L’établissement qui célèbre en 2026 six décennies d’existence intimement liées au passé industriel de la plaine de Nay déroule, avec fierté, l’excellence de l’artisanat. L’occasion de découvrir un lycée qui présente chaque année plusieurs élèves au prestigieux concours du Meilleur Apprenti de France.
Il y avait du monde pour l’événement, le 9 octobre dernier. Des enseignants, des élèves, des parents, des visiteurs mais aussi des anciens et des jeunes venus témoigner des années passées dans cet établissement pas vraiment comme les autres. En préambule, le discours d’ouverture du proviseur Jean-Sébastien Abboud, arrivé en septembre 2024, restera dans les annales. « Soixante ans, c’est une histoire, c’est l’histoire des 33 premiers élèves en 1966, c’est l’histoire des 207 élèves de cette année scolaire, c’est l’histoire d’un patrimoine ! C’est l’histoire de 5 000 diplômés qui un jour ont franchi les portes de ce lycée, qui y ont appris un métier, qui y ont découvert leur talent, leur vocation, parfois même une nouvelle manière de se construire et de regarder le monde. À travers eux, c’est aussi le nom du lycée Gabriel Haure-Placé qui continue de rayonner. »
Un territoire sculpté par ses ateliers
Par-delà le symbole du calendrier, cet anniversaire témoigne de la symbiose entre l’histoire de l’établissement, le destin de la commune et la mémoire industrielle de la plaine de Nay. En 1966, sous la plume de Gérard Bernet dans la presse locale, le collège d’enseignement technique (CET) apparaissait déjà comme « une des chances de Coarraze, dont l’artisanat et l’industrie du meuble et du textile sont les principaux facteurs économiques ». Deux secteurs qui faisaient vivre respectivement 400 et 250 personnes. C’était le temps des grandes manufactures, des transmissions d’artisanat et des productions béarnaises exportées à grande échelle, portant haut la fierté locale. Soixante ans plus tard, si le vrombissement des usines s’est tu et que les entreprises ont fermé leurs portes, l’essence du geste, elle, a survécu. Le CET a opéré sa propre métamorphose pour devenir le Lycée des métiers d’art. Un label renouvelé tous les 5 ans via un cahier des charges très strict. « On est sur un petit joyau lové au coeur du Béarn qui accueille des métiers de niche, souligne Jean-Sébastien Abboud. Nous sommes le mini berceau des savoir-faire à l’ancienne ou plutôt aujourd’hui des techniques ancestrales adaptées aux nouveaux outils numériques, aux enjeux environnementaux et aux nouvelles attentes des clients. »
Une formation d’excellence
Fort de 70 salariés, dont 28 professeurs, les 207 élèves, dont 75 % d’internes, sont répartis sur les pôles de formation suivants : ébénisterie (CAP, BMA, Brevet National des Métiers d’Art MA), Étude et réalisation d’agencement (Bac pro ERA), art du bois (CAP marqueterie et CAP sculpture sur bois), tapisserie d’ameublement (Bac pro). Sans oublier la culture générale avec Cours de Français, Histoire-Géographie et Enseignement Moral et Civique, Mathématiques, Langues vivantes, Arts appliqués et culture artistique, Éducation Physique et Sportive (EPS) et Physique-Chimie (selon les spécialités). « C’est un lycée familial. Il y a une réelle proximité entre enseignants et élèves, note Mickaël Cortes, professeur de Math et de Physique chimie. Ils ne sont pas perdus dans la masse, ce qui les incite à mieux travailler. » « Par rapport aux conditions d’autres lycéens et leurs revendications, nous avons le sentiment d’être privilégiés ! » ajoute un élève de CAP en ébénisterie. « Nous avons choisi cette voie par choix, voire par passion, pas par hasard. Les mots rigueur, geste juste et minutie font partie de notre apprentissage », commente un futur bachelier. Et les conditions de travail sont, elles aussi, exemplaires. Le site déroule des ateliers spacieux et lumineux où établis et outils anciens côtoient de nouvelles machines à commande numérique pour l’apprentissage. « Et tout est réglementé », précise Stéphane Chezzi, directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques qui assure notamment la partie sécurité des ateliers. En partenariat avec le Lycée, le GRETA-CFA Aquitaine propose aussi des formations destinées aux adultes, demandeurs d’emploi, salariés, personnes en reconversion professionnelle et apprentis. Au classement des lycées professionnels de L’Étudiant, l’établissement a obtenu une notre de 15,2 sur 20. « Même si l’IA transforme profondément la manière dont ces métiers se préparent, communiquent et créent, elle ne remplace pas le geste de la main et le savoir-faire de l’artisanat d’art » conclut le proviseur.
■ Catherine Nerson
Une dynamique marquée
Au-delà de la célébration de ses 60 ans le 9 octobre dernier, avec conférence (en partenariat avec l’association Fer et Savoir-Faire), projection d’un film sur les anciens meubles Minvielle et Cabanne, exposition sur le Tissage Larrousse, témoignages d’anciens élèves et des visites d’ateliers, le lycée s’investit pleinement dans de nombreux événements. Ainsi, début 2026, une adaptation théâtrale du Petit Prince a réuni 2 250 spectateurs autour de décors entièrement fabriqués par les élèves. L’établissement s’illustre également lors de ses portes ouvertes de janvier et mars, mais aussi à l’extérieur, notamment lors des Journées Européennes des Métiers d’Art ou de salons artisanaux locaux. Enfin, la solidarité s’y exprime chaque année à travers une journée de mobilisation des élèves et des personnels pour Octobre Rose.
97%
C’est le taux de résultat au baccalauréat professionnel du Lycée professionnel Gabriel Haure-Placé pour l’ensemble des filières en 2026, dont 72 % de réussite avec une mention.
L’enjeu est de faire perdurer des savoirs, des savoir-faire et une passion !
Jean-Sébastien Abboud, proviseur du Lycée des métiers d’art Gabriel Haure-Placé de Coarraze



Une dynamique marquée
L’enjeu est de faire perdurer des savoirs, des savoir-faire et une passion !














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