Longtemps restée à l’écart des grandes dynamiques métropolitaines, la cité d’Henri IV opère un retour remarqué. Entre loyers encore accessibles, politique volontariste et arrivée de nouveaux commerçants venus de Bayonne, Biarritz, Bordeaux ou Toulouse, la capitale béarnaise redessine son attractivité.
Dans un contexte où l’immobilier commercial atteint des sommets dans les grandes villes du Sud- Ouest, Pau présente un avantage décisif : des prix encore raisonnables. Selon Jean- Christophe Moutou, ancien avocat et entrepreneur, fondateur de l’agence paloise Lokko, spécialisée dans l’immobilier professionnel et la vente de fonds de commerces « les droits au bail oscillent généralement entre 10 000 et 80 000 euros selon l’emplacement et la surface, avec des loyers souvent inférieurs à ceux pratiqués sur la Côte basque ou à Bordeaux. » Cet écart change la donne. Là où un projet peut devenir risqué ailleurs, il reste ici accessible. « Cette réalité attire une nouvelle génération d’entrepreneurs, parfois contraints de renoncer dans les métropoles voisines (Biarritz, Bordeaux, Toulouse…), qui trouvent à Pau un terrain d’expérimentation plus souple. » Les chiffres confirment cette dynamique. Selon une étude publiée en 2025 par la FACT (Fédération des Acteurs du Commerce dans les Territoires), le taux de vacance commerciale atteint 11,7 % en 2025, son niveau le plus bas depuis dix ans, en baisse continue depuis 2022. Mieux : Pau figure désormais parmi les villes françaises ayant le plus réduit la vacance commerciale sur la dernière décennie. Avec plus de 900 commerces et services, la ville s’impose comme un pôle structurant du Sud Aquitain. Ce mouvement est encouragé par les acteurs économiques. Le président de la CCI Pau Béarn, Didier Laporte, appelle ainsi à « faire du territoire un “accélérateur de projets”, capable d’accueillir et de faire grandir de nouvelles initiatives entrepreneuriales. » Une ligne qui se traduit concrètement sur le terrain.
Un renouvellement du tissu commercial
Cette attractivité se traduit concrètement dans les rues. Ces deux dernières années, de nombreuses enseignes et concepts ont vu le jour, témoignant d’un renouvellement du paysage commercial, parmi lesquels des enseignes nationales comme Lacoste, Levi’s ou K-Way. Mais au-delà de ces locomotives, c’est surtout la montée en puissance des indépendants qui marque les esprits. Des adresses comme Maison X Albert, Strobbia et Rosa, Racine, Bô & Cie, Kuku la praline ou encore des concepts hybrides mêlant artisanat, décoration et restauration tels que AMT, rue Joffre, participent à cette nouvelle identité commerciale. Dans certains secteurs, à l’image du Passage Carnot ou autour des Halles, l’offre s’est profondément transformée, mêlant créateurs, commerces de bouche et lieux de vie. « En 2025-2026, 91 commerces de proximité se sont implantés, rapporte Iris Maugin responsable de la communication à la CCI Pau Béarn, dont une vingtaine spécialisée dans l’hygiène et la beauté. » À signaler la poursuite des travaux de l’immeuble des Galeries Lafayette qui devrait être (avec ou sans l’enseigne) un lieu de commerces et un restaurant avec rooftop, la gratuité du parking Bosquet le samedi ou la création future d’une Maison du commerce et des artisans et des professions libérales.
Une ville à taille humaine
L’attractivité de Pau repose aussi sur un équilibre plus global. Ville à taille humaine, elle permet encore une relation directe avec la clientèle, une fidélisation rapide et une visibilité immédiate – autant d’atouts devenus rares dans les grandes agglomérations. La stratégie publique joue également un rôle clé. La municipalité déploie une politique proactive : accompagnement des porteurs de projets, animations commerciales, amélioration de l’accessibilité et requalification des espaces urbains. Autour des Halles, véritable locomotive avec des dizaines de milliers de visiteurs hebdomadaires, ou dans des rues comme Taylor ou Serviez, le commerce retrouve une centralité. Il ne s’agit plus seulement de vendre, mais de créer des lieux de vie, de rencontre, d’expérience. Ni saturée, ni marginalisée, Pau offre aujourd’hui un compromis recherché entre opportunité économique et qualité de vie. Pour de nombreux entrepreneurs, le calcul est déjà fait : à l’heure des métropoles sous tension, Pau apparaît comme une évidence stratégique. Reste à inscrire cette dynamique dans la durée.
■ Catherine Nerson
5 jours pour entreprendre
La CCI Pau-Béarn propose des formations payantes et sur-mesure pour bâtir et concrétiser un projet de commerce. À l’instar de « Création entreprise : identifiez les points clés pour un projet réussi ». Un stage intensif sur 5 jours qui permet de découvrir son profil entrepreneurial, comprendre l’environnement de son projet, le construire, le modéliser et lui donner vie mais également échanger avec d’autres entrepreneurs. Il faut savoir que les entreprises accompagnées ont un taux de survie supérieur aux autres (86 % contre 60 % sur 3 ans d’existence selon Initiative France).
36,6
C’est en millions, le nombre de passants enregistrés dans le centre-ville de Pau en 2025, marquant une hausse de 34 % par rapport à 2022.
Là où un projet peut devenir risqué ailleurs, il reste ici accessible pour des nouveaux commerçants venus de la Côté basque, de bordeaux, Toulouse ou même Paris.
Jean-Christophe Moutou, dirigeant de Lokko, agence spécialisée dans l’immobilier professionnel.



5 jours pour entreprendre
Là où un projet peut devenir risqué ailleurs, il reste ici accessible pour des nouveaux commerçants venus de la Côté basque, de bordeaux, Toulouse ou même Paris.














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