement des bâtiments anciens. Parallèlement, le Centre a également développé des outils pédagogiques destinés à la sensibilisation de gestes simples mais vitaux en cas de tremblement de terre (se mettre à l’abri sous une table, ne pas s’aventurer dans les escaliers, etc.).
Une vigilance indispensable
Si ces tremblements peuvent sembler bénins, le C-Prim rappelle que la chaîne pyrénéenne est loin d’être stable et qu’un événement majeur, bien que difficile à prédire, pourrait survenir à tout moment. Aussi la surveillance sismique et des travaux de prévention ont été renforcés, pour limiter les risques. Les Pyrénées connaissent depuis toujours des secousses telluriques, mais grâce à des mesures de prévention et à une prise de conscience collective accrue, la région pourra mieux faire face aux défis que la nature pourrait lui imposer. ■ C.N.
Les infos en plus
300
c’est le nombre de secousses recensées chaque année dans les Hautes-Pyrénées et Pyrénées- Atlantiques
730
communes des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées- Atlantiques sont classées en zone sismique 4, correspondant à un risque moyen à modéré
1660
le 21 juin de cette année, Bagnères-de- Bigorre, Lourdes et de nombreuses communes de Bigorre avaient connu un tremblement de terre d’une magnitude estimée à 6,1 sur l’échelle de Richter. Ce séisme reste à ce jour, le plus fort ayant affecté les Pyrénées françaises


















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