À quoi ressemblera la ruralité de demain sur nos territoires du Sud-Ouest ? Une note conjointe de la Région Nouvelle-Aquitaine, l’une des plus rurales du pays et de la Fondation Jean Jaurès donne des éléments de réflexion.
Les chiffres
France
67%
des Français vivent en territoire urbain
20%
en périurbain
14%
dans de communes rurales
Région
23%
de la population de Nouvelle-Aquitaine vit dans des communes rurales autonomes
Quelle(s) ruralité(s) dans le monde de demain ? Cette question quasi existentielle pour le monde rural, forte de conséquences sociétales et environnementales est au coeur des réflexions et des études prospectives. Pour tenter d’y répondre, du moins d’y réfléchir, la Région Nouvelle-Aquitaine, l’une des plus rurales de France, s’est associée à la Fondation Jean Jaurès pour produire une étude complète baptisée « Ruralités d’aujourd’hui, ruralités de demain : éléments de réflexion ». Réalisée en marge des rencontres sur la ruralité de Meymac en Corrèze par l’économiste Olivier Bouba- Olga, professeur des universités en aménagement de l’espace et urbanisme, responsable du service « Études, Prospective et Évaluations » de la Région Nouvelle- Aquitaine et Dylan Buffinton, expert associé en prospective à la Fondation Jean Jaurès et auteur de « France 2040 : Explorer les scénarios possibles » (Fondation Jean Jaurès, 2024).
Un attrait pour le monde rural
Premier constat de l’étude, la ruralité suscite un véritable attrait : 46 % des Français aimeraient vivre dans un village ou une maison à la campagne. Deuxième point, la notion de ruralité est loin d’être figée comme les représentations collectives ou les projections pourraient le laisser entendre. Les ruralités sont caractérisées aujourd’hui par des dynamiques pionnières. Plusieurs enjeux y sont explorés : les questions démographiques, le vivre-ensemble, les problématiques d’accessibilité, d’accès à la santé et aux services, de transition environnementale. En Nouvelle- Aquitaine, 49 % de la population vit aujourd’hui dans des communes urbaines, un peu plus d’un quart (27 %) dans des communes rurales périurbaines et un peu moins d’un quart (23 %) dans des communes rurales dites autonomes.
Devra-t-on fuir les métropoles ?
Les tensions climatiques, les épisodes répétés d’orages violents et de canicule ou encore la densité urbaine posent la question de la soutenabilité des métropoles. Si les villes n’évoluent pas, des dynamiques de décentralisation résidentielle et économique pourraient s’accélérer, portées par le télétravail et les relocalisations. La ruralité pourrait devenir un « territoire refuge ou un laboratoire de nouveaux modes de vie », « et pourrait bien incarner une avant-garde silencieuse des transformations à venir ». Ces dynamiques concerneront différemment les régions. Pour les deux auteurs de cette étude, « le Sud-Ouest, plus exposé au réchauffement et à la montée des eaux, avec des enjeux agricoles sensibles, pourrait voir sa trajectoire démographique infléchie. (…) Et si la ruralité devient un territoire de rebond, elle devra intégrer une population plus diverse et plus mobile, parfois en va-et-vient constant entre ville et campagne. Cette diversité sociale pourrait s’ancrer davantage dans les zones rurales ». Levier d’expérimentation, la ruralité se conjugue au pluriel dans la région et s’invite dans les débats.


















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