Les ventes aux enchères ont un nom à Pau et en Béarn : Carrère & Laborie. Mes Nathalie et Patrice Carrère, Me Mathilde Laborie… les trois commissaires-priseurs ont transformé l’étude paloise en accélérateur d’émotions et de trésors.
Dans la salle des ventes de Pau, ça claque, ça vibre, ça pulse. Les mains se lèvent, les internautes surenchérissent, les coeurs battent fort, les regards s’électrisent, le marteau résonne. Ici, les ventes aux enchères ne sont pas une simple transaction : c’est du suspense, de l’énergie et une bonne dose d’adrénaline. Aux commandes, trois commissaires-priseurs qui dynamitent les codes : Maîtres Nathalie et Patrice Carrère et Maître Mathilde Laborie.
Un trio né du hasard… et de l’évidence
L’histoire commence en 2017. Dans le sillage des prédécesseurs, Martine et Jean-Pierre Gestas. Les parts se libèrent, les circonstances s’alignent. Patrice le basque, Nathalie la champenoise et Mathilde la périgourdine s’associent à la tête de l’étude. Trois trajectoires qui se croisent et un trio qui se forme. Par hasard, mais avec une fluidité inattendue. « On ne s’est pas choisis mais c’était une très bonne pioche ! » résument-ils avec humour. Trois associés dans une même étude, c’est rare dans la profession. « La palette de sensibilités est enrichie et le niveau d’expertise davantage pointu, des objets d’arts jusqu’au matériel professionnel en liquidation judiciaire » souligne Patrice. Leur métier ? Comprendre, estimer, défendre, raconter… sur fond de droit, d’expertise, de rigueur. Si 30 % de l’activité est liée aux ventes judiciaires, le reste est composé d’apports volontaires. « La base, au sens juridique du terme, c’est d’être généraliste sur ce qui est mobilier, ce qui peut bouger, par opposition à l’immobilier. Des peintures au matériel professionnel issu de liquidation judiciaire. » Ici, la routine n’a pas droit de cité. « Ce métier, c’est la chasse au trésor permanente. » Et c’est pour cela qu’ils l’aiment. « Il faut comprendre, respecter, valoriser. On ne gère pas des objets. On gère des destinées. Chaque vente raconte une histoire, une succession, une transmission, une société qui se relève ou qui s’éteint. » Et chaque marteau qui tombe marque un tournant intime pour quelqu’un. Encore plus quand un inventaire bouleverse tout : 500 boîtes d’insectes séchés trouvées dans un cabinet d’entomologie, ouvrage scientifique d’une existence. « On ne m’avait pas prévenue ! Pour les propriétaires, c’était l’oeuvre d’une vie. Il faut savoir être à la hauteur » confie Mathilde.
Vendre vite et bien
En Béarn et même bien au-delà, tout le monde le sait : pour vendre vite et bien, c’est chez Carrère & Laborie qu’il faut aller. Ici, pas d’attente interminable. Une vente de prestige par mois, systématique. 300 à 400 lots. Un pari audacieux, historique à Pau, que le trio a réglé au millimètre. « Notre particularité est d’avoir cette vente de prestige, en tout cas une très belle vente de mobilier et objets d’arts, tous les mois. C’est une chose qui a été fondatrice dans le succès de cette étude. » Et ce n’est pas tout, au moins deux ventes thématiques mensuelles trustent du monde, dans l’hôtel des ventes ou en ligne : bijoux, vins, livres, vélos anciens, collections de Barbies, moulins à café… les spécialités s’enchaînent. « Toujours en circuit court. C’est notre ADN à tous les trois, il n’y a pas d’artificiel, tout ce que nous vendons provient d’apports volontaires » précise Patrice. « On tamise, comme des orpailleurs », confient-ils. Derrière, on retrouve parfois des déceptions mais aussi de belles satisfactions qui surgissent sous la poussière. Et pour ceux qui s’interrogent de savoir s’ils ont un trésor dans leur grenier, les journées d’estimations gratuites permettent d’y voir plus clair. À bon entendeur !
Une audience mondiale depuis le Béarn
L’étude fait partie du groupe Ivoire – une dizaine d’études partout en France – qui permet de mutualiser les moyens et la communication. Résultat : une audience internationale, des enchères parfois millionnaires, et une notoriété qui explose. « Ce qu’on veut, c’est donner aux gens qui nous entourent une audience mondiale. Notre passé ancien et récent est là pour le prouver. Notre étude a déjà connu des enchères millionnaires ici, donc forcément ça appuie la notoriété. » L’ère numérique a accéléré le mouvement. Les ventes en ligne ont pulvérisé les frontières. Mais la salle des ventes demeure. Parce qu’une vente, c’est aussi une ambiance, des regards, de la tension. Et quelle adrénaline sur l’estrade ! 14h-21h à défendre chaque lot, à faire vibrer la salle. « On espère que ça joue ! » sourient Nathalie et Mathilde. Et comment ! Quand on sait que la salle des ventes connaît régulièrement des moments de légende. Un dessin de la Renaissance adjugé 3,5 millions d’euros. Ou encore ces dernières semaines la montre Chien de Pau du XVIIe, seuls deux exemplaires connus au monde, vendue 76 500 €. Des enchères où l’air devient électrique, où l’on retient sa respiration, où l’on défend la confiance accordée. « On a le stress de ceux qui veulent bien faire leur métier et défendre les intérêts de leurs clients. Mais c’est aussi une incroyable émulation. » Parce qu’acheter aux enchères, ce n’est pas acheter un objet. C’est acheter une histoire, une mémoire, un frisson, parfois 50 ans d’obsession de collectionneur.
Trois personnalités, une même passion
Des années de passion, c’est aussi le cas pour nos trois commissaires-priseurs qui sont tombés tout jeunes dans cette marmite. Nathalie, qui écumait les salles avec son père à l’âge de 12 ans, Mathilde qui a eu le déclic à 15 ans… toutes deux ont en commun d’avoir des yeux affûtés pour estimer les bijoux, la mode ou le vintage. En dehors de la salle ? Mathilde chasse les champignons comme elle traque les perles rares, Nathalie écume les musées de chaque ville. Quant à Patrice, son truc c’est de grimper les cols, juché sur son vélo. Et tous trois de partager la même conviction : « Donner une seconde vie aux objets, c’est protéger notre patrimoine. » Envie de connaître un moment effervescent ? À Pau, le prochain trésor peut surgir demain. Tendez l’oreille, on jurerait entendre déjà le marteau résonner. ■ L.B.



















0 Comments