Le Domaine du Château de Pau offre une centaine de variétés de plantes

De la maison natale d’Henri IV jusqu’au golf de Billère, le domaine du château de Pau s’étend sur 23 hectares. Le jardinier en chef Benoît Laborde et son équipe entretiennent avec passion ce patrimoine naturel inestimable.

« Je n’ai pas mis le bleu de travail parce que je savais que j’avais une interview ! » Benoît Laborde manie la formule avec le sourire. Mais le jardinier en chef est en pleine discussion avec son équipe car des buis font mine pâle, touchés par un champignon. Il espère que la nouvelle variété, en train d’être plantée, sera la solution. Son souci du détail traduit un amour profond pour son travail. « Je suis quelqu’un qui aime transmettre mes compétences. Dans les créations, on essaye de se faire plaisir car c’est là que les gens vont prendre plaisir à les regarder », déclare l’homme à l’accent chantant.

Durant la visite des lieux, entre les anecdotes et le récit de 30 années de carrière au Château de Pau, un mot transpire : la passion. Une qualité indéniable pour un jardinier d’art, statut synonyme d’un savoir-faire exceptionnel. « On respecte l’architecture, les pierres du monument. C’est un parc ouvert toute l’année qui appartient au Ministère de la Culture. C’est un de ses leitmotivs : rendre la culture accessible à tous. Cela met en lumière notre travail. »

Un espace naturel dans la ville

Certes, le domaine du Château de Pau, qui s’étend sur 23 hectares jusqu’au golf de Billère, est le plus petit de France. Mais les tâches abattues par l’équipe de 11 personnes comme une petite famille, sont colossales. « Hormis l’élagage et l’abattage, on ne sous-traite rien. C’est un métier polyvalent où on doit connaître la physique, la chimie, la botanique, la mécanique… On effectue même des travaux traditionnels comme l’entretien des serrures du musée. Nous sommes des couteaux suisses 2.0. » Avant de poursuivre : « Mais quand on voit les gens contents de profiter de cet espace, c’est une satisfaction. » Les citoyens peuvent profiter d’un magnifique écrin de verdure avec vue sur les Pyrénées. « Parfois, le dimanche, ce sont les Champs-Élysées ! », plaisante à moitié Benoît Laborde.
Au fil des pas, de nouvelles créations s’offrent à nos yeux. Par exemple, la Renaissance italienne s’invite dans des plantations d’agrumes dans des pots en terre cuite, estampillés Goicoechea. « Henri IV a introduit les grenadiers et les agrumes en France. Puis, c’est un château qui a toujours été habité, qui a suivi les modes du Moyen Âge au XIXe siècle. Le champ des possibles est large », se réjouit-il.

Un espace de biodiversité

Le domaine regorge de variétés de plantes. Le maître des lieux avoue qu’il est difficile de les compter. Puis, il nous emmène dans une salle au trésor : les serres qui conservent les plantes anciennes, dont le premier bégonia introduit en Europe. « On multiplie des plantes dont on a hérité du XIXe siècle, et qui n’existent plus dans les catalogues, pour les préserver », se félicite le jardinier en chef.

Site classé Natura 2000 depuis plus de 20 ans, le domaine s’efforce d’ériger la biodiversité en priorité. L’arrêt des produits phytosanitaires, depuis 2014, a permis le retour de certaines espèces animales (insectes, oiseaux…). Dans le cadre de l’exposition « Des poètes aux jardins », un labyrinthe végétal, avec du compost au sol, a été créé. Des petites cartes, où sont inscrites des maximes d’auteurs, jalonnent le parcours. « J’ai proposé cette animation car le jardin est un métier à part qui ne s’improvise pas. Le directeur a validé. »

Un projet parmi tant d’autres. Avec son équipe, Benoît Laborde ne s’ennuie jamais. Ses collègues parisiens l’avaient charrié quand il les avait quittés pour l’aventure béarnaise. Il ne l’a jamais regretté. « J’ai toujours l’émerveillement. Chaque matin, quand je monte au château, je regarde les Pyrénées. On a une chance incroyable. »

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