Pas besoin de passeport pour voyager loin. Jusqu’en novembre, le label béarnais À Tant Rêver du Roi transforme la Ferronnerie de Jurançon en petit comptoir de l’underground mondial.
Certains prennent l’avion pour chercher l’exotisme. À Tant Rêver du Roi préfère le faire venir à la Ferronnerie. Pour sa rentrée, le label béarnais met les frontières au placard et les décibels en avant. « Une rentrée internationale ! », s’enthousiasme Stéphane Sapanel, directeur artistique de la structure. Jusqu’en novembre, la programmation fera escale au Japon, aux États-Unis, en Belgique et en Suisse. Avec, au passage, quelques sérieux spécimens de la scène française.
Début des réjouissances avec Obst
Le 10 octobre, place à Éric Avondo et Sébastien Tillous, deux musiciens aguerris, qui construisent une musique répétitive et polyrythmique, avec un « côté un peu transe ». De quoi préparer le terrain aux Bordelais de Sweat Like an Ape!, dont le rock dansant devrait éviter à la soirée de sombrer dans la contemplation monastique.
Un trio japonais (d)étonnant
Puis, le 22 octobre, sans doute la plus grosse prise de ce festival : Boris. Depuis 1992, le trio nippon promène sa musique entre noise, psychédélisme et expérimentations. Une formation habituée aux salles de 500 places, qui va donc se retrouver dans le format autrement plus ramassé de la Ferronnerie. Une aubaine pour le label, mais peutêtre un petit défi pour les murs. Boris y défendra Pink, son album culte, sorti il y a vingt ans, avec une tournée baptisée « Do You Remember Pink Days ». En première partie, l’Américain Planning for Burial distillera une musique autrement plus sombre et lancinante.
Pour amateurs de post-punk et de new wave
Le 30 octobre, Urge et Sure feront pencher la balance du côté du post-punk et de la new wave. Les Toulousains jouent cagoulés, autant par goût du mystère que par habitude. Sure, de son côté, assume son amour de Depeche Mode. Une soirée où l’on pourra donc danser tout en donnant l’impression de réfléchir.
Let’s dance
Novembre verra revenir une autre vieille connaissance : La Jungle. Le duo belge, déjà passé plusieurs fois par le Béarn et dont À Tant Rêver du Roi a publié quatre albums, revient avec un troisième musicien : un deuxième batteur. Autant dire que le concept de sobriété énergétique risque de rester à la porte. « C’est une machine à danser », promet Stéphane Sapanel. La Ferronnerie, elle, devrait surtout devenir une machine à transpirer.
L’étiquette reste à la porte
Le 20 novembre, Convulsif et Toru, venus de Suisse, clôtureront cette séquence avec le plateau le plus expérimental. Free noise, métal, jazz, improvisation, rock et électroacoustique : ici, les étiquettes musicales auront définitivement rendu les armes. Et puisqu’il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin, les Norvégiens d’Årabrot sont déjà annoncés en décembre. À Tant Rêver du Roi n’a décidément pas choisi la facilité. Mais après tout, pourquoi demander à l’underground de rentrer dans les cases quand il peut faire vibrer les murs ? ■ C.N.


















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