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Michel Camborde - Dirigeant, Benjamin Bentegeat - Directeur opérationnel associé
Adour Sécurité – Sous haute surveillance

Michel Camborde a gardé de ses racines terriennes des valeurs fondamentales : le goût du travail bien fait, le pragmatisme et une certaine méfiance envers les beaux discours. À la tête d’Adour Sécurité depuis 35 ans, entreprise basée à Sauvagnon et spécialisée dans l’installation et la maintenance de système de sécurité, il a fait de la confiance une affaire aussi sérieuse que la protection des biens. Aujourd’hui, il prépare la suite sans renier ce qui a forgé sa renommée.

Lorsqu’on rencontre Michel Camborde, d’emblée, le mot humilité apparaît. Fils d’agriculteur et agriculteur pendant quelques années, il a cette modestie de connaître sa vraie valeur sans artifice. Une droiture aussi. Chef d’entreprise aguerri, il sait garder les pieds sur terre et accompagner avec beaucoup de bienveillance les personnes avec lesquelles il travaille : équipe, professionnels et particuliers. Son parcours atypique est la preuve qu’avec beaucoup de courage, on peut passer d’un domaine à l’autre, si l’on sait (s’)écouter. « Je suis un pur autodidacte », dit-il amusé. « Lorsque j’en ai eu marre de me lever très tôt le matin pour perdre de l’argent, j’ai compris que le métier d’exploitant agricole n’était pas fait pour moi. » Alors en 1987, à 34 ans, via une connaissance qui travaillait dans la sécurité, il décide de saisir l’opportunité d’un secteur en plein essor. Les débuts tiennent davantage du bricolage commercial que de la haute technologie. « Au départ, je vendais plutôt des gadgets, “la boîte à coucous“ ! » Le Béarnais comprend vite qu’il va falloir passer à la vitesse supérieure. Il rencontre des distributeurs spécialisés, monte une entreprise à Tarbes avec un associé, puis prend son envol en solo. En 1991, il crée Adour Sécurité à Pau, rue Michelet. « J’ai démarré avec un technicien. À l’époque, nous installions des systèmes d’alarme traditionnels. » Devant les demandes de plus en plus nombreuses, l’entreprise déménage à Serres-Castet, près du rond-point de l’aéroport. L’artisan de la protection devient un chef d’entreprise qui doit suivre les mutations technologiques sans perdre le fil de son métier. « Avec l’évolution de la technologie, nous sommes passés, au fil du temps, à des systèmes plus intelligents. »

La sécurité sur mesure

Contrôle d’accès, vidéoprotection, générateurs de brouillard, protection incendie, gardiennage, surveillance de chantiers : l’entreprise couvre un large spectre de risques. Depuis 2022, elle a posé ses valises à Sauvagnon, dans des locaux de 250 m². Dix salariés, dont cinq techniciens, et un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros : partie de presque rien, la PME a changé d’échelle sans se transformer en usine à solutions toutes faites. Ses clients sont principalement des professionnels et des collectivités, dans un rayon de 50 à 100 kilomètres autour du Béarn, avec quelques interventions plus lointaines, de Bordeaux à Paris. Dans la capitale, l’entreprise a notamment équipé un hôpital de 200 caméras et de 400 lecteurs de badges. « Habituellement, 4 à 16 caméras suffisent », précise Michel Camborde. Ainsi qu’un autre site particulièrement sensible, dont les exigences spécifiques en matière de détection ont nécessité la conception et la mise en oeuvre de solutions sur mesure. Des références qui impressionnent, mais le patron préfère revenir à la méthode. « Vols, effractions, carburant, métaux, cuivre, véhicules ou vandalisme : chaque site a ses vulnérabilités. Il ne s’agit plus seulement de constater une tentative d’accès non autorisé et de déclencher une alarme, il faut pouvoir détecter la menace le plus tôt possible avant qu’elle n’atteigne les bâtiments. Les caméras thermiques permettent cela. Notre rôle est d’analyser le besoin et d’assembler les équipements des fournisseurs les plus fiables qui vont assurer un dispositif. » En clair, la machine progresse, mais le diagnostic lui, reste humain. « Nous ne sommes pas des commerciaux ! » La formule claque comme une profession de foi. Derrière la boutade, une conception du métier : conseiller, installer, assurer le suivi et pouvoir intervenir vingt-quatre heures sur vingtquatre, sept jours sur sept. La sécurité se joue aussi après la signature du contrat, dans la durée et dans la capacité à répondre présent.

L’avenir assuré

Reste une question, celle que Michel Camborde a fini par regarder en face : comment faire durer l’entreprise sans diluer ce qui l’a construite ? Des repreneurs, il en a vu passer. « Depuis 35 ans, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui voulaient reprendre ou racheter Adour Sécurité. Mais je suis resté fidèle à l’ADN de l’entreprise : le service client et la satisfaction. » La réponse se trouve en la personne de Benjamin Bentegeat. Entré dans l’entreprise en 2012, il a commencé comme technicien avant de devenir responsable technique, puis directeur opérationnel et… associé. Le courant était passé dès l’entretien d’embauche. Le jeune homme, lui aussi issu d’une famille d’agriculteurs, a grandi dans la région. Mais son terrain de jeu, c’est l’électronique. Bac professionnel, BTS en systèmes électroniques, première expérience à Toulouse : il revient vite au pays et rejoint Adour Sécurité à 20 ans. Michel Camborde ne tarit pas d’éloges sur celui qui connaît désormais la maison de fond en comble. « Il a toujours fait ce qu’on lui demandait, voire plus ! » La complémentarité est évidente. À l’un, l’expérience du terrain et le sens du contact ; à l’autre, une familiarité native avec les technologies numériques. « Je ne suis pas né avec l’informatique, lui oui. C’est un atout pour la société. » Mais l’essentiel, insiste le fondateur, tient ailleurs : Benjamin partage la même attention au client et la même exigence de service. Dans cette entreprise où l’on apprend à repérer les failles avant qu’elles ne deviennent des problèmes, Michel Camborde a donc fini par appliquer à son propre avenir la règle du métier… anticiper. ■ Catherine Nerson

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