Lutter contre l’isolement social et mettre à l’abri les populations fragilisées est un des grands enjeux des villes. Pau a décidé de s’emparer du sujet avec un projet de lieu ressource, en coeur de ville.
C’est une perle du patrimoine palois qui va devenir le pôle de référence anti-solitude de la ville. Une rénovation d’ampleur va en effet redonner une deuxième vie au Couvent Lamothe, situé en coeur de ville et occupé par des Dominicaines jusqu’en 2003. Fermé à l’hébergement en 2005, puis acheté par la commune, cet espace sera la vitrine du dispositif anti-solitude intergénérationnel conduit par la ville. Un enjeu social local et national, au regard d’une enquête sur les solitudes menée par la Fondation de France en 2024 et qui constate que 12 % de la population déclare vivre en situation d’isolement.
Créer un lieu référent contre la solitude urbaine
Avec ces 1 800 m2 de jardin et ses 1 300 m2 de locaux, le Couvent Lamothe se compose de deux bâtiments principaux en V, d’une cour, d’une chapelle néogothique et de plusieurs dépendances. Outre la rénovation et la valorisation de ce patrimoine emblématique, la ville de Pau avance plusieurs objectifs « anti-solitude » : création d’un un espace chaleureux, inclusif et ouvert à tous, valorisation d’un lieu identifié par les Palois et qui accueillera plusieurs activités intergénérationnelles, mise en sécurité et réinsertion des victimes de violence conjugale et enfin refonte du jardin, poumon vert et vivant propice aux échanges et interactions sociales. Ce projet ambitieux fonctionnera par étapes : rénovation de la chapelle pour le lancement d’une activité autour des choeurs et chorales (Projet Chantons ensemble) ; création d’un espace pour accueillir le Projet École du soir qui propose des temps d’apprentissage pour des adultes éloignés des formations classiques ; création de 6 logements dont 3 accessibles aux personnes à mobilité réduite. Géré en maîtrise d’oeuvre par le cabinet Dubedout et Collet Architectes, le chantier démarrera fin 2025. La livraison de la première phase est prévue pour fin 2026, avec un budget de 1 364 359 €. Après ce premier lifting, une seconde phase achèvera de transformer le lieu en un espace intergénérationnel. Seront par exemple proposés, en échange de services rendus, des hébergements adaptés aux étudiants précaires et aux internes en médecine ; une salle d’étude moderne pour accueillir les lycéens et les étudiants du secteur. Enfin la réhabilitation répondra au besoin de structures d’hébergement pour des femmes isolées victimes de violence conjugales. Bref, ce projet vise de ne laisser aucune solitude sur le bord de la rue Lamothe.



















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