Le C.A.U.E 64 à l’heure des grand défis

Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Pyrénées-Atlantiques est un protagoniste de notre environnement quotidien. Son nouveau directeur Renaud Barrès aborde ses nombreuses missions pour une meilleure qualité de vie.

« Le confinement a été dur à vivre. Mais il nous a contraints à regarder autour de chez soi. » Renaud Barrès, d’une voix calme, se veut philosophe. L’aménagement du territoire rythme sa vie. L’architecte et historien de formation est devenu, en novembre dernier, directeur du C.A.U.E 64. Une réelle fierté. « Il s’agit du premier créé en France en 1978. C’est très motivant. » Le bicéphalisme, avec les antennes de Pau et de Bayonne, le rend unique. Il permet d’être proche des publics. « Je trouve qu’il y a une conscience de conserver un patrimoine paysager, architectural. »

Un pouvoir audible croissant

Depuis plus de quatre décennies, le C.A.U.E apporte gratuitement des conseils aux collectivités locales et aux particuliers sur des projets d’aménagement ou de réhabilitation. Ils ont été imaginés comme une conférence permanente des territoires qui réunit élus, services de l’État, rectorat, professionnels (architectes, paysagistes), acteurs importants de la société civile. « Nous sommes autour d’un projet global. On aiguille les décideurs qui organisent le cadre de vie ; les habitants qui subissent les règles et nous font remonter les points négatifs ; les futures générations par des interventions scolaires. »

Avec son regard pointu, le C.A.U.E a plusieurs missions : redéfinir les priorités, accompagner, dégrossir. Si les élus le contactent régulièrement, l’appel des particuliers reste confidentiel. « Le bouche-à-oreille fonctionne moins. La clé pour nous faire connaître, ce sont les mairies au contact de la population. On n’a ni gaz, ni électricité à vendre. On est indépendants. Ce serait dommage de s’en passer. » D’autant plus que l’organisme est financé par une taxe d’aménagement automatique sur toute nouvelle construction.

Le C.A.U.E a pu souffrir d’un déficit de valeur à cause de sa gratuité et de son absence de pouvoir législatif. Mais l’augmentation des demandes reçues et la conjoncture actuelle témoignent d’une nouvelle position. « La hausse du coût des matériaux et de l’énergie fait que notre discours devient audible. Le réemploi revient énormément. »

Développer une volonté participative

Renaud Barrès milite pour l’arrêt des démolitions chroniques et la réhabilitation du bâti ancien. « Il a de très grandes qualités qu’on ne retrouve pas forcément dans le neuf. Puis, c’est deux fois moins de CO2 et 40 fois moins de matériaux utilisés ! »

D’autres questions prioritaires touchent le C.A.U.E : la mobilité électrique où Renaud Barrès « s’étonne du déficit de bornes », les cours d’école asphaltées qui ressemblent « à des parkings de supermarché », la perte de vie des centres-bourgs, l’étalement urbain, le logement des seniors et les énergies renouvelables. Un sujet très crispé en France selon lui. « Les particuliers ne peuvent pas participer à des projets, contrairement à d’autres pays comme le Danemark. Le système est mal perçu par les habitants. Il faut apporter un récit acceptable et faire comprendre le sens des choses. »

La pédagogie entre alors en jeu. Dans le décret de 1977, la concertation et la participation des particuliers aux projets sont inscrites. Mais elles ne se traduisent pas dans les faits. Et le « nul n’est censé ignorer la loi » délaisse les habitants dans un monde où ils peuvent manquer de connaissances.

« Les législateurs ne font pas le service après-vente », regrette le directeur. « Ils débattent mais n’expliquent pas. Le Français considère qu’il subit plus la loi qu’elle ne l’aide. Il faut essayer d’emporter les gens. »

La liste copieuse des missions ne grignote pas l’enthousiasme. « On a un rôle important à jouer dans la qualité de vie de tous. Notre travail a du sens. »

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