Galeriste et antiquaire, Adrien Terret ouvre l’oeil pour dénicher des meubles design XXe siècle et des tableaux d’art moderne qui trouveront place dans un salon ou… une entreprise. Muscari, sa galerie paloise est une invitation au voyage artistique, entre livres d’art accessibles et mobilier rare.
La jeunesse est un art » disait Oscar Wilde et le goût de l’art peut démarrer très jeune. C’est le cas pour Adrien Terret, 32 ans, fondateur de Muscari. Sa première galerie paloise, il l’ouvre à 19 ans. Ses premiers pas dans la culture artistique, il les fait avec sa grand-mère, qui adore écumer les musées. « Mon goût, ma culture, mon oeil artistique se sont construits comme cela, en plus d’un cursus en histoire de l’art » raconte ce jeune homme pressé et passionné, toujours en quête du bel objet… et d’une histoire particulière. Une singularité qu’il a choisie aussi depuis un an en déménageant sa galerie place de la Libération à Pau : elle est située dans l’ancienne imprimerie Marrimpouey, qui fut auparavant le siège du journal royaliste, le Mémorial des Pyrénées.
Des pièces phares du design italien ou français
Spécialisé dans l’art moderne, le design français et italien du XXe siècle, son espace brut, volontairement laissé dans son jus, pierres et béton apparent, a le chic pour associer tableaux inédits et objets rares. « J’aime mélanger l’ancien et le contemporain, un meuble XVIIIe avec un vase XXe, pour peu que les deux objets soient de bonne facture, avec de belles matières. Je m’efforce dans toutes les époques de trouver des pièces mémorables. Du beau avec du beau, ça va toujours ensemble ! » aime raconter l’antiquaire et galeriste. Ses chouchous côté mobilier ? Carlo Mollino, Jean Prouvé, Charlotte Perriand dont il a trouvé une enfilade… dans une grange. Côté peintures et dessins, Miro, Calder, Buffet ou sa découverte l’an passé, Jean Capdeville. Pour Adrien, chaque début de semaine est consacré à « partir à l’aventure, dénicher des objets avec des matières nobles, des design simples, sachant que la simplicité est ce qu’il y a de plus difficile à trouver ». Une quête qui se nourrit d’anecdotes à foison, entre un dessin de Picabia débusqué dans un grenier, une céramique de Georges Jouve chinée dans un vide-grenier italien ou la montre de Gainsbourg offerte par Jane Birkin en 1969 découverte par hasard. Pour les grandes signatures picturales, il s’est associé à Benjamin Sebban avec qui il assure recherche de provenance, authentification, logistique administrative ou douanière liée aux oeuvres. Une expertise, un travail de l’ombre et une exigence qui ont construit sa réputation, auprès des particuliers comme des entreprises et des professionnels, qui constituent aujourd’hui la majorité de sa clientèle.
Des oeuvres en leasing
« S’offrir des tableaux et des meubles en leasing pour son entreprise, c’est une possibilité qui n’est pas encore assez connue. C’est mettre du beau, de l’art, de la culture dans ses bureaux, personnaliser son environnement professionnel, tout en présentant un intérêt fiscal pour sa société » détaille Adrien Terret. Sa fierté du moment ? « Que les gens osent entrer pour flâner dans la galerie. Et aussi avoir réussi à attirer une nouvelle clientèle plus jeune qui a envie d’apprendre sur l’art, le design, qui cherche du conseil pour se lancer dans un achat ou un début de collection. » Être un passeur du beau et des savoir-faire, c’est déjà une évidence pour le trentenaire qui continue de fonctionner aux coups de coeur. Dernier en date (photo), le peintre catalan abstrait Paul Riveyran, exposé jusqu’au 28 décembre dans un accrochage baptisé « L’homme et la matière » et Armand Petitjean – le maître de Georges Noël, grand peintre de l’art informel et de l’abstraction lyrique, palois d’adoption – début 2026. Arrêtez-vous d’art d’art à la galerie pour les découvrir. ■ N.F.


















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