Baptisé « Belonging in 64 » – appartenir au 64 – le projet photographique et narratif de Jo de Magneval explore le sentiment d’appartenance aux Pyrénées-Atlantiques. Focus sur une artiste anglaise totalement ancrée dans le territoire béarnais.
Elle a l’accent anglais, mais le coeur béarnais. Conteuse et photographe installée à Salies-de- Béarn, Jo de Magneval s’est lancée dans un projet artistique et social inédit qui donne la parole aux habitants du 64. De 1 an à 64 ans, elle veut répondre en photos et en entretiens (pour les plus grands !) à la question de l’appartenance au territoire du département des Pyrénées-Atlantiques. À la clé, des clichés inédits et des entretiens avec 64 habitants, enfants ou adultes, unis par l’amour d’un territoire. Un travail sociologique, presque anthropologique dont l’idée est née d’un coup de coeur. « Mon mari est français. Après avoir vécu en Angleterre, on cherchait à vivre une expérience française, entre océan et montagne. En 2016, on est tombés un peu par hasard sur Salies, on est restés un an. On est repartis en Angleterre, mais le charme avait opéré. On est revenus à Saliesde- Béarn après la covid pour y rester ! L’appartenance au 64, c’est un sentiment et c’est ici que je me sens chez moi. » C’est justement ce sentiment qu’elle veut capturer. « J’ai toujours fait de la photo – à titre professionnel depuis 2019.
Je choisis un lieu qui compte pour la personne et je mène un entretien assez long pour écouter son histoire. L’enracinement est souvent lié à un lieu précis. » De l’atelier, à la cuisine ou aux gazons des stades, à travers 64 triptyques photographiques accompagnés d’interviews, son projet dessine un portrait vivant et collectif du département, reflétant sa richesse culturelle, la diversité des générations – à laquelle elle tient beaucoup – et des parcours personnels. Il questionne la manière dont les habitants se relient à leur territoire, à leur langue et à leur communauté. Il présente des histoires de vie, des traditions, des identités en évolution, de l’héritage culturel, des instantanés contemporains. Bref, tout ce qui dans le paysage ou le rythme d’un endroit permet de dire qu’on est chez soi. « En arrivant ici, le sentiment d’appartenance est venu tout de suite même si le reste – apprendre la langue, naviguer dans la culture, reconstruire une vie sociale a demandé du travail. » Quand on lui demande son lieu préféré, elle hésite ! « C’est la campagne, la montagne, l’océan, mon jardin ! J’ai besoin d’être dans le 64 pour me connecter à moi-même. » Récompensée en mars dernier du Prix féminin de la Station, le tiers-lieu de Sauveterrede- Béarn, Jo de Magneval poursuit sa quête photographique avec un ambitieux projet d’expositions, projections nocturnes, installations sonores et autres expériences immersives vivantes et vibrantes. Éligible au mécénat d’entreprise – avec déduction fiscale de 60 % – son projet intergénérationnel recherche encore des soutiens financiers, des partenariats logistiques et des lieux d’accueil. Une expo est confirmée à Pau, à l’Hôtel du département. Après son travail sur « la vie à la maison » exposée dans une galerie londonienne en 2019, sa déambulation basco-béarnaise est une suite logique à ses photographies de l’intime et à ses récits de mémoire.
■ N.F.



















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