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Emplois dans le 64 : quel est l’impact d’une école d’ingénieurs ?

À Pau, l’enseignement supérieur ne se contente plus de former des ingénieurs : il irrigue l’ensemble de l’économie locale. Derrière les amphithéâtres et les laboratoires, un écosystème complet se déploie, générant des emplois, stimulant l’innovation et renforçant l’ancrage territorial. Décryptage d’un levier de croissance encore sous-estimé.

À première vue, un campus d’ingénieurs ressemble à un lieu d’apprentissage classique. Pourtant, derrière ses nouveaux murs (voir encadré), c’est une véritable machine économique qui tourne à plein régime. Laurent Devecis, directeur du campus palois CESI, l’affirme : « L’activité du campus génère à elle seule près de 25,6 millions d’euros de PIB par an et soutient plus de 1 000 emplois dans les Pyrénées-Atlantiques. » Ces chiffres, issus d’une étude menée par le cabinet Utopies, traduisent une réalité jusqu’alors invisible : « L’enseignement supérieur agit comme une “mini-ville” en mouvement. Salariés, étudiants, fournisseurs, entreprises partenaires… tous participent à un écosystème dense où chaque dépense, projet et embauche produisent des effets en chaîne. » Plus encore, l’impact ne s’arrête pas aux emplois directs. « Chaque poste créé par l’école contribue à en générer trois dans l’économie locale. »

Un moteur d’emploi et de partenariats

L’un des apports majeurs d’une école d’ingénieurs réside dans sa capacité à fixer les talents. Une part significative des diplômés choisit de commencer sa carrière dans la région où elle a été formée. Résultat : les compétences restent sur le territoire et alimentent directement les besoins des entreprises de la région. « Cet ancrage se traduit également par un maillage économique étendu. Les activités du campus irriguent 5 domaines d’expertises, allant du BTP & Génie Civil au QSE (Qualité, Sécurité, Environnement) et Développement durable, en passant par l’Industrie & Innovation, l’Informatique & Numérique ou RH & Management. » Une transversalité qui renforce la résilience du tissu économique local. À cela s’ajoute le rôle clé de l’alternance et des partenariats : « On forme la compétence de demain avec des sociétés locales telles que Safran, Total, Daher et les acteurs de l’enseignement comme l’UPPA. » En initiant des profils immédiatement opérationnels, l’école répond aux besoins concrets du marché du travail, réduisant ainsi les tensions de recrutement dans des secteurs stratégiques. Au-delà de l’emploi, c’est toute la dynamique d’innovation qui se trouve stimulée. Les projets de recherche menés sur le campus, souvent en lien direct avec les entreprises, permettent de transformer des idées en applications concrètes. Cette proximité avec le monde économique favorise l’émergence de solutions adaptées aux défis actuels : transition énergétique, transformation numérique, nouveaux modèles industriels. Les ingénieurs formés ne sont plus seulement des techniciens, mais des acteurs de la transformation des organisations. « Les alumni (regroupement associatif des anciens étudiants et titulaires d’un diplôme obtenu sur l’un des campus de l’école) jouent aussi un rôle déterminant, poursuit Laurent Devecis. En intégrant des entreprises locales ou nationales, ils diffusent les savoir-faire acquis et contribuent à moderniser les pratiques. »

Au service d’une croissance durable

L’impact économique d’un campus se mesure aussi à sa redistribution. Dans les Pyrénées-Atlantiques, 61,1 % du PIB généré est capté localement, soit plus de 15,6 millions d’euros réinjectés dans l’économie régionale. Cette circulation de la richesse bénéficie directement aux commerces, aux services, au logement ou encore aux infrastructures locales. Enfin, les écoles d’ingénieurs participent à la transition vers un modèle plus durable et inclusif. Mesure de l’empreinte carbone, accessibilité des formations, promotion de l’apprentissage : autant d’initiatives qui traduisent une évolution profonde du rôle de ces établissements. « Former des ingénieurs aujourd’hui, c’est aussi former des citoyens capables d’intégrer les enjeux environnementaux et sociétaux dans leurs décisions. » Une ambition qui dépasse le cadre académique et qui, à terme, façonne l’économie de demain.

■ Catherine Nerson


À Pau, le campus CESI génère 25,6 M€ de PIB annuel et soutient plus de 1000 emplois dans les Pyrénées-Atlantiques.

CESI : un campus tout neuf à Pau

Le CESI a ouvert le 4 mai dernier un nouveau campus au coeur de l’université de Pau, rue Saint-John Perse. Ce site de 3 000 m² remplace l’ancien pour offrir des infrastructures modernes, durables et mieux intégrées à la vie étudiante. Doté de 30 salles, d’un auditorium modulable, de laboratoires d’innovation et d’espaces dédiés à la recherche et à la vie associative, il vise à accueillir davantage d’étudiants et de projets. Accessible en transports en commun, ce campus entend renforcer les liens avec les acteurs locaux et améliorer l’expérience étudiante dans un environnement dynamique et connecté.


6ème

C’est la position du CESI en 2025 donnée par Le Figaro. Elle figure parmi les meilleures écoles d’ingénieurs post-Bac. Elle occupe la 34e place sur 127 au classement L’Usine Nouvelle 2025.


À Pau, le campus CESI génère 25,6 M€ de PIB annuel et soutient plus de 1000 emplois dans les Pyrénées-Atlantiques.À Pau, comme ailleurs, l’enseignement supérieur apparaît comme un investissement stratégique. Derrière chaque étudiant formé se dessine une réalité plus large : celle d’un territoire qui innove, qui recrute et qui se

développe.

Laurent Devecis, directeur du campus CESI de Pau.

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