Avec sa cousine Valérie, Luc Lorca a fait du zoo d’Asson l’un des cinq sites touristiques les plus visités des Pyrénées-Atlantiques. Le fruit de 25 années de travail acharné et d’une vie dictée par la passion pour les animaux et leur bien-être.
Luc Lorca a le zoo d’Asson dans la peau. Sur le vêtement d’abord, avec la mascotte Radjah, le tigre blanc qu’il arbore sur son sweat-shirt. Puis dans son envie perpétuelle de déambuler dans les allées. En lieu et place d’un bureau, il a d’ailleurs préféré entamer la discussion dehors, assis à une table baignée de soleil où le bruit de la pousse des bambous se mêle au son des animaux. Cet environnement, c’est son élément. Durant l’enfance, certains rêvent de devenir footballeur professionnel, d’autres de faire lever les foules à l’Olympia. Lui, son rêve était d’avoir un zoo. « Ma décision était prise à 8 ans », se souvient-il en décrivant avec précision la scène où il l’annonce à sa mère. « Quand j’ai une idée fixe, je ne la lâche pas facilement ! »
Un parc exotique et respectueux
Juriste de formation – il s’est notamment intéressé au droit de l’animal sauvage captif – il n’a jamais vraiment lâché cette aspiration. Ce Parisien de naissance a notamment travaillé au zoo de Beauval avec la fondatrice Françoise Delord, « avec qui les balades dans le parc duraient des heures ». Jusqu’à l’acquisition en 2001 du zoo d’Asson avec sa cousine Valérie Ramon, directrice associée. En 25 ans, le duo a transformé l’image du lieu. Avec la réussite en prime : la fréquentation est passée de 32 000 à plus de 50 000 visiteurs, plaçant le lieu dans le top 5 des sites les plus visités du département ! « Quand nous sommes arrivés, aucun investissement de fonds n’avait été fait depuis plusieurs années. C’était un mode de fonctionnement complètement anachronique. Ce qui avait fait l’âge d’or d’Asson, à savoir la reproduction d’animaux rarissimes et les expositions à l’autre bout de la France, n’était plus d’actualité. Le modèle économique était déphasé. Chaque euro gagné a été réinvesti », explique Luc Lorca.
Le décor a radicalement changé. La nature a repris ses droits. Des bambous plantés, des cloisons cassées… la « tristesse abyssale et carcérale » a laissé place à une verdure luxuriante, rappelant qu’avant le zoo, s’y trouvait un jardin botanique. Des investissements ont été consentis sur les abris pour les animaux, s’inspirant d’autres lieux similaires dans le monde. « L’installation des loutres et la zone des zèbres, je les ai découverts à Singapour. L’idée est de la dimensionner d’un point de vue des espaces et des coûts », souligne le directeur qui précise que 60 % des investissements sont réalisés avec des entreprises à 10 km à la ronde et 100 % à moins de 100 km.
Le bien-être des animaux, fil conducteur
Luc Lorca, Valérie Ramon et leurs équipes ont également donné un nouvel élan à la collection des 450-500 animaux présents sur le zoo. S’appuyant sur une large palette de critères (historique, notoriété, espèce menacée…), ils choisissent ceux qui seront intégrés. Avec parfois quelques anecdotes incongrues. « Au Guatemala, je me suis retrouvé nez à nez avec un ocelot. Il s’est passé vraiment quelque chose et je me suis dit que c’était une espèce pour nous : pas trop gros, un peu délicat et pas facile à présenter », délivre-t-il avec passion. Luc Lorca a un amour infini pour les animaux. Dès ses 11 ans, depuis l’appartement de ses grands-parents, il traversait deux rues dans Paris pour se rendre au jardin des Plantes. Au même âge, les premiers perroquets entrent dans sa vie. À 18 ans, il accueille le premier primate chez lui. Le bienêtre animal est alors la sainte priorité.
Un amour infini pour les animaux
« C’est notre quotidien. Il faut être respectueux des animaux, se remuer et se battre pour eux. Soit on fait les choses le mieux possible, soit on ne les fait pas. Pour les hippopotames pygmées, nous avons fait une installation bien plus chère que la normale. Nous avons notamment coulé une dalle caoutchouc car leurs pieds sont fragiles. Nous passons également des heures au téléphone pour replacer les animaux dans d’autres zoos du monde entier. » En 2022, Asson a d’ailleurs reçu le label Bien-être animal garanti par BEAG Certification qui évalue des critères zootechniques, environnementaux, scientifiques, éthologiques et cognitifs.
Proposer des expériences
50 000 visites annuelles au zoo, 200 abonnements : ces chiffres positifs, Luc Lorca les apprécie sans se reposer sur ses lauriers face à une concurrence rude. La diversification d’activité, entamée depuis la reprise du zoo, est une nécessité économique et managériale pour donner l’opportunité aux équipes d’être au contact du public. L’organisation d’anniversaires, l’aventure Jurassic pour une initiation à la paléontologie, des visites pour découvrir les animaux la nuit, soigneur d’un jour : autant d’expériences mises en place pour montrer le zoo sous des angles originaux. Des produits à valeur ajoutée, très loin du gadget. « L’atelier “Soigneur d’un jour” est limité à trois personnes alors que dans d’autres établissements, on est à 10-12. Ici, nous sommes avec des gens qui s’occupent des animaux. Ce n’est pas un animateur qui vient en décrivant juste les actions. Il y a une vraie immersion. C’est la différence entre visiter un grand château de la Loire avec un guide et visiter un petit château de la Loire avec le propriétaire. Il y aura beaucoup plus d’anecdotes, de vécu. C’est plus riche », justifie Luc Lorca. L’homme ajoute les ateliers pédagogiques pour les classes et les centres de loisirs. Toujours en petit groupe pour observer la faune et la flore. L’heure d’une visite rapide a alors sonné. Au bout du parc, le tigre blanc Radjah, la mascotte, trône, les yeux bleus pleinement fixés sur les visiteurs. Tel un roi. Le zoo d’Asson est bien gardé.


















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