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Euralis mise sur les partenariats pour inventer l’agriculture de demain

Sur l’exercice 2023-2024, le groupe coopératif Euralis a réalisé 1,57 milliard d’euros de chiffre d’affaires, notamment grâce à de belles récoltes et un secteur foie gras en hausse. Ses dirigeants préparent déjà l’agriculture de demain.

Le contexte économique et géopolitique incertain n’a presque pas de prises sur Euralis. À Lescar, le groupe coopératif a dévoilé son bilan comptable de l’exercice 2023-2024. Il a réalisé un chiffre d’affaires d’1,57 milliard d’euros, en recul de 3 %, avec une augmentation des ventes en volume, et une progression des bénéfices avant impôts de six millions d’euros.

« Par rapport à 2022, nos récoltes ont sensiblement augmenté pour retrouver un bon niveau de production. Le pôle semence a vu son chiffre d’affaires grimper de 34 millions d’euros, avec une nouvelle gamme de colza dont les ventes ont pris + 50 %. La vaccination a été efficace dans le secteur des palmipèdes et les Français sont revenus à une consommation de foie gras », se réjouit son directeur général Philippe Saux.

Fermes expérimentales et énergies renouvelables

Derrière les résultats bruts à pondérer, les dirigeants d’Euralis sont conscients d’une agriculture en pleine mutation, dont les modèles actuels ne pourront pas durer éternellement. Ils ont déjà semé des graines pour le futur. Dans le cadre du projet Ceres, le groupe a déployé six fermes expérimentales pour bâtir l’agriculture de demain. « Nous souhaitons créer des modèles durables et montrer aux agriculteurs qu’ils peuvent fonctionner du Pays basque à l’agglo paloise, dans des zones très différentes », explique Christophe Congues, président d’Euralis. « Les agriculteurs aiment voir qu’un modèle marche pour l’appliquer. À terme, nous espérons le dupliquer sur 400 exploitations. »

La décarbonation est également un sujet pris au sérieux. Des chaudières biomasse sont envisagées pour réduire l’impact des opérations sur les sites d’Euralis. En parallèle, la filière énergie renouvelable se développe. Si 100 installations fonctionnent déjà pour 5 megawatts, l’objectif est de doubler les deux données à la fin de l’année. « Les agriculteurs sont devenus des vrais chefs d’entreprise. Les années de grande production sont désormais derrière nous. Il faut prendre notre destin en main et faire des choix forts, assumés », martèle Christophe Congues.

La multiplication des partenariats

Parmi ces choix forts, Euralis mise sur l’ajustement des stocks pour être davantage à flux tendus et « produire ce qui se vend » selon Philippe Saux. La rénovation de l’atelier pâtisserie salée d’Yffiniac, dans les Côtes d’Armor, pour dix millions d’euros s’inscrit dans cette philosophie.

Le duo Christophe Congues-Phillippe Saux a surtout mis l’accent sur les partenariats. Euralis en noue davantage : aux historiques Bonduelle et Géant Vert (légumes), Océol (biocarburants) ou encore Sojalim (nutrition animale), la liste s’est récemment élargie avec Lur Berri (commercialisation des bovins), Vivadour (céréales) et Delpeyrat (abattage) pour optimiser l’outil industriel des Herbiers.

« Chaque fois que nous pouvons optimiser et réduire les coûts, on le fait. Ce sont des accords de bon sens, gagnant-gagnant. Il ne faut laisser passer aucune opportunité », insiste Christophe Congues qui appelle les coopératives à se mettre autour d’une table pour réinventer le concept de collecte. Le président espère même relancer sous une autre forme le projet de mutualisation avec Maïsadour autour du foie gras, abandonné en 2023. Il ne veut pas repartir dans les « déséquilibres historiques de ce marché ».

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