Vente de machines à traire, équipement complet d’élevage, robotique, maintenance : depuis 1962, Thion Équip Élevage équipe les élevages du Béarn et au-delà, dans huit départements. À sa tête depuis 40 ans, Pascal Thion s’apprête à transmettre les rênes à son fils Hugo, la 3e génération. Sans changer de cap : le service, la confiance avec les éleveurs, le respect des animaux et de l’environnement.
Deux générations, deux styles. Une même direction pour Pascal et Hugo Thion (photo). Celle de poursuivre l’entreprise d’équipement et matériel d’élevage créée en 1962 par le père de Pascal, Claude et sa femme Henriette. Une figure tutélaire marquante pour toute la famille, évoquée pudiquement à la fin de l’entretien mais qu’on sent très présente dans les esprits, les valeurs transmises. À l’image du poème burkinabé accroché dans l’atelier. Il y est écrit, entre autres : « Prendre le temps de travailler. C’est le prix du succès. » Chez Thion Équip Élevage, le temps a été pris pour construire une entreprise qui compte aujourd’hui 25 collaborateurs, rayonne sur huit départements, dont l’Ariège avec la reprise récente d’une entreprise à Saverdun, et affiche un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros. Avant Pascal, qui a développé l’entreprise, il y a eu les parents. Claude est monteur en salles de traite chez Diabolo à Paris, puis démonstrateur sur l’ensemble de la France, avant de revenir en Béarn pour créer son entreprise. Au départ, il assure uniquement la vente de machines à traire. « Tout était à faire en matière d’équipement en élevage : on voyait qu’il y avait de quoi faire tourner une entreprise mais qu’il fallait aussi se diversifier (tubulaire, moulins à farine…) » raconte Pascal Thion qui intègre l’entreprise familiale en 1990. Il connaît déjà ce secteur d’activité qu’il a couvert dans les Landes depuis 1985 sous le nom d’Équip’Élevage. À Auriac, sur les terres béarnaises familiales, il est rejoint très rapidement par son frère Patrick puis par sa soeur Marie-Claude.
De la salle de traite aux robots
Le métier a évolué, les enjeux aussi. Pascal développe l’activité automatisme en élevage, plus précisément en atelier porcin (machine à soupe, fabrique d’aliment, ventilation, électricité…) et vaches laitières (robot de traite, DAC, robot repousse fourrage, robot d’alimentation…). Au fil des ans, des opportunités se présentent et permettent à l’entreprise d’étendre son secteur géographique et son rayon de compétences. « Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’équiper entièrement un bâtiment de bovin, ovin, caprin et porcin mais aussi de proposer du matériel et de la maintenance pour les élevages de palmipèdes et de volailles. » L’entreprise est aussi concessionnaire de marques de matériel, dont Delaval ou Skiold, deux constructeurs européens réputés pour leurs innovations. Au fil des années, l’automatisation a rebattu les cartes du métier. « Robotique, séchage en grange, automatisme, élevage, fabrication d’aliment, méthanisation sont les défis de demain. Pour faire face à l’évolution des technologies des équipements et au développement de la robotisation, notre formation se fait de façon quasi permanente. » Aujourd’hui, les nouvelles machines permettent, par exemple, de doser très précisément le pourcentage de telle ou telle céréale dans le bol alimentaire conçu sur-mesure par des éleveurs qui peuvent maîtriser de A à Z la nourriture de leurs bêtes. Sans parler de l’IA qui sert au prédictif et à guider l’éleveur sur les robots de traite. « Ce qui a changé, c’est la technicité. Aujourd’hui, les robots prélèvent le lait, analysent, comparent avec les données des jours précédents. Cela permet à l’éleveur de suivre la qualité du lait, d’anticiper d’éventuelles maladies. Nos techniciens sont de plus en plus pointus. On fait du métier passion un métier de service. Nous assurons un service de qualité, avec des permanences 7 jours/7 et 24 heures/24. »
Bien transmettre, s’inscrire dans la durée
Peu disert quand il s’agit de parler de lui, Pascal Thion l’est pour raconter son métier, ses équipes, les machines, les clients. Certains d’entre eux sont là depuis les débuts de l’entreprise. Les générations se sont succédé, le lien est resté. Fidélité est d’ailleurs, avec confiance, l’un des mots qui revient le plus dans son discours. Comme lorsqu’il est fier de montrer le courrier précieusement conservé d’un client qui, à Noël, avait souhaité de bonnes fêtes aux équipes Thion tout en les remerciant pour les machines et les services rendus. Une ambiance familiale à l’ancienne, dans toute sa noblesse, quand la parole donnée, le merci, la constance avec les fournisseurs et les partenaires étaient la règle d’or. « La clé de notre activité, c’est la disponibilité, la réactivité » renchérit le dirigeant. « Ce qui me plaît, c’est d’avoir 20 camions floqués de notre nom et ce qu’on est capable de fournir comme services. Mon objectif, c’est de travailler sereinement, de voir la satisfaction autour de moi. La fidélité, c’est essentiel. Quand un client me dit “Pascal, je te fais confiance” , j’ai le sentiment de bien faire mon travail. Ce que j’ai vécu, Hugo le vivra différemment, mais la confiance, on a bâti notre entreprise dessus. Cela veut dire le bon conseil au bon moment, le bon accompagnement. » Ce qu’il a construit pas à pas, il s’apprête en effet à le transmettre. Arrivé en 2024, Hugo sera la 3e génération Thion à la tête de l’entreprise. À 25 ans, avec un solide bagage agro-technique et une envie de poursuivre l’aventure – « j’ai toujours circulé ici, c’était une évidence d’y travailler » – Hugo porte les préoccupations de sa génération. Matières premières à sourcer, autoconsommation énergétique, enjeux climatiques pour l’élevage, il pense continuité et avenir. « Hugo a eu l’idée d’importer des trackers solaires, du photovoltaïque pour l’autosuffisance des exploitations en énergie. Ce sont des enjeux de demain, il apporte sa vision » explique fièrement le paternel. Toujours enclin à prendre le temps de bien faire. « Bien transmettre, poursuivre la relation client dans un monde concurrentiel, avec l’Asie qui veut s’imposer, ça demande du sang-froid. » Et de l’innovation, pour ouvrir le champ du futur. Un local flambant neuf de 1 800 m2 verra le jour d’ici un an. Toujours à Auriac, dans la zone artisanale. Un outil nouveau, moderne et un peu plus visible, avec un showroom et un vaste entrepôt. Une nouvelle étape pour Pascal, un nouveau pas pour Hugo, fourmillant d’idées mais toujours respectueux de l’histoire qui lui a été transmise. Il en réitère les mots-clés, « confiance, toujours, précision, volonté ». La transmission se fera avec le temps nécessaire. Plus qu’un fondement, un marqueur.
■ Nathalie Faure



















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