Personnaliser l’accompagnement des habitants pour améliorer le tri des emballages et papiers : l’agglo de Pau, avec le soutien de Citeo et l’appui de Valor Béarn va lancer un nouveau dispositif en novembre : des caméras embarquées pour mieux identifier les déchets. Et dès ce mois-ci, cinq écoambassadeurs iront prôner les bons gestes.
En 2025, il y a eu près d’un quart d’erreurs de tri dans les bacs jaunes de l’agglomération paloise. Sur les 9 118 tonnes d’emballages et de papiers déposés, cela signifie 2 425 tonnes refusées pour cause d’erreur de tri. Soit 14 kg par habitant et par an de déchets mal triés et qui concernent un bac jaune sur trois. « Cela représente une facture de 469 000 € pour la collectivité ; la progression du tri est donc un objectif » précise Emmanuelle Camelot, vice-présidente de la CAPBP en charge des transformations écologiques. Lauréate d’un appel à projets de Citeo – l’éco-organisme des emballages ménagers et papiers graphiques depuis 1992 – la collectivité va lancer une grande mobilisation et une expérimentation terrain avec le soutien technique et technologique des sociétés LIXO et CLS en déployant, sur quatre de ses bennes de collecte, un système de caméras embarquées. Ce dispositif expérimental permettra de détecter rapidement les erreurs de tri présentes à l’intérieur des bacs et in fine de pouvoir proposer un accompagnement plus adapté des usagers dans cette démarche. Les caméras permettent de repérer les erreurs de tri et les produits inadaptés au bac jaune (textile, bois…). L’erreur la plus fréquemment observée sur le territoire (70 % des erreurs) est la présence de sacs, opaques ou transparents, dans les bacs jaunes. L’investissement caméra s’élève à 10 000 euros, plus l’abonnement au traitement des données. Ce sont elles qui seront transmises aux éco-ambassadeurs. Ils sont le second maillon du nouveau dispositif pour informer les habitants et les gestionnaires d’immeubles. « L’idée est la pédagogie et non la répression, il y a encore de la méconnaissance qui gâche les bonnes intentions de tri ; la technologie va nous aider dans une approche pédagogique et ponctuelle » ajoute Emmanuelle Camelot.

Les caméras embarquées permettront d’affiner les erreurs de tri dans les bacs jaunes.
Un coût environnemental et financier important
Après leur collecte, les emballages et les papiers de six intercommunalités (9 000 tonnes) sont acheminés vers le centre de tri ultramoderne de Valor Béarn à Sévignacq, où ils sont séparés par matériau afin d’être recyclés. Grand tambour rotatif, renforcement du tri optique, salle de caractérisation, « l’idée est de ne pas perdre ce qui mérite une seconde vie » précise Cécile Faure, présidente de Valor Béarn. « Il s’agit de relier les deux maillons de la chaîne, de l’habitant à l’agent de tri, car un bon geste à la maison devient une matière qui reprend vie » ajoute-t-elle. D’où l’intérêt de repérer les erreurs de tri. Car une fois identifiés, les produits non conformes sont retirés de la chaîne de recyclage, renvoyés vers l’usine de valorisation énergétique Cap Ecologia à Lescar pour être incinérés, ce qui génère transports supplémentaires, consommation d’énergie en plus et émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Une tonne d’emballage recyclé, c’est une tonne de gaz à effet de serre économisé. Le directeur régional Sud-Ouest de Citeo a livré sa formule pense-bête pour aider le grand public : « Le bac jaune, c’est de l’emballage, peu importe la matière. » C.Q.F.D.
■ N.F.
Photo : De g.à d.. : Nathalie Cabannes, première adjointe de la Ville de Pau, Cécile Faure, présidente de Valor Béarn, Emmanuelle Camelot, vice-présidente de la CAPBP en charge des transformations écologiques, Antoine André, directeur régional Sud-Ouest de Citeo, le 28 septembre dernier.


















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