Depuis 40 ans, à Pau, l’association Du côté des femmes apporte une écoute, un soutien et parfois un hébergement à des femmes victimes de violences et à leurs enfants. Une mission d’intérêt général.
E n France, une femme sur 10 a été ou est concernée par des violences. Elle peut être une mère, une sœur, une amie, une collègue. Un sujet sociétal prioritaire pour tous. L’association Du côté des femmes, elle, sait ce caractère primordial depuis bien longtemps. Elle a fêté ses 40 ans en 2024. Quatre décennies où elle a accompagné plus de 12 500 femmes victimes de violences et 3 000 enfants. En 2024, 895 situations ont été traitées, soit une hausse de 13 %. « La première chose que nous offrons, c’est l’écoute », pose d’emblée la présidente Paola Parravano. « Nous les croyons et elles sont les bienvenues dans l’association. »
Une longue reconstruction
Un mot simple mais important pour des femmes qui sont très souvent sous l’emprise des auteurs des violences depuis plusieurs années. La mise en confiance progressive doit permettre de retrouver au fil du temps une reprise du contrôle, un retour d’estime. Avant une reconstruction qui peut s’avérer longue. « En moyenne, sept allers-retours se passent avant que la victime décide de s’échapper définitivement. Quand elle y arrive, il faut plusieurs mois voire années pour se reconstruire. Des études ont comparé les traumatismes subis à ceux qui ont vécu la guerre », explique Emmanuelle Descoubès, la directrice.
Au sein de l’association, différents supports ont été mis en place dans le processus : des entretiens individuels, des temps collectifs (sorties, activités…), des rencontres avec les travailleurs sociaux ou les psychologues. « Nous avons des antennes à Pau et à Oloron, mais aussi des permanences dans tout le Béarn », énumère Paola Parravano qui rappelle que l’omerta est encore plus présente dans le monde rural où il est plus difficile de parler. Le 3919, numéro d’urgence contre les violences gratuit, 24/24, 7/7, est aussi un outil. L’association est le relais de ce numéro sur le département.
Des hébergements triplés
Du côté des femmes, qui va mettre en place un groupe de parole pour les adultes anciennes victimes, est un lieu d’hébergement. Aujourd’hui, elle a 84 logements. « La lutte contre les violences faites aux femmes comme grande cause du premier quinquennat d’Emmanuel Macron et le Grenelle ont été de vrais appels d’air. En 5-6 ans, nous avons presque triplé le nombre de logements », se remémore Emmanuelle Descoubès. Une progression, certes, mais encore insuffisante puisqu’une liste d’attente existe pour occuper l’un d’entre eux.
L’écoute, l’aide… l’association prend aussi son rôle de sensibilisation et d’information auprès de la société. Car un membre de la famille, un proche ou le monde de l’entreprise peut être un appui. Du côté des femmes cible les sociétés où une attention peut être portée sur des signes avant-coureurs difficiles à déceler pour l’entourage. Des outils qui montrent que cette lutte est collective. L’association accueille des dons. Elle est reconnue d’intérêt général à vocation humaine.


















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