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Canicules, feux, risques climatiques : quel avenir pour les forêts de la Région ?

De la vallée d’Aspe à Biscarosse, d’Hendaye à Lacanau, toute la Nouvelle-Aquitaine a ressenti l’onde de choc des incendies particulièrement violents de cet été. Après les mégafeux en Gironde et dans les Landes, c’est le temps du bilan et de la reconstruction. La Région a présenté trois pistes. Le 64 et la filière aéronautique pourraient être mobilisés.

Après la blessure, la reconstruction. Celle des hommes et femmes touchés par les incendies violents de cet été en Gironde et dans les Landes, celle des habitations ou entreprises décimées ou impactées, celle des paysages touchés par des feux d’une ampleur exceptionnelle. En écho à la visite en Gironde, le 17 août, du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a annoncé une aide de 12 millions d’euros pour la Gironde et les Landes et un plan global qui pourrait dépasser 100 millions d’euros, la Région a mis l’accent sur trois pistes de protection sur lesquelles elle a sollicité l’engagement de l’État. « La mobilisation des pouvoirs publics a été exemplaire pour faire face à ce méga-feu, le plus dévastateur depuis plus de 50 ans. Il nous faut aujourd’hui panser les plaies et penser l’avenir. Cela suppose de travailler ensemble sur trois axes stratégiques : amortir le choc, organiser le rebond, reconstruire pour accroître la résilience du territoire face à ces événements. L’accélération du réchauffement climatique, des canicules et des sécheresses démultiplie les risques d’incendies majeurs et nous impose de repenser la protection de nos forêts face aux feux, mais aussi la manière de les reboiser, d’y habiter et d’adapter l’activité économique à ces bouleversements » constate Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Des bombardiers d’eau en permanence Implanter en Nouvelle-Aquitaine une base permanente de bombardiers d’eau : l’idée n’est pas nouvelle. En août 2023, au coeur des paysages marqués par les incendies de La Teste-de-Buch et Landiras, l’installation à Mont-de- Marsan d’une seconde base aérienne en complément de celle de Nîmes, qui concentre toutes les forces de lutte contre les feux (12 Canadair, 8 Dash et 3 Beech) avait été évoquée, avant d’être retoquée. Elle vient d’être remise sur la table lors de la visite gouvernementale d’août. Lors du méga-feu en Gironde, deux Canadair avaient été mobilisés durant les premières heures. Interrogé par la presse, le Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile avait souligné que l’envoi rapide de quatre Canadair aurait changé la donne. La proposition de la Région est un détachement d’une base opérationnelle permanente de bombardiers d’eau, dotée de Canadair et des autres moyens aériens nécessaires à la protection du massif des Landes de Gascogne et, plus largement, du grand Sud-Ouest. Un argument appuyé par le fait que le territoire dispose d’un pélicandrome à Mérignac et Limoges, pour ravitailler ces avions en eau et produit retardant. Sans oublier, celui qui est installé alternativement à Mont-de-Marsan et sur l’aéroport de Pau-Uzein pour renforcer la défense du sud du massif des Landes de Gascogne durant la période estivale. L’idée est de s’appuyer sur l’expertise de la filière aéronautique régionale dont le 64 est un fleuron. L’eau et les forêts Prévenir les incendies, c’est aussi agir en amont pour préserver l’eau dans les massifs forestiers et limiter leur assèchement. Avec un grand programme de restauration du fonctionnement hydrique des forêts, en particulier dans le massif des Landes de Gascogne : restauration des zones humides, reméandrage des cours d’eau, optimisation de la gestion hydraulique, ralentissement des écoulements et, plus largement, développement de solutions permettant de retenir davantage l’eau dans les sols et les écosystèmes forestiers. Depuis 2022, plusieurs de ces solutions ont déjà été testées : une forêt moins « sèche », capable de conserver son eau résisterait mieux aux épisodes climatiques extrêmes. Devenir un territoire pilote La troisième piste consiste à faire des 42 000 hectares ravagés de Saumos le territoire d’une forêt expérimentale qui associerait l’État, le Conseil régional, l’Europe, la recherche, INRAé, les propriétaires forestiers et l’ensemble de la filière Bois. Diversification des peuplements, gestion de l’eau, interfaces entre forêt et zones habitées, prévention, détection précoce des départs de feu, nouvelles technologies de surveillance et d’intervention : la Région a proposé une réorientation de 4,2 millions d’euros du fonds européen agricole pour le développement rural en faveur de la DFCI, l’entité de référence sur la prévention et la défense des forêts contre les incendies. Avant de lutter, il est plus que jamais nécessaire de prévenir et de protéger.

■ Nathalie Faure


DFCI : prévenir et lutter

Protéger et mettre en valeur le massif des Landes de Gascogne, informer les particuliers et les pros des bonnes pratiques : l’Association régionale de défense des forêts contre l’incendie en Nouvelle-Aquitaine – DFCI Aquitaine – décline ses missions de prévention et de lutte. Elle regroupe 4 unions départementales (24, 33, 40, 47), 212 associations syndicales autorisées s’appuyant sur 2 500 bénévoles actifs. Cet été, lors des méga-feux, les équipes du réseau DFCI se sont mobilisées en appui des services de secours et des acteurs du territoire : sécurisation, surveillance, identification des zones nécessitant des interventions prioritaires, repérage des arbres dangereux, actions concrètes comme les opérations de traitement du contour du feu.


39 000

entreprises et 100 000 salariés touchés directement ou indirectement par les méga-feux des Landes et de Gironde cet été, 220 000 personnes déplacées, 240 maisons brûlées, 126 pompiers blessés et 2 décédés lors de l’incendie à Mérignac le 21 juillet ; 42 000 hectares brûlés à Saumos, 3 600 hectares à Biscarosse et 1 700 hectares à Luglon.


L’histoire l’a toujours démontré : anticiper, prévenir est bien moins coûteux pour la société. Les dérèglements climatiques imposent de changer d’échelle. »

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.

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