En 1930, Charles Trenet n’est encore qu’un adolescent de dix-sept ans qui « monte » à Paris, lesté d’ambitions tous azimuts : journaliste, peintre, acteur — autrement dit, devenir quelqu’un, et surtout un Parisien. Dans ses bagages, un roman, Les Rois fainéants, deux cents pages refusées par les éditeurs mais décisives. Car de cet échec naîtront des rencontres fondatrices, avec Max Jacob puis Jean Cocteau, qui orientent irrémédiablement son destin.
Avant cela, à Perpignan, le jeune Trenet faisait déjà ses armes dans Le Coq catalan, révélant une plume vive, ironique, traversée d’élans nostalgiques et d’une joie presque insolente. Ce manuscrit, longtemps réputé perdu – véritable arlésienne de son oeuvre – ressurgit aujourd’hui grâce au Gelosien Vincent Lisita. Cet historien, collectionneur et spécialiste du “Fou chantant”, possède tableaux et objets du chanteur et a déjà publié divers ouvrages, dont le dernier de Cabu sur des textes inédits de Trenet. C’est lors d’une vente aux enchères qu’il tombe sur LA pépite.
Plus qu’un brouillon de jeunesse, Les Rois fainéants apparaît comme une matrice : on y perçoit déjà la sensibilité et la culture qui irrigueront les chansons de l’artiste. Autrement dit, sa première étincelle.


















0 Comments