Climat, logement, vieillissement, sobriété foncière ou mobilité : derrière nombre de décisions publiques locales, l’AUDAP éclaire les élus. Une agence d’urbanisme devenue un acteur stratégique des transitions du Grand Sud-Aquitain.
Connues des élus et des techniciens, les agences d’urbanisme restent largement ignorées du grand public. Pourtant, leurs analyses irriguent aujourd’hui une grande partie des politiques locales. L’Agence d’urbanisme Atlantique & Pyrénées (AUDAP), qui couvre le Béarn, le Pays basque, une partie des Landes et développe des coopérations transfrontalières avec l’Espagne, en offre une illustration éloquente.
Créée en 1998, cette association rassemble plus de 50 collectivités et organismes partenaires autour d’un principe simple : mutualiser les compétences pour mieux préparer les territoires aux mutations qui s’accélèrent. Urbanistes, géographes, économistes, architectes, paysagistes ou spécialistes de la donnée travaillent ainsi aux côtés des collectivités pour transformer des enjeux complexes en stratégies concrètes. « Notre nouveau Contrat-Projet 2026-2031 nous conforte dans ce rôle : accompagner les territoires pour prendre soin du vivant, des habitants et des ressources », résume le directeur général Denis Caniaux.
L’heure des grandes transitions
L’époque où l’urbanisme se limitait aux plans locaux d’urbanisme est révolue. Désormais, l’AUDAP intervient sur des sujets aussi variés que le vieillissement de la population, l’adaptation au changement climatique, la gestion de l’eau, les mobilités, le logement abordable, la revitalisation des centresbourgs ou encore la reconversion des zones d’activités économiques. Autant de dossiers qui dépassent largement les frontières administratives. Car les défis auxquels sont confrontés les territoires ne s’arrêtent ni aux limites communales ni aux intercommunalités. C’est précisément cette vision d’ensemble qui fait aujourd’hui la valeur ajoutée de l’agence. En 2025, ses équipes ont ainsi conduit près de quatrevingt- dix missions auprès de quarantesept membres, tout en préparant le futur contrat de projet qui guidera son action jusqu’en 2031. L’objectif est désormais clairement assumé : aider les collectivités à anticiper plutôt qu’à subir.
Observer pour mieux décider
La force de l’AUDAP réside aussi dans sa capacité à produire de la connaissance. L’agence collecte, croise et analyse des milliers de données territoriales afin d’éclairer les décisions publiques. Les projections démographiques illustrent parfaitement cette approche. Le vieillissement accéléré de la population oblige déjà les collectivités à repenser l’habitat, les mobilités, les services publics ou encore l’organisation des centralités. Une réflexion qui dépasse la seule question sociale pour devenir un véritable enjeu d’aménagement. Même logique autour de l’eau ou du changement climatique. Grâce à la plateforme d’observation ObSudAq’, l’AUDAP développe des indicateurs sur l’évolution des températures, les ressources hydriques ou les dynamiques agricoles afin d’aider les élus à adapter leurs politiques publiques à des phénomènes désormais mesurables. Cette volonté d’expérimenter se retrouve également dans plusieurs projets emblématiques, comme le Life Lab’Eau du Pays de Nay, consacré à la gestion participative de la ressource en eau (voir encadré), ou encore les travaux sur la sobriété foncière, devenus incontournables depuis l’objectif national de zéro artificialisation nette.
Une agence qui mise sur le collectif
Dans un contexte budgétaire tendu, l’AUDAP revendique un modèle économique fondé sur la mutualisation. Chaque collectivité contribue selon ses moyens mais bénéficie d’études, d’outils et de retours d’expérience largement supérieurs à ce qu’elle pourrait financer seule. « Neuf nouveaux membres ont rejoint l’AUDAP en 2025. Quelle meilleure preuve de son attractivité et de son intérêt ? », souligne son président Jean-René Etchegaray, qui insiste également sur la solidité financière de l’agence malgré un environnement contraint. Cette dynamique collective constitue sans doute l’un des principaux atouts de l’établissement au moment où les collectivités doivent concilier contraintes budgétaires et investissements de long terme.
■ Catherine Nerson
Le Life Lab’eau du Pays de Nay
Dans les Pyrénées-Atlantiques, 2022 fut une année charnière : des communes de montagne sont venues à manquer d’eau alors que cette ressource était jusqu’alors réputée inépuisable. Face à la nouvelle donne, l’AUDAP s’est proposée de réfléchir à des modalités de dialogue et d’intelligence collective associant les habitants. C’est finalement grâce au programme européen Life- Pyrénées4clima que cette démarche expérimentale « Lab’eau » a pu être tentée, avec la Communauté de Communes du Pays de Nay et l’Agence de l’Eau Adour- Garonne (AEAG), toutes deux membres de l’Agence.
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C’est le nombre de collectivités du Sud Aquitain qui mutualisent des moyens d’ingénierie au sein de l’agence d’urbanisme : 12 Intercommunalités béarnaises, basques et landaises, 6 Syndicats Mixtes, la Région Nouvelle Aquitaine et le Département des Pyrénées-Atlantiques.
Pour défricher l’avenir, l’Agence ne peut pas être “hors sol” : elle doit avoir les pieds sur les territoires et les mains dans les projets. À vos côtés. Observer, comprendre, anticiper : trois clés pour construire des
territoires durables.
Denis Caniaux, directeur général de l’AUDAP.




















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