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Alexandre Cherreau et Frédéric Fayet - dirigeants
SN Casadebaig – Ils ont du génie !

L’entreprise Ossaloise SN Casadebaig cultive depuis 1983 son savoir-faire dans le génie civil hydroélectrique et les travaux en altitude. Reprise en 2025 par Alexandre Cherreau et Frédéric Fayet, la PME de 20 salariés veut poursuivre son développement sans perdre sa singularité : une expertise pointue, une grande réactivité et un esprit de famille.

C‘est à Laruns, en vallée d’Ossau, dominée par la silhouette emblématique du pic du Midi d’Ossau, que l’entreprise SN Casadebaig étire ses compétences en matière de génie civil et de travaux difficiles de haute montagne. Fondée par Robert Casadebaig, figure locale également connue comme maire de Laruns, transmise en 2017 à Jean-Paul Carrère, elle fut reprise en mai 2025 par un duo d’ingénieurs, amis de longue date et complémentaires, Alexandre Cherreau et Frédéric Fayet. « Nous sommes tous les deux originaires de Gan. Nous avons fait la même école d’ingénieurs, l’ISA BTP à Anglet. » Alexandre connaît bien cette PME. « Je suis arrivé en 2007 comme stagiaire. Après, j’ai eu une très belle expérience professionnelle en Corse du Sud, entre fin 2011 et mai 2013, pour la construction du barrage Rizzanese : un aménagement hydroélectrique impressionnant. » En 2013, rappelé par Robert Casadebaig, il est engagé. Frédéric, lui, a débuté chez Bouygues Bâtiment puis part dans une PME spécialisée en transformation d’électricité et génie civil à Marmande. Mais l’envie de revenir au pays le taraude. « Alexandre m’a proposé de rentrer en vue de reprendre la société. Jean-Paul Carrère lui avait vendu 15 % des parts et il ne se voyait pas continuer l’aventure seul. J’ai été embauché en tant que conducteur de travaux en 2023. Deux ans plus tard, nous rachetions l’établissement en gardant ses 20 salariés ! » Depuis 2017, le chiffre d’affaires est en constante augmentation pour atteindre aujourd’hui environ 4 millions. « Ce n’est pas notre priorité… L’important c’est de garder notre force : des touche-àtout avec les compétences d’un grand groupe ! » Tous deux veulent pérenniser les savoir-faire historiques dans le génie civil hydroélectrique et les travaux en altitude, tout en accélérant le développement dans la transition énergétique. « On aime les chantiers particuliers, plus c’est complexe, plus ça nous plaît ! » souligne Alexandre. « On ne fait que des moutons à cinq pattes ici ! » renchérit Frédéric. Leur force de frappe ? La réactivité. La taille et l’organisation de l’entreprise font que les décisions et actions peuvent être prises instantanément. « Nous sommes hyper réactifs et ce, grâce à un personnel valeureux qui joue le jeu. Certains sont là depuis 20 ans. Il y a beaucoup d’entraide, de solidarité dans l’équipe. On travaille tous pour le même objectif. »

Des chantiers hors normes

Les prouesses qui témoignent de leur expertise ne manquent pas. À l’instar du barrage de Castet, situé sur le gave d’Ossau en Béarn, qui a été le théâtre d’un chantier d’envergure mené par la Société Hydro- Electrique du Midi, dans une logique de durabilité, de sécurité et d’innovation. Les travaux ont consisté à installer un équipement capable de recevoir deux batardeaux de 7 mètres de long sur 8 mètres de haut au niveau des vannes de crue. Ce dispositif permettra à l’avenir de réaliser des opérations de maintenance des EVC (évacuateurs de crue) sans devoir vidanger la retenue. Mais le chantier le plus marquant restera pour Frédéric le barrage de Fabrèges : « Perchés en crête de barrage à 40 m d’altitude, les locaux pendules n’étaient pas vraiment du genre à se laisser approvisionner facilement. Pour la confection de ces 4 bâtiments nous avons fait appel à une société d’héliportage privée et une grue mobile de 160 tonnes avec 62 mètres de flèche. Au prix de ces prestations, la marge d’erreur est faible ! » Alexandre lui se souvient d’un chantier en conditions extrêmes au barrage de Cap de Long pour EDF. Réalisés en plein hiver, les travaux en galerie du barrage de Cap de Long les ont confrontés à des conditions particulièrement exigeantes. Avec une base de vie implantée au pied du barrage, sous près de 2 mètres de neige, l’accès à l’entrée de la galerie s’effectuait en motoneige, dans un environnement soumis au risque avalanche. « Nos équipes étaient spécifiquement formées aux risques liés aux avalanches et aux contraintes propres à cet environnement de haute montagne. Une fois en galerie, les conditions restaient particulièrement difficiles : température ne dépassant pas 8 °C, absence totale de lumière naturelle et travail confiné durant toute la journée. On se déplaçait à vélo. C’est une autre dimension ! »

Recruter pour durer

Ces chefs d’orchestre des infrastructures sont régulièrement sollicités par la SHEM, EDF, Enedis, RTE mais aussi des communes du 64 ou l’EPTB Adour Affluents Aquifères pour la construction de passes à poissons afin de restaurer la continuité écologique des cours d’eau. « Loin du cliché du technicien isolé, c’est un métier de contact et de haute technicité qui s’articule autour de trois grandes phases : études de prix, planification et pilotage de chantier. Pour évoluer au-dessus du vide, il ne faut pas seulement de bons maçons. Nous possédons depuis peu, d’une équipe de cordistes qui ont un Certificat de Qualification professionnelle et travaillent toujours en binôme. » Alexandre et Frédéric ne cachent pas que la qualité et l’état d’esprit du personnel forgent la renommée d’une entreprise : « Il va falloir continuer à recruter du personnel jeune, motivé et ambitieux. Pas toujours simple en fond de vallée ! Mais nous ne sommes pas trop inquiets. Nous venons d’engager, après une période de stage, Justine, une jeune femme ingénieur ISABTP de 24 ans, en tant que conductrice de travaux. ». Pour la partie sécurité, SN Casadebaig détient la certification MASE (Manuel d’Amélioration Sécurité des Entreprises), ainsi que Qualibat qui atteste de leur compétence technique et du respect des normes de construction et de sécurité. Quant au changement climatique, le duo a conscience des enjeux de demain : « Notre manière de construire, nos méthodes de travail, les moyens à mettre en oeuvre, la typologie des chantiers devra à court terme radicalement changer. À nous de nous y préparer au mieux et d’accompagner nos clients sur ces sujets » Dans leurs locaux en plein réaménagement, « nous avons engagé des travaux importants pour remettre un coup de neuf, pour que nos collaborateurs se sentent bien, que l’image notre entreprise soit dynamique, moderne et ambitieuse », les deux associés semblent confiants en l’avenir. « En cette période de transition, les travaux associés à la production, le transport et la distribution de l’énergie sont en plein essor, y compris dans nos vallées, où elle est omniprésente via l’hydroélectrique. Gage à nous de continuer à accompagner au mieux nos clients. »

Catherine Nerson

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