Alors que Hestiv’Òc revient du 21 au 24 août pour une 20e édition, la culture régionale fait grandir sa caisse de résonance. Comme l’envie d’un retour aux sources pour ne pas oublier son identité.
Les faits marquants
2005
Année de la première édition d’Hestiv’Òc qui avait réuni près de 20000 personnes
325000
euros de budget pour l’organisation du festival
50000
visiteurs espérés pour cette édition 2025 d’Hestiv’Òc
« L’occitan n’est pas parlé que par des sexagénaires avec une chemise blanche et un béret vissé sur la tête ! Ce côté patrimonial a une importance bien plus grande qu’on pourrait le croire chez les jeunes »
Julien Bayssac, président de l’association Accents du Sud
Jean-Loup Fricker, conseiller délégué à la Langue et à la Culture Régionale, ne passe pas par quatre chemins. « Hestiv’Òc est devenu la manifestation phare de la culture occitane sur l’ensemble du territoire occitan. » Absent l’année passée pour cause de Jeux olympiques, le festival gratuit revient en fanfare pour une 20e édition haute en couleur.
Il repart sur un format de 4 jours avec la journée de jeudi dédiée aux partenaires. Ensuite, pendant le weekend, une quarantaine de spectacles – 25 sur un opus normal -, vont animer différents lieux du centre-ville palois : boulevard Aragon, théâtre Saint-Louis, les jardins du château de Pau et même le passage Carnot. De la traditionnelle cantera d’ouverture à la pop régionale, l’événement fait pour la cultura nosta (notre culture en langue occitane) est accessible à toutes les générations. « La culture est à tout le monde. Qu’on parle la langue ou non, on peut venir à Hestiv’Òc. On trouve des personnes de tous âges, c’est intergénérationnel. On a par exemple l’espace jeunes au Parc Beaumont, dans un lieu arboré pour s’éveiller à cette culture », développe Julien Bayssac, président de l’association organisatrice Accents du Sud.
L’affaire de tous
Car Hestiv’Òc est une vitrine de la culture gasconne et occitane. L’engouement depuis la première édition est révélateur d’une volonté collective de conserver une langue et des traditions. « La foule en jaune et rouge sur la place Royale lors du lancer de béret d’André Labarrère… on ne s’attendait pas à une telle adhésion », se souvient Nathalie Cabannes, co-fondatrice du festival.
Contrairement aux idées reçues, les anciennes générations ne sont pas les seules à être garantes de cette culture. « L’occitan n’est pas parlé que par des sexagénaires avec une chemise blanche et un béret vissé sur la tête ! Beaucoup de jeunes font les fêtes de villages, connaissent l’Immortèla. Ce côté patrimonial a une importance bien plus grande qu’on pourrait le croire chez les jeunes », défend Julien Bayssac, réfutant la pensée d’une culture qui disparaît ou a disparu.
La langue, un vrai socle
Parler et communiquer en occitan reste un vrai indicateur de la teneur d’une culture. Pour sauver une langue, il faut 30 % de locuteurs. « On en est loin mais à travers des événements ou les vieux contes béarnais accouchés sur papier, on peut la sauver », tempère-t-il. Pour la langue, l’enseignement est la meilleure manière de la transmettre dans le temps, par les écoles bilingues ou les écoles Calandreta.
La Ciutat, tiers-lieu dédié à la culture béarnaise au Hédas, est également un marqueur de cette identité. « Il faut perdurer le fait d’être d’un endroit, d’une terre, d’un lieu. La culture est le prisme de la pensée et toutes ces langues vernaculaires sont importantes », insiste Julien Bayssac.
Photo : Julien Bayssac, président d’Accents du Sud, avec les autres organisateurs d’HestivÒc.


















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