Conçus et fabriqués à Salies-de-Béarn, les boîtiers et accessoires audiovisuels d’ASG s’insèrent aussi bien dans les bureaux d’une entreprise qu’à la Philarmonie de Paris. La société, qui réalise 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, souhaite explorer d’autres secteurs d’activités et de nouveaux marchés.
Évoquer Salies-de-Béarn ramène intuitivement à l’industrie du sel et aux thermes. Pourtant, dans le dessin du paysage salisien, ASG a l’étoffe pour s’installer durablement au premier plan. Si ce n’est pas déjà le cas… Sur son site de production de 3 000 m2 situé à l’entrée de la commune, l’entreprise conçoit et fabrique du matériel audiovisuel, bureautique et électrique : platines, supports d’écran télé ou d’ordinateur, caissons vidéoprojecteurs…
« Nous pouvons intervenir sur la salle de réunion : par exemple, le boîtier de connexion sur lequel l’ordinateur va être branché. Ensuite, nous sommes référencés sur la partie scénique. Les grandes salles françaises sont équipées avec nos produits : les opéras de Paris, Radio France, la Philharmonie, la Gare du Midi de Biarritz. Sans oublier tous les parcs d’attractions », se félicite Michel Provot, son dirigeant.
La personnalisation, clé du succès
Quand il a créé ASG en 2002 avec Jean-François Delannoy, l’ex-technicien au Futuroscope ne s’attendait pas à une telle réussite. « J’étais quelqu’un qui aimait faire des activités autres que le boulot. Je me disais qu’on allait faire une petite boîte tranquille et j’ai fait tout sauf ça ! », avoue-t-il.
Les débuts ressemblent à de l’artisanat : un petit atelier, deux machines pour usiner et graver. Avec une idée qui, à force de persévérance, a fait le succès de la société : adapter le produit aux besoins, c’est-à-dire le personnaliser. Une révolution dans un secteur où le catalogue était roi incontesté pour faire sa liste de fournitures.
« Il fallait convaincre les clients de préparer leur produit un petit peu à l’avance. Nous leur disions : au lieu de prendre trois produits différents, nous le mettons dans un seul pour agencer selon leurs envies. Quelques gros faiseurs audiovisuels (Panasonic, Yamaha…) ont eu besoin de nos services et nous ont fait confiance. Nous avons passé le cap de la bricole dans un placard. »
Un défi au quotidien
De son site originel de Pau, ASG a déménagé dans un premier temps sur Puyoô en 2006 pour créer sa propre chaudronnerie. Avant le regroupement de toutes les chaînes de production à Salies-de-Béarn en 2016. Du simple artisan, la structure a endossé une identité industrielle.
Si les équipes de 32 collaborateurs s’appuient sur un catalogue de 4 500 références, toutes peuvent être modifiées. Elles peuvent même être entièrement imaginées à partir d’une feuille blanche. Un service premium qui ressemble à un défi au quotidien. « On s’arrache parfois les cheveux en réalisant du surmesure », sourit Michel Provot. « Le commercial doit comprendre la demande, le bureau d’études doit bien assimiler sa note et faire un produit correspondant aux attentes, la production doit le mettre en oeuvre… Mais l’adaptabilité est notre force. »
Chercher des secteurs connexes
Une qualité indispensable dans un secteur audiovisuel en mouvement. Face à la baisse constante de la connectique, ASG doit imaginer des produits originaux. Comme le CMAP-PRESTA, un caisson qui protège les vidéoprojecteurs en extérieur, utilisés pour la projection monumentale. Il a notamment reçu le Prix du public aux derniers JTSE (Journées Techniques du Spectacle et de l’Événement) Awards.
La société a également noué un partenariat avec Agglolux à Soustons pour utiliser le liège, aux propriétés acoustiques intéressantes, dans de nouvelles créations. Et même recruté une alternante en design pour apporter une touche décorative aux produits. Michel Provot en est conscient : « maintenant, si on n’avance pas, on recule. Il faut avoir des objectifs. ». Le dirigeant vise 20 à 30 % de croissance de son chiffre d’affaires en cinq ans, notamment pour atteindre la barre des quatre millions d’euros.
Pour y parvenir, ASG a apporté de grandes évolutions : une nouvelle identité visuelle, un site internet refondé avec une meilleure gestion pour la clientèle, une présence plus accrue sur le digital. « Nous souhaitons asseoir notre position à l’échelle européenne voire mondiale », justifie l’ex-rugbyman, récemment rentré d’un salon international à Barcelone.
ASG lorgne sur l’Europe et l’Afrique du Nord. Ses boîtiers sont actuellement installés dans les stades pour la future Coupe d’Afrique des Nations. Michel Provot n’oublie pas la France : l’entreprise, qui évolue dans un marché de niche, veut élargir son champ d’action à des secteurs d’activités connexes (agenceurs de bureau, santé…). « Une nouvelle page s’ouvre pour ASG », conclut-il.


















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