Fondateur de la société Étiquettes et Compagnie épinglée de sa marque A-Qui-S.fr et installé à Bizanos, Benoît-Jean Morin est le premier fabricant français d’étiquettes thermocollantes à personnaliser, avec 250 000 commandes annuelles. Une fabrication 100 % made in Béarn.
Comme les contes, l’histoire de Benoît- Jean Morin pourrait commencer ainsi : Il était une fois… un ingénieur touche-à tout qui réinventa le petit morceau de tissu « nom et prénom », cousu par nos aînées. Mais comment cet homme, issu de la prestigieuse École Nationale des Arts et Métiers de Lille, est-il arrivé à produire avec succès, dans un secteur de niche, des étiquettes par milliers pour marquer affaires et objets destinés aux familles ?
L’envie d’être indépendant
Né à Paris, il grandit à Lille, puis se lance dans des études d’ingénieur. Son premier job, il le décroche à Grenoble dans une usine de fabrication d’autocollants. « Sans doute une inspiration pour plus tard ! » Ensuite direction Pau pour travailler, pendant six ans, dans un gros groupe, au poste de chargé d’affaires de maintenance dans la chimie. Puis à Arudy, chez un fabricant de pédales de voiture. Ce sera son dernier poste en tant que salarié. « Je ne supportais plus la hiérarchie. J’avais envie de créer mon entreprise, d’être indépendant et de trouver du sens à ce que je faisais. » L’idée de fabriquer des étiquettes autocollantes a très vite émergé. « En parlant avec une amie qui m’avait même confirmé que depuis les années 70, le produit n’avait pas évolué, mais aussi avec des créateurs d’entreprises et des ingénieurs, je me suis rendu compte que rien n’avait vraiment changé dans ce domaine. Tout cela m’a convaincu. En faisant des recherches, j’ai vu qu’en Australie, il existait des étiquettes assez élaborées. Je m’en suis inspiré. »
Vendre sur Internet
Après une étude de marché et des jours de réflexion, c’est dans la chambre d’amis de la maison familiale que tout commence « avec une machine pour découper des étiquettes ! », sans moyens. « J’ai d’abord présenté mes produits aux parents à la sortie des écoles, le boucheà- oreille et la presse parentale ont fait le reste. Nous étions en 2005 et l’ère de la vente en ligne était encore à ses débuts. Il fallait que je passe par là. Vendre mes étiquettes thermocollantes à personnaliser sur commande via un site, mais il me fallait un lieu. » C’est donc à Bizanos, dans une ancienne usine de bérets qu’il va installer son nouveau projet. Il achète des machines « qui ne servaient pas forcément à ce qu’elles étaient initialement » et les adapte. « Ma formation d’ingénieur me permet de mettre au point des procédés qu’on ne voit pas sur les salons. Nos imprimantes pour faire les thermocollants sont différentes. On utilise des encres solides qui ne contiennent pas de solvants, non odorantes. Je ne veux pas amener d’odeur chimique dans les foyers ! D’autre part, toutes nos étiquettes faciles à poser, résistent aux lavages même à forte température ! »
Un inventaire de produits à la Prévert
L’entreprise, qui a multiplié par 20 son chiffre d’affaires de la première année, propose aussi des produits complémentaires. Étiquettes en polypropylène pour les cartables, « recyclables et pas cassantes », gourdes isothermes en inox « une matière vertueuse », sacs de Noël en jute, pochettes « pour célébrer toutes les fêtes », boules de Noël en céramique, étiquettes pour câbles et chargeurs, gobelets, tampons encreurs smiley ou à message « pour remplacer les bons points à l’école », bracelets-rubans… chaque client peut choisir sur le site la police d’écriture, le design, la couleur ou le logo. « Notre ADN, c’est satisfaire notre clientèle. Les commandes sont expédiées entre 24 et 48 heures en France mais aussi dans les DOM-TOM, en Espagne, en Belgique, en Suisse et dans le monde anglophone. Entre juin et septembre, nous atteignons 25 000 commandes par semaine. Chez nous, l’organisation est primordiale ! »
Ses projets pour l’avenir ?
« Certainement pas d’acheter des boîtes à droite à gauche ! » Benoît-Jean Morin souhaite, avec A-Qui-S.fr, s’engager encore plus dans l’upcycling, à l’image de sa collaboration avec des établissements scolaires qui récupèrent les chutes d’autocollants pour en faire des gommettes ou de son partenariat avec Water Family, une association basque d’éducation à l’écologie. « Nous allons aussi développer des nouveaux procédés d’impression, de nouvelles créations (un secret pour la rentrée) et continuer à soutenir des projets associatifs. Depuis 2005, c’est plus de 3 000 associations scolaires, sportives etc. qui perçoivent un reversement financier pour réaliser leurs projets : sorties en bus, voyages scolaires, achat de matériel… Dans le cadre de ce partenariat, les familles bénéficient également de réductions (de 5 à 15 % de remise sur leurs commandes). » Et de conclure : « Ma vie est ici, avec mon équipe, ma famille et continuer à innover, à s’engager dans une démarche écoresponsable, à développer le recyclage de nos déchets… et c’est très bien comme ça. » ■
Catherine Nerson



















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