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Stefinyl : la mode oui, mais à sa façon… avec elle, rien ne se perd, tout se transforme

Elle se définit comme “Couseuse de couleurs”. Et lorsqu’on découvre ses créations on comprend pourquoi. La Béarnaise Stéphanie Crochetet alias Stefinyl respire, vit, coud vintage et métamorphose des tissus des années 60-70 en pièces uniques. Elle vient d’ouvrir une boutique en ligne. Portrait.

Son univers est peuplé de fleurs des années 70, de rideaux de caravanes oubliés, de draps joyeux et de souvenirs en filigrane. Le déclic, elle l’a eu aux côtés de sa grand-mère. « Elle cousait des tabliers avec de vieux torchons. Comme elle ne voyait pas bien, petite, je l’aidais à enfiler l’aiguille. J’étais fascinée par ses gestes simples. C’est elle qui m’a transmis l’amour du recyclage et du fait main. » Adolescente, elle se forme à l’école de couture Honoré Baradat. « Lorsque j’ai dit mon nom de jeune fille, Blanchemanche, on m’a rétorqué « avec un nom comme celui-ci, c’est sûr que vous allez faire carrière ! » Elle ne savait pas à cette époque que l’homme qu’elle épouserait s’appellerait Crochetet…

Des débuts cousus d’audace

Diplôme en poche, elle monte son atelier de couture rue Louis Lacaze en 1992, à seulement 18 ans. « La CCI m’avait dit que j’étais la plus jeune cotisante de France ! » Elle démarre avec une machine à coudre et réalise ses propres créations. Très vite, elle se rend compte que les Paloises ne sont pas prêtes à les porter, « je n’étais pas à Paris ! », mais son savoir-faire attire des boutiques qui lui confient des retouches. « Ensuite, j’ai été embauchée comme couturière et vendeuse chez Martha Fillipson puis Atelier 13 et Suncoo. »

L’appel du tissu

L’idée de créer sa marque ne la quitte pas. Après un licenciement économique en 2024, elle relance son activité chez elle, à Mourenx. Un espace où elle laisse libre cours à son imagination, au son du jazz, des Beatles ou de The Supremes. « Le tissu m’appelle. Je ne sais jamais à l’avance ce que je vais faire. Je couds d’ailleurs sans patron. J’ai travaillé si longtemps dans les boutiques que je connais par coeur le corps des femmes. » La friperie La Fiancée du Pirate lui prend quelques modèles. Ses mélanges d’imprimés, ses chemises, ses cols surdimensionnés, ses manteaux et ses capes réversibles séduisent. « Il faut que ça vive, que ça bouge, que ça se voit ». On peut aussi dénicher ses pièces uniques au sein du concept-store Le Phasme, passage Carnot, où elle organise régulièrement des ateliers de couture. Ce jour-là, une femme d’un âge certain lui achète un mantelet réalisé dans d’anciens rideaux en coton à grosses fleurs : « Elle me rappelle la tapisserie que j’avais dans ma chambre de petite fille. » Forte de son succès, Stéphanie vient d’ouvrir sa boutique en ligne (stefinylcreation.fr) dont la page d’accueil pose d’emblée sa griffe : « Des bouts de passé cousus au présent, avec un soupçon d’ironie et beaucoup de fils colorés. » ■ C.N.

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