La Direction Qualité du Cadre de Vie et Nature en Ville reconduit une opération pour lutter contre les chenilles processionnaires à l’aide d’un paintball contenant des phéromones.
Chaque année la transhumance indésirable reprend : les chenilles processionnaires sortent de leur nid, direction le sol pour terminer leur métamorphose. Leurs poils sont urticants pour les humains, comme pour les animaux. Les réactions sont variables : d’une simple rougeur à oedème de Quincke ou un choc anaphylactique. Sur le domaine public de Pau, on recense jusqu’à 1 500 hôtes potentiels principalement sur les pins et les cèdres. Ces animaux raffolent des aiguilles des pins noirs. Pour mettre en place une stratégie de lutte biologique efficace et respectueuse de l’environnement, la Ville est accompagnée par l’Organisme à Vocation Sanitaire Fredon 64. Les agents du service patrimoine arboré ont été formés à l’utilisation d’un paintball qui leur servira à lancer des capsules contenant des phéromones, qui vont brouiller le sens des papillons mâles et donc l’accouplement. Grâce à cette méthode, moins de reproductions, donc moins de nids à « écheniller » et moins de poches à installer pour piéger les chenilles. Ces substances sélectives ne sont pas nocives, ni pour l’homme ni pour les animaux ou les plantes. Le Fredon accompagne les agents pour le ciblage des périodes d’intervention et les a formés pour faire le suivi et le comptage des pics d’envol de papillons. Les interventions au paintball sont mises en oeuvre suivant la sensibilité des sites et leurs niveaux de colonisation par les chenilles.
Une lutte biologique tout au long de l’année
Le paintball à phéromones n’est qu’un moyen parmi d’autres de la stratégie de lutte contre la chenille processionnaire et ne remplace pas les pièges. Des leviers différents et complémentaires sont actionnés à chaque stade du cycle de vie, avec des traitements 100 % bios. En mai, juin et juillet au moment de l’envol des papillons (piégeage des papillons et confusion sexuelle par tirs au paintball de capsules contenant des phéromones femelles), puis aux premiers stades larvaires en septembre et octobre (traitement au bacillus thuringiensis sur des stations pilotes, seule intervention confiée à un prestataire). En décembre et janvier, place à l’échenillage à la nacelle. Enfin, jusqu’à mars, le piégeage des processions de chenilles avec des écopièges (cerclage et poches) autour des troncs. Il ne s’agit pas d’éradiquer les populations mais de les réguler car pour les éradiquer, il faudrait abattre tous les pins et cèdres de la ville. À noter que les nichoirs à oiseaux et chiroptères, les hôtels à insectes, prairies fleuries et herbes hautes sont autant de lieux favorisant l’installation des prédateurs des chenilles processionnaires

















0 Comments