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Lionel Bordes, Dirigeant de Boïko
Boïko – Cuisine et dépendances

L’Orthézien Lionel Bordes a lancé en 2011 un concept de cuisine unique en France : un camion showroom itinérant qui vient directement chez le client pour vendre et poser des cuisines. Aujourd’hui, la marque Boïko compte dix franchisés et vise, à l’horizon 2030, de passer à cinquante. Un modèle de réussite passionnant qui va bien au-delà du métier de cuisiniste.

Il y a des faiseurs de rêve. Lionel Bordes, ancien menuisier et entrepreneur aguerri est un faiseur de cuisines. Une appétence qui lui est venue lorsqu’il a refait sa maison d’Orthez. « Lorsque je me suis attaqué à cette pièce de vie centrale, il me fallait un espace hyper fonctionnel pour pouvoir m’adonner à l’une de mes passions : cuisiner ! J’ai tout mis en oeuvre pour réaliser une cuisine parfaite et conviviale, où chaque détail a son importance. » C’est ainsi que l’idée de proposer des cuisines adaptées à chaque mode de vie lui est venue. Mettre son grain de sel dans la future cuisine de ses clients en allant directement chez eux. « J’ai tout de suite su qu’il ne fallait pas ouvrir un commerce qui génère trop de charges. Outre mon atelier de menuiserie, j’ai tenu en franchise un grand magasin d’achat et de revente de produits d’occasion pour la cuisine. J’avais également monté une pizzeria premium et commencé dans l’immobilier. D’où l’idée d’aménager un camion en showroom qui nécessite un faible investissement avec une rentabilité quasi immédiate. » Dès la première année, il active ses réseaux professionnels et sportifs et se fait connaître. Ensuite le bouche-à- oreille a pris le relais. « Je suis passé de 80 000 euros de chiffre d’affaires la première année à 220 000 euros la seconde. » Treize ans plus tard, en 2024, la marque Boïko et son concept de cuisiniste vendeur poseur à domicile s’ouvrent à la franchise et gagnent, en seulement un an, dix franchisés.

Un oeil perspicace, une oreille attentive

C’est avec leur fameux camion « à tiroirs » que ces cuisinistes atypiques arrivent chez le client. À l’intérieur, six colonnes d’échantillons de couleurs, plans de travail stratifié, en bois, pierre ou céramique, façades de porte, poignets ainsi que tout l’outillage nécessaire à la pose de la cuisine. La particularité de ce concept singulier, aux antipodes des gros magasins traditionalistes, c’est qu’il est conçu spécialement pour un seul artisan qui va proposer à domicile, conseils, accompagnement, vente et pose. Ce succès tient aussi et surtout dans la relation privilégiée que le fondateur a voulu instaurer auprès de la clientèle. « C’est la grande différence avec un magasin de cuisines. Le client est chez lui, il nous offre un café. Il est face à un technicien plus qu’à un vendeur, il y a une proximité immédiate qui s’installe, plus de confiance. » Une confiance qui l’a amené depuis peu à s’étendre à d’autres types d’aménagements : buanderie, dressing, bureau.

Une vente tout en douceur

La prise de contact se fait par téléphone ou en ligne. « Au premier rendez-vous, on découvre d’abord nos clients : Combien sont-ils dans le foyer ? Font-ils beaucoup de cuisine, de la pâtisserie ? Ont-ils beaucoup de robots ? Aiment-ils recevoir ? Est-ce qu’ils désirent une cuisine avec de la couleur ; quel type de matériau ? Ces questions sont primordiales pour élaborer et concevoir avec eux la cuisine qui correspondra le mieux à leurs attentes. En fonction de leurs réponses, il est plus facile pour nous d’envisager le nombre de placards, de rangements, de plans de travail… » Ensuite le client prend le temps de réfléchir. « On ne signe jamais en une fois. Nous ne sommes pas là pour le harceler. Lors du second rendez-vous, on lui restitue le projet en 3D ainsi qu’une ébauche du devis. À la troisième rencontre, on a le devis définitif et on explique tout. Quatre semaines plus tard, la cuisine est livrée et posée avec la possibilité de changer aussi l’électroménager. Le coût d’une cuisine moyenne est d’environ 7 000 euros. Nos fournisseurs sont Bordelais. »

Entreprendre autrement

Ce modèle, qui met au centre l’approche relationnelle, attire le plus souvent des artisans en reconversion. Chacun passe par une formation complète, suivie d’un accompagnement continu, reflet d’une culture de proximité et de performance que Lionel Bordes insuffle aussi à des dirigeants de PME au sein d’akt coaching. « Pour intégrer le réseau Boïko, il y a trois prérequis : être du métier (agenceur ou menuisier) ; avoir un bon sens relationnel et un réseau de connaissances dans sa ville. Il faut compter 60 000 euros pour l’investissement global qui comprend le droit d’entrée, la formation, l’informatique, l’outillage. Le futur franchisé peut réaliser un CA de 250 000 euros après 2 ans. » Lionel Bordes a déjà reçu plus de 300 demandes de franchise. « Les appels viennent de toute la France. C’est très chronophage et il faut garder la tête sur les épaules. Envisager 10 à 15 nouvelles ouvertures par an, c’est déjà pas mal. Mais en amont, il est primordial de continuer à faire connaître la marque Boïko pour les clients et les franchisés. » Boiko Cuisine a reçu le prix de l’innovation 2025 lors des Trophées du commerce organisés par la CCI Pau Béarn. Une récompense qui va droit au coeur de Lionel Bordes : « J’ai eu un parcours scolaire très tumultueux mais j’ai toujours su que j’étais fait pour être entrepreneur. On m’a envoyé en BEP comptabilité puis un an en école de commerce. J’ai enchaîné les petits boulots, grande distribution, boulangerie… pour finalement être embauché chez les menuisiers Jérôme et Christian Cappa à Orthez. Ils m’ont tout appris. » Et puis il y a eu la perte de son frère et, peu de temps après, celle de sa cousine. « J’ai su très précisément à ce moment-là que je voulais aider, accompagner et transmettre. Avec Boïko Cuisine et mes cours de coaching, c’est ce que je fais. »

■ Catherine Nerson

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