Lovée à Igon, au coeur de la plaine de Nay, la carrosserie Sépé déroule son savoir-faire. Son coeur d’activité : la réparationcollision, le débosselage sans peinture et la réparation de pare-brise et vitrages. Du bel ouvrage pour cette entreprise béarnaise, qui fêtera ses 60 ans l’année prochaine et qui avoisine les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Stéphane Sépé est un homme heureux. Il a réalisé son rêve de gosse : celui de travailler dans un univers qu’il aime, la carrosserie. Celle fondée par son père en 1966 : « Il a commencé tout seul dans un petit local puis devant les nombreuses demandes, il est passé à un plus grand espace et un employé pour finalement faire construire en 1973 l’établissement actuel. » Stéphane a toujours été attiré par les voitures « plus que par les devoirs ! Je traînais souvent dans l’atelier. Je me souviens d’un superbe cabriolet Cadillac dans lequel j’étais monté. Je jouais à descendre et à remonter les vitres et la capote électriques. Lorsque le client est venu la chercher, il n’y avait plus de batterie ! J’aimais l’ambiance de l’atelier, voir mon père travailler, épiant le moindre de ses gestes. À cette époque, il n’y avait pas d’électronique ! Juste des boulons, des vis et ça redémarrait ! »
Carrossier de père en fils
Stéphane est devenu carrossier « par mimétisme » mais aussi par passion. C’est donc tout naturellement qu’il prend la même voie que son paternel, en passant par la case études. « J’ai fait une école de carrosserie à Niort (il n’y en avait que 2 en France). Mais c’est sur le terrain que j’ai vraiment appris les rouages du métier. » Dans les années 80, Stéphane entre officiellement dans l’entreprise. Il a 24 ans. « Lorsque mon père est parti à la retraite, j’ai poursuivi seul. La technologie ayant évolué, il fallait se différencier et investir dans des nouveaux appareils et des logiciels adaptés. Avec l’arrivée des voitures électriques, il a été indispensable de se former. Aujourd’hui, nous nous sommes concentrés sur trois sortes de réparation : la collision qui représente 80 % de notre chiffre d’affaires – nous travaillons avec une trentaine d’assureurs – ; la réparation de pare-brise et la restitution de véhicules en contrat de location avec option achat (leasing). Nous avons une autre spécialité : le DSP littéralement « débosselage sans peinture » qui concerne les véhicules grêlés. Nous proposons également un service de mécanique rapide. Des valises de diagnostic électronique nous permettent d’analyser et de réinitialiser les systèmes embarqués ainsi que les différents systèmes d’aides à la conduite, sur tous types de véhicules y compris les plus récents. »
Être toujours au top
1 600 voitures par an passent par la Carrosserie Sépé dans ses différents ateliers portés par trois carrossiers, trois peintres et un mécano. « Nous sommes dix salariés dans la société. Huit hommes et deux femmes à l’accueil des clients et l’administratif. L’une est aussi ma collaboratrice. » Stéphane est également jury pour le CFA et le centre AFPA lors des examens des apprentis. « Nos apprentis d’aujourd’hui sont nos ouvriers de demain. Ils méritent une bonne formation ! »
Des outils performants
Même s’il regrette le temps des belles mécaniques, et que « l’on passe de plus en plus des mains expertes des carrossiers à de la robotisation avec notamment l’arrivée de l’IA », il ne désespère pas de l’avenir de son métier. « Il faut vivre avec son temps. On est obligé de suivre la technologie. » Aussi, pour garantir une grande qualité de prestation et de services à ses clients, il a investi dans des outils performants de dernière génération. Ici, les travaux sont garantis 3 ans (carrosserie et peinture). « Des véhicules de prêt sont mis à la disposition de tous nos clients pendant la durée des réparations. Stéphane a également tenu à adhérer à plusieurs réseaux, Glass Auto service (enseigne agréée pour le remplacement et la réparation des vitrages automobiles) et de Five Star, le réseau des carrossiers 5* en France. Avec ce dernier, la Carrosserie Sépé bénéficie d’aides bienvenues : formation continue ; standardisation des méthodes en adoptant des outils et process harmonisés sur tout le territoire pour garantir un service client optimal ; accès à un système de gestion quotidienne (DMS) dédié et à un datahub (plateforme centralisée qui regroupe, gère et analyse les données) pour fluidifier les échanges et optimiser la gestion de la société. « Five Star a passé des accords avec tous les réseaux constructeurs pour nous fournir l’achat des pièces par exemple. Nous avons également adopté des pratiques responsables grâce à leur référentiel RSE. » Chez Sépé, les déchets sont triés et recyclés. On privilégie les « pièces de réemploi » en travaillant de concert avec des épavistes, certaines sont même exécutées à l’imprimante 3D. Dès l’an prochain, l’entreprise saura quel est le niveau de son empreinte carbone… « On fait tout pour être au top ! » Comme au rugby, l’autre appétence de Stéphane qui fait partie des membres du club Henri XV de la Section paloise « C’est le “bon esprit” que j’aime, un hymne à la solidarité, une certaine idée de l’ambition collective, une initiation à l’humilité. C’est ce que j’essaie d’insuffler au sein de ma société. »
■ Catherine Nerson



















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