pixel

Stéphane Paulien - Dirigeant
Cycles Paulien – Ça roule !

De la petite boutique de Bizanos aux 400 mètres carrés à Idron, Stéphane Paulien a changé de braquet en continuant de faire du vélo une affaire de passion dans son enseigne Giant. Cycles pour le loisir, le travail ou vélo tout-terrain, il équipe toute la famille et défend un commerce de proximité où service et conseil font la différence.

Dans toutes les familles, il y a des paires de baskets et il y a au moins un vélo ! » À Idron, en ouvrant un Giant Store de 400 mètres carrés en 2020, Stéphane Paulien en a fait plus qu’un adage : une ligne de conduite. S’il diffuse les produits de la marque taïwanaise Giant, leader du secteur, lui revendique la vision artisanale d’un commerce de proximité et de services. « Le bon conseil, la réparation, le prêt : on est un magasin de famille, pas un magasin de sport. »

Rien ne le destinait à la petite reine. Dans sa famille, on jurait plutôt par le ballon ovale. « Ma grand-mère a eu 18 enfants, 14 garçons. Tous ont fait du rugby. » Le jeune Stéphane plaque comme les autres, jusqu’au jour où il pousse à Morlaàs la porte du magasin de Monsieur Autaa. Cet ancien coureur et figure locale du cyclisme a lancé le grand champion béarnais Gilbert Duclos-Lassalle. « Il m’a mis sur un vélo. J’avais 14 ans, j’ai fait ma première course que j’ai gagnée. J’ai arrêté le rugby, fait du vélo et du handball l’hiver. » Le virus ne le quitte plus. Jusqu’à 22 ans, il enchaîne les compétitions, grimpe les cols pyrénéens, participe à des courses internationales comme Montpellier-Barcelone. Il termine en première catégorie, décroche une troisième place aux championnats de France sur piste. Puis vient la chute, l’accident grave qui signe la fin du rêve de carrière pro. La reconversion sera commerciale. « Mon père vendait des assurances, on baignait dans le commerce. » Bac pro vente en poche, il commercialise pendant cinq ans les vélos Banesto,
la marque du champion de l’époque, Miguel Indurain. Poursuit quinze ans dans le magasin de cycles de son beau-frère à Lescar. En 2012, à
40 ans, il se lance en solo. « Je suis parti d’une feuille blanche, je n’ai pas repris un magasin. » Il ouvre à Bizanos l’un des premiers concept stores Giant en France. « On n’était que dix à l’époque. » Le pari audacieux s’avère visionnaire. En 2020, le marché explose, porté par le vélo à assistance électrique. « Le Covid a été une folie. On a vendu plus de 30 % de vélos en plus. » Il déménage à Idron dans un plus grand espace, moderne et convivial : grand écran diffusant les compétitions sportives, coin café, atelier de réparation « pour les vélos maison comme pour les autres ». Autour de lui, quatre salariés, tous polyvalents, mécaniciens et vendeurs à la fois. « Il faut savoir driver les équipes, être à l’écoute. » L’entreprise affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros et vend 700 vélos à l’année.

Ici, le service est érigé en dogme

« Un vélo, ça ne se vend pas dans un carton. Ça se vend monté, vérifié, réglé à la taille du client. L’idée, c’est que vous sortiez du magasin et que vous puissiez rentrer à vélo chez vous. » Sécurité, éclairage, sonnette : rien n’est laissé au hasard. « Notre arme, c’est le service au client, le conseil, la préparation. On équipe toute la famille. » Le magasin propose près de 90 vélos en exposition (50 % en électrique, 50 % en musculaire) et plusieurs centaines à la commande, du VTT au Gravel, du modèle enfant au bijou de compétition. Avec une attention particulière pour les femmes grâce à Liv, marque dédiée retravaillant « l’ergonomie, les couleurs, les tailles ». L’espace dames représente aujourd’hui 20 % du magasin. Le Tour de France féminin offre de la visibilité à la marque, de même que l’association contre le cancer Donnons des ailes au vélo, soutenue par la team Paulien. « Dans le vélo, la technologie a révolutionné les pratiques. Les innovations se succèdent : carbone, vitesses électroniques, moteurs Yamaha, personnalisation du vélo, pédales automatiques » détaille le dirigeant. Casque, chaussures, diététique, cartes de randonnées font aussi partie intégrante du lifestyle vélo.

Le Béarn, terre chérie du vélo

Il faut dire que dans tout le Béarn, cette culture est une seconde nature. Le Tour de France y fait régulièrement étape. Tourmalet ou Aubisque attirent les passionnés du monde entier. « On a la chance d’avoir les montagnes, les petits chemins. Le Béarn est un terrain de jeu extraordinaire. » Posté près du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, Stéphane Paulien n’est pas en manque d’anecdotes. « Un pèlerin hollandais en panne ? On arrête tout pour lui réparer son vélo. » Dans son quartier d’Idron où s’installent de nombreuses familles d’expats’, « il n’est pas rare qu’on équipe toute la famille, cinq vélos d’un coup ». Le vélo électrique a changé la donne, « il a démocratisé la pratique ». La multiplication des pistes cyclables aussi, pour le vélo loisir ou pour aller travailler. « Les salariés de plusieurs entreprises du coin viennent s’équiper chez nous. » Les budgets peuvent s’envoler, jusqu’à 14 000 euros pour un modèle de course professionnel. Mais Stéphane Paulien reste fidèle à sa philosophie : « On trouve toujours une solution pour le client. » Fan de sport, il jette régulièrement un œil sur l’écran géant. Ce jour-là, la finale de ski-alpinisme des JO de Milan-Cortina. « Tant qu’il y a de la neige, les gens pensent hiver. Dès le mois de mars, c’est le feu ! » À l’atelier, on parle dérailleur, cassette et frein. Il tutoie souvent les clients, connaît les familles, conseille les pros de la Section Paloise qui viennent s’équiper. « Je ne sais pas si on devient vendeur. Je pense qu’on a la fibre. » La sienne s’est forgée entre un magasin de quartier et les routes pyrénéennes. Son enseigne cultive ce mélange d’expertise et de proximité, de passion et d’échange, entre liberté et ancrage local. Comme un rappel que derrière chaque vélo vendu, il y a d’abord une histoire d’équilibre. Indispensable pour passer la vitesse supérieure.

■ Nathalie Faure

Partager :

0 Comments

Submit a Comment

Le fil Infos

Abonnement au journal d'annonces légales Les Petites Affiches Béarnaises et des Pyrénées-Atlantiques - abonnements petites affiches 64

Entrepreneurs d’ici

Publier
une annonce

S’abonner

Hebdomadaire habilité à publier les annonces légales pour le Département des Pyrénées-Atlantiques, le Béarn et le Pays Basque.

  Du lundi au vendredi :
9h-12h30 / 13h30-17h30

10 rue de Foix – 64000 PAU

  [email protected]

  05 59 27 37 03