Le GIP Chemparc et les industriels du bassin de Lacq viennent de lancer la démarche « Zones industrielles bas carbone » via le plan France 2030. Mais la zone n’a pas attendu ce dispositif pour tourner le chapitre du tout-gaz.
Une nouvelle page a commencé à être écrite sur le bassin de Lacq : en présence des élus locaux, notamment le préfet des Pyrénées- Atlantiques Jean-Marie Girier, le GIP ChemParc et les grands industriels ont présenté officiellement la démarche « Zones industrielles bas carbone », soutenue par le plan France 2030.
Au total, 4 millions d’euros, dont 50 % engagés par l’État via l’Ademe, vont permettre de mener sur 30 mois des études d’ingénierie dans le but de définir la trajectoire de décarbonation à l’horizon 2030 puis 2050, ainsi que les investissements qui en découlent pour créer l’industrie de demain.
De l’individuel au collectif
Le bassin de Lacq est présenté comme une vitrine de la décarbonation industrielle et de la réindustralisation verte. Mais l’estil vraiment ? Pour Audrey Le-Bars, présidente directrice générale de Chemparc, aucun doute. « Pratiquement toutes les entreprises mènent déjà une stratégie RSE où la décarbonation et la valorisation des matières ont une place importante. La démarche ZiBAC permet de passer au collectif et d’aller beaucoup plus vite. Les 15 plus gros industriels et des porteurs de projets nous suivent dans ce chemin. »
Avant la ZiBAC, l’État a depuis 2021 investi 123 millions d’euros sur le territoire pour construire une industrie souveraine, plus verte et plus durable. Cette somme a permis d’abonder tous types de sujets : augmentation des capacités de production, emploi et formation, optimisation et… la question du verdissement. Le Campus Aéro Adour, dédié à la formation et à la promotion de l’avion bas carbone, s’inscrit dans cette industrie du futur.
Électrification et waterloop
Au-delà des process de fabrication, chaque entreprise peut également participer à l’industrie verte par les produits qu’il conçoit. Les fibres de carbone et la résine Arkema sont par exemple utilisées dans des articles de sport comme des baskets ou des vélos. Sans oublier les futurs porteurs de projet comme Caremag avec la première usine de recyclage de terres rares.
« Ils font partie de la démarche ZiBAC. Dans la construction de leur projet, ils ont déjà optimisé certains processus comme le parc photovoltaïque et l’utilisation très réduite d’eau. Nous souhaitons dupliquer ce modèle à d’autres industriels. De leur côté, ils ont un intérêt sur le système d’électrification qui permet de faire baisser l’impact environnemental », développe Audrey Le-Bars.
Les études vont principalement porter sur trois grands sujets : tout d’abord, le système d’électrification, sujet prioritaire. Enedis et RTE, qui avaient signé des partenariats avec Chemparc en 2024 pour renforcer l’électrification de la zone, sont parties prenantes du dispositif ZiBAC. Ensuite, la question de la résilience de la ressource eau par le Waterloop et la capture du carbone.
« Notre avantage, contrairement aux 10 autres zones ZiBAC en France, est que 60 % du CO2 produit ici est biogénique, donc valorisable, contrairement au CO2 fossile. L’industrie agroalimentaire peut l’utiliser en tant qu’agent de propulsion, de glace carbonique ou en injection dans les boissons gazeuses. Derrière, cela peut créer une filière carbone et créer des emplois », espère la présidente directrice générale de Chemparc. De belles perspectives.


















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