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Caremag lance son usine de recyclage des terres rares à 216 millions d’euros

En présence de deux ministres du gouvernement, la première pierre de la future usine de recyclage des terres rares Caremag a été posée à Lacq. Un projet unique en France, appelé à concurrencer le monopole de la Chine sur ce marché de la transition écologique.

Depuis 2013, le bassin de Lacq a entamé sa transition pour maintenir l’activité et préserver les emplois. Arkema, Vertex Bioenergy, Toray et sa fibre de carbone et… désormais Caremag. La construction de la future usine de recyclage des terres rares, qui créera 92 emplois, a été officiellement lancée lundi 17 mars. La pose symbolique de la première pierre a été faite par Frédéric Carencotte, président de la société lyonnaise, la Ministre de la Transition Écologique Agnès Pannier-Runacher et le ministre délégué chargé du Commerce extérieur Laurent Saint-Martin.

« C’est un projet que j’ai déjà défendu en tant que Ministre de l’Industrie en 2020 », souligne Agnès Pannier-Runacher. « Aujourd’hui, le marché des terres rares est un monopole de la Chine avec 98 % de l’activité. Grâce à cette usine unique en France, Caremag va répondre à 15 % des besoins mondiaux. C’est important car la transition énergétique est un enjeu de puissance économique et de souveraineté. »

© Vindry Architecture Future usine de recyclage des terres rares Caremag à Lacq en présence d'Agnès Pannier-Runacher, Laurent Saint-Martin, Frédéric Carencotte

© Vindry Architecture

2 000 tonnes d’aimants recyclés

Pour Frédéric Carencotte et ses équipes, l’usine est une étape majeure chez Caremag. Dedans, six ans de recherche pour faire perdurer le savoir-faire français dans le raffinage des terres rares. La PME a élaboré un procédé unique où les aimants contenants des terres rares (nickel, cobalt…) – compris notamment dans des moteurs de véhicules électriques – seront recyclés et purifiés pour obtenir de l’oxyde de terre rare pur et donc de nouveaux aimants permanents, sans champ électrique, pour des turbines d’éoliennes.

« Nous allons recycler 2 000 tonnes d’aimants et raffiner 5 000 tonnes de concentrés miniers » chiffre le dirigeant. « C’est bien plus important que notre ambition de départ, ce qui explique que le projet est passé d’une quarantaine à 216 millions d’euros. À Lacq, nous avons trouvé un site clé en main, avec les études environnementales déjà faites, et une région qui a montré sa passion pour le développement industriel. »

Des partenaires français et japonais

Si Caremag a déjà signé un contrat avec Stellantis, un des plus grands constructeurs mondiaux (Peugeot, Citroën, Fiat), elle le doit à un projet fort, forgé avec des partenaires importants : l’État a apporté 606 millions d’euros d’avance remboursable dans le cadre de France 2 030 et un crédit d’impôt Industrie Verte de 106 millions d’euros.

Ensuite, le Japon, connu pour son expertise mondialement reconnue sur les terres rares, s’est associé à l’aventure. L’Organisation publique japonaise pour la sécurité des métaux et de l’énergie « JOGMEC », et Iwatani Corporation, société privée japonaise ont annoncé leur engagement financier à hauteur de 110 millions d’euros en fonds propres et en dette d’actionnaire. « Je suis convaincu que Caremag va devenir le leader mondial dans le recyclage des terres rares », espère Michio Daito, président du JOGMEC.

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