Teréga, Safran, TotalEnergies, Bassin de Lacq, Euralis… les géants industriels n’ont plus que ce mot à la bouche : dé-car-bo-ner. Mais concrètement qu’est-ce que ça veut dire ?
D’après la définition du Parlement européen, la neutralité carbone désigne « l’équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les puits de carbone ». En France, ces puits naturels (forêts, océans, sols ou encore les marais) captent environ 20 % des émissions de GES (Gaz à effet de serre) annuelles (source : ADEME, 2022). Mais soyons clairs : une entreprise ne peut, à elle seule, être neutre en carbone, car la notion de neutralité carbone n’a de sens qu’à l’échelle planétaire. Cependant, elle peut contribuer à des projets qui permettent de réduire les émissions d’autres acteurs ou de préserver et renforcer les puits de carbone naturels.
Décarboner, une évidence ?
Oui, répondent les grandes entreprises béarnaises qui désirent réduire l’impact sur l’environnement. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans leur stratégie. À l’instar du gestionnaire de réseau de stockage Teréga, qui joue un rôle clé dans la transition énergétique régionale. En 2022, l’entreprise a lancé le projet H2O, plateforme dédiée à la production d’hydrogène vert à partir d’énergies renouvelables, notamment dans le bassin de Lacq. La région, ancien bastion de l’énergie fossile, voit ainsi sa filière gazière évoluer vers une économie de l’hydrogène décarboné, considéré comme un levier majeur pour atteindre la neutralité carbone. Le groupe Safran, acteur mondial de l’aéronautique a annoncé un objectif de réduire de 50 % ses émissions de CO2 d’ici 2030 et investir dans la mise au point de matériaux plus légers et plus durables, pour réduire la consommation en carburant des avions. La filiale Safran Landing Systems a lancé un programme d’électrification de ses processus de fabrication, visant à diminuer la consommation d’énergie fossile. Des mesures ambitieuses encourageantes, même si leur impact reste encore faible face à l’empreinte globale du secteur aéronautique, qui demeure fortement dépendant du kérosène.
Le Bassin de Lacq, pionnier
Autrefois, symbole de l’énergie fossile, le bassin de Lacq connaît aussi une transition stratégique. Labellisé dans le cadre de la démarche nationale Zones Industrielles Bas Carbone (ZIBAC), il s’affirme aujourd’hui comme un pionnier de la décarbonation industrielle, rassemblant entreprises, institutions, chercheurs et collectivités autour d’une stratégie commune.
Aussi Sobegi, acteur clé du bassin, prévoit la création d’une nouvelle unité de production de vapeur utilisant du bois en fin de vie comme combustible. Objectif : réduire de 60 % ses émissions de CO2 d’ici 2030. Arkema, de son côté, a déjà mis en place un procédé innovant sur son site de Lacq/ Mourenx permettant une baisse de 28 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Le projet BioTJet, soutenu par des partenaires comme IFPEN, Axens, Elyse Energy, Avril et Bionext, prévoit l’installation d’une unité de production de carburants d’aviation durables à partir de biomasse et d’hydrogène bas carbone. Avec un investissement d’un milliard d’euros, il permettra de produire 75 000 tonnes de carburant durable et de créer 800 emplois directs et indirects à l’horizon 2028. TotalEnergies et la Communauté de communes Lacq- Orthez portent également des projets communs, soulignant la force du collectif dans cette mutation. Ailleurs, c’est Euralis qui annonce un projet d’ampleur pour décarboner avec trois énergies renouvelables (voir encadré) son site de Lescar. Autant d’initiatives qui pourraient faire du territoire un modèle de transition énergétique dans le Sud-Ouest.
Un tout petit (peu) de calcul…
Je pars de 100 : je réduis de 75 % les émissions de gaz carbonique, j’en capte et j’en stocke 25 % : il me reste zéro.
Le bilan est neutre, ce qu’on appelle la neutralité carbone.
C’est l’objectif à atteindre d’ici 2040
10 000
MWh d’énergie thermique, c’est ce que produira le site Euralis de Lescar d’ici 2027, grâce à de la biomasse issue de ses rafles de maïs. Il générera aussi 1 200 MWh de production électrique via l’installation de panneaux photovoltaïques et 3 700 MWh de chaleur renouvelable grâce à la géothermie, soit 60 % de la consommation du site de Lescar. Il devrait permettre à la coopérative béarnaise de réduire ses émissions de CO2 de 2 850 tonnes par an.
Teréga travaille en partenariat avec plusieurs industriels du Sud-Ouest pour la conception d’un système d’infrastructures de transport et de stockage de CO2 permettant de décarboner leurs sites.
Carolle Foissaud, présidente et directrice générale de Teréga



Un tout petit (peu) de calcul…
Teréga travaille en partenariat avec plusieurs industriels du Sud-Ouest pour la conception d’un système d’infrastructures de transport et de stockage de CO2 permettant de décarboner leurs sites.














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