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Le Bassin de Lacq : nouvel eldorado industriel ?

Longtemps résumé à son gisement gazier et à ses torchères, le bassin de Lacq vit une seconde jeunesse. Sur la plateforme d’Induslacq, pilotée par le groupement d’intérêt public Chemparc, les grues ont remplacé les souvenirs d’une pétrochimie en déclin. Aimants permanents, carburants bas carbone, recyclage textile : le Béarn serait-il en passe de devenir le nouvel eldorado industriel

Créé en 2003 pour accompagner l’après-gaz, Chemparc a méthodiquement transformé l’héritage industriel de Lacq en atout stratégique. Autour des piliers historiques (Arkema, TotalEnergies, Sobegi, Sanofi), s’est structuré un écosystème mêlant chimie fine, matériaux avancés et transition énergétique. L’arrivée de la société Reju, spécialisée dans la régénération textile-à-textile et dirigée par l’ancien patron d’Under Armour, illustre ce repositionnement. En choisissant Lacq pour implanter son « Regeneration Hub » sur la plateforme historique de TotalEnergies, l’entreprise s’insère dans un tissu industriel intégré, disposant déjà des réseaux, des utilités et des compétences. « On a constaté une évolution des demandes : auparavant, les projets concernaient surtout des start-up françaises. Aujourd’hui, nous sommes sur un échelon européen et international, observe Audrey Le-Bars, directrice de Chemparc. Il faut dire que dès 2023, nous avons changé de stratégie en offrant un package de services clefs en main. » En 2025, le groupement a reçu une vingtaine de demandes d’implantation. À l’horizon 2035, 3 milliards d’euros d’investissements potentiels sont évoqués.

Aimants, e-carburants et souveraineté industrielle

La mue ne doit rien au hasard. Lacq ambitionne de devenir un avant-poste européen dans la filière des aimants permanents, essentiels aux éoliennes et véhicules électriques. Le projet Caremag, porté par Carester avec le britannique Less Common Metals, prévoit 110 millions d’euros pour produire métaux et alliages de terres rares. Un enjeu stratégique à l’heure où l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements. Parallèlement, Chemparc mise sur les carburants bas carbone avec des acteurs comme Elyse Energy, Vertex Bioénergie ou le projet Nacre. Le site est d’ailleurs labellisé « Zone Industrielle Bas Carbone » dans le cadre de France 2030, un sésame rare qui crédibilise sa trajectoire de décarbonation. « Pour réussir, la réindustrialisation ne peut pas se faire à l’encontre de notre environnement. La décarbonation est aujourd’hui l’enjeu majeur », insiste Audrey Le-Bars. Derrière les annonces, une réalité technique : d’ici cinq à dix ans, le bassin aura besoin de 500 mégawatts supplémentaires. Chemparc travaille avec Enedis et RTE pour renforcer les capacités électriques.

Gouvernance collective et pari sur l’emploi

La méthode Lacq repose aussi sur une gouvernance à 360 degrés. Audrey Le- Bars a instauré une direction collégiale associant industriels, État, collectivités et monde académique, dont l’Université de Pau et des Pays de l’Adour qui place la coopération au coeur de son fonctionnement. L’objectif est clair : atteindre 10 000 emplois industriels d’ici 2035, au-delà des 8 000 à 8 500 salariés de l’âge d’or des années 1980. À court terme, 1 500 emplois directs pourraient être créés d’ici 2031. Pour y parvenir, Chemparc pilote une gestion prévisionnelle des compétences dans le cadre du programme Territoires d’industrie Lacq-Pau-Tarbes, en lien avec les lycées professionnels et les organismes de formation. Dans un contexte national où la réindustrialisation reste souvent incantatoire, Lacq avance des chiffres, des usines et des câbles électriques. Le Béarn ne promet pas un mirage : il construit, patiemment, une nouvelle géologie industrielle, fondée non plus sur le gaz, mais sur la transition énergétique et la souveraineté européenne.

■ Catherine Nerson


De la pétrochimie à la transition énergétique, le bassin de Lacq vise 10 000 emplois d'ici 2035. Découvrez la stratégie de Chemparc pour réindustrialiser le Béarn.

Esprit d’équipe

L’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) et Chemparc ont signé un accord-cadre pour renforcer l’innovation dans le bassin de Lacq. Objectif : renforce une collaboration déjà établie, visant à faciliter l’accueil de jeunes entreprises issues des laboratoires de l’université au sein du dispositif Chemstart’up et, plus largement, à soutenir le développement de projets de R&D autour de la chimie, des nouveaux matériaux et de la transition énergétique. Il prévoit notamment la création d’un espace d’hébergement pour jeunes entrepreneurs, l’organisation de visites et d’échanges entre les équipes universitaires et industrielles, ainsi que la mise en place de démonstrateurs et pilotes industriels sur les campus de l’UPPA et à Lacq.


10 000

C’est le nombre d’emplois industriels espérés d’ici 2035 et l’ambition affichée pour surpasser l’âge d’or des années 1980 et matérialiser la réindustrialisation autour de la chimie verte, des nouveaux matériaux et de la transition énergétique.


De la pétrochimie à la transition énergétique, le bassin de Lacq vise 10 000 emplois d'ici 2035. Découvrez la stratégie de Chemparc pour réindustrialiser le Béarn.

Nous avons les capacités, l’expertise et le savoir-faire pour façonner un avenir industriel brillant, et nous en ferons une réalité.

Audrey Le-Bars, directrice générale du Groument d’Intérêt Chemparc.

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