Des projets BTP bien structurés, Sébastien Delugre et Marc Bernadberoy en gèrent à la pelle dans leur bureau d’études. Au siège de la société à Serres-Castet, les équipes co-traitent la maîtrise d’oeuvre des chantiers au côté des architectes et réalisent des plans d’exécution avec les entreprises. Deux facettes des études techniques préalables à toute construction.
On vend du papier, du service et de l’ingénierie », résume malicieusement Sébastien Delugre, l’un des deux associés du bureau d’études Bernadberoy Ingénierie dont le siège est à Serres-Castet. Il est vrai que les plans d’exécution XXL affichés dans les bureaux donnent le ton. Ici, on fait des études de structure en béton armé et de VRD (voirie et réseaux divers), et on décline deux missions distinctes : la maîtrise d’oeuvre sur la structure des bâtiments et les plans d’exécution. Deux activités pour deux têtes pensantes : Sébastien Delugre à Serres-Castet, Marc Bernadberoy sur l’antenne de Toulouse, à Labège précisément. C’est le père de ce dernier, Jean, qui crée le bureau en 1980. L’activité se déploie alors à Pau, mais aussi à Paris sur d’imposants projets très techniques (Bercy, bureaux à Saint-Denis, prison de Mayotte…). Marc se forme en interne à l’ingénierie. « J’adore le calcul de structure, je prends plaisir sur la technique. »
La SARL Bernadberoy est créée en 1996. Parti à Toulouse pour des raisons personnelles, Marc cherche un associé pour le siège béarnais, son père envisageant de passer la main. « Je connaissais Sébastien, qui travaillait au bureau de contrôle Veritas. On a déjeuné ensemble au Bon Coin, en face du centre équestre, on a discuté, ça s’est fait comme ça. Aujourd’hui, je me dis que je n’aurais pas pu trouver meilleur associé. » C’était en 2003. Pour Sébastien Delugre, le passage de salarié à dirigeant n’était pas forcément inscrit dans le béton. Ingénieur diplômé de l’INSA Toulouse, conducteur de travaux chez Bouygues, puis contrôleur technique chez Veritas à Pau, il raconte cette bascule. « On s’était donné deux ans pour voir si ça marchait. Aujourd’hui, on est associé à 50 % des parts. On a mixé nos compétences et nos réseaux. Mon parcours m’a donné une vision large du bâtiment à Pau. Dans ce métier, le relationnel et la fiabilité sont primordiaux. » Aujourd’hui, la SARL, toujours indépendante, emploie 28 personnes, et affiche un chiffre d’affaires cumulé d’environ 2,30 M€. « On reste une structure à l’esprit familial. Outre l’administratif, on a les deux types de profils, des ingénieurs en génie civil et des dessinateurs et surtout dessinatrices projeteurs. Cet effectif n’est pas si courant pour un bureau d’études local », ajoute Sébastien Delugre, qui insiste sur « le plaisir pris au métier » et le collectif. « Être bien au travail, ce n’est pas avoir un baby-foot, mais travailler en bonne intelligence, avoir confiance et savoir se reposer sur ses équipes. Et Marc Bernadberoy d’enchaîner : « Mes fils sont dans la filière, cela fera la 3e génération, alors on verra… »
Du béton, des neurones, du solide
Leur métier, ils le déclinent avec la même exigence. « En maîtrise d’oeuvre, on travaille avec toutes les collectivités, petites ou grandes et avec des privés, sur du tertiaire, de l’enseignement, de l’industrie, du logement. On couvre une large typologie de bâtiments, de l’EHPAD au collège, du petit bâtiment industriel à la plateforme logistique » détaille Sébastien Delugre. « On travaille main dans la main avec les architectes. On fait la conception pour la partie gros oeuvre et VRD. Avant de construire, il y a beaucoup d’études préliminaires, on s’occupe du béton pour sa partie structurelle et parfois esthétique. » Casino de Pau, siège de Groupama près des Halles, passage Carnot, siège de Pau Béarn Habitat, stade du Hameau, futur centre de performance de la Section Paloise, études d’exécution du Connecteur à Biarritz… la liste est longue. « On fait ce qui ne se voit pas, on est dans l’ombre. Quand les officiels coupent les rubans, nous ne sommes pas souvent sur la photo ! » Un travail de détails et d’humilité : « Notre rôle est de définir la structure qui va tenir le bâtiment » ajoute Sébastien Delugre. Dans son bureau, punaisés au mur, des chantiers et des défis. Comme l’Arkéa Arena de Floirac, salle de spectacle près de Bordeaux et sa structure cintrée, ou le Foirail à Pau. « Le défi était immense : il fallait garder la coupole originelle, éviter les poteaux de face sur la partie scène. Nous avons préconisé une enveloppe métallique qui enserre l’ancienne coupole. »
Des plans de construction aux visites de terrain
La deuxième activité du bureau, ce sont les études d’exécution avec les entreprises : « Dans ce cadre, nous intervenons après l’appel d’offres, une fois que l’entreprise est choisie et nous réalisons les plans de construction » explique Sébastien Delugre. « Les ingénieurs doivent également aller sur le chantier pour suivre les études », complète Marc Bernadberoy. Bien sûr, leur activité est soumise aux aléas de la construction : « Les crises – 2008, Covid – comme celle d’aujourd’hui, on les subit. On cherche à fidéliser nos clients, à être agiles, adaptables. Notre double compétence est un atout », contextualise le dirigeant de Serres-Castet. Autre spécificité à Pau : le séisme. « On a une très grosse expertise technique dans ce domaine » précise-t-il. « On a de la réactivité et une proximité avec les entreprises et les architectes et on est recherchés pour la qualité de nos plans », ajoute Marc Bernadberoy qui évoque le métier avec une pointe de nostalgie. « J’ai connu la planche à dessin, les feutres Rotring d’épaisseur variée… De nos jours, les logiciels 3D donnent le ton et affichent tous ces points de détails qui donneront toute leur puissance au bâtiment. » Concevoir une structure solide pour souligner la beauté du geste architectural reste l’armature du bureau d’études.
■ Nathalie Faure



















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