Géré par l’EPFL (Établissement Public Foncier Local), le fonds friche, financé par une infime partie de la taxe foncière, permet de financer des réhabilitations complètes de friches.
En octobre dernier, lors de l’inauguration de la zone de la Passerelle à Orthez (ex-Saïca) qui était à l’abandon depuis plusieurs années, le nom de « fonds friche » est apparu dans les discours. Le projet n’aurait, selon les élus présents, pas abouti sans lui. Sur les deux millions d’euros investis par l’EPFL notamment via le fonds friche, l’établissement l’a revendu à moitié prix à la CCLO.
« Cette friche aurait pu durer encore des années et des années », avoue Anthony Zajdowicz, directeur de l’Établissement Public Foncier Local qui gère localement le fonds friche. « Économiquement, elle n’était pas viable et n’allait donc intéresser personne. Par le fonds friche, nous apportons une aide financière qui permet de réaliser l’opération. »
En résumé, l’EPFL rachète le terrain ou un bâtiment vacant, souvent à perte et parfois en bénéfice. Ensuite, elle peut mener les premières opérations de maîtrise d’oeuvre et de travaux avant de le céder à des collectivités ou des entreprises qui en feront bon usage. « Entre l’Architecte des Bâtiments de France, les spécialistes archéologiques ou encore l’incertitude de faire aboutir le projet, les communes peuvent être totalement refroidies. Notre prise en charge les rassure. »
0,186 % de la taxe foncière !
Pour financer le fonds friche, les élus locaux ont décidé d’utiliser la taxe foncière. Une infime partie : 0,186 % qui correspond à la taxe spéciale d’équipement (TSE). Anthony Zadjowicz, qui prône la pédagogie, souhaite faire connaître ce mécanisme. « Les collectivités ont tout intérêt à s’emparer des friches, notamment avec la loi ZAN (zéro artificialisation nette). Pendant la 2e moitié du XXe siècle, pour des contraintes de rapidité et de facilité, nous sommes allés construire sur les terres agricoles avec le phénomène d’exode rural. Or, le principe est de reconstruire la ville sur la ville. C’est notre objectif commun actuel. Avec les petits ruisseaux accumulés de la TSE, on fait des grandes rivières. »
Outil de solidarité territoriale
S’il est difficile aujourd’hui de quantifier le nombre de friches sur le territoire béarnais, tant se mettre d’accord sur une définition commune relève presque de l’impossible, l’EPFL a de beaux jours devant lui. Derrière les actions, Anthony Zadjowicz prouve que le fonds friche est un outil de solidarité territoriale.
« Cet impôt est investi sur le territoire », assure-t-il avant de développer : « l’argent des Béarnais sert à financer des projets pour les Béarnais, que ce soit dans le domaine du logement, de la santé ou de l’espace de vie. Certains élus, qui défendent leurs communes, ont pu penser que le fonds friche n’était réservé qu’à Pau et Oloron. Finalement, quand ils ont pu constater le contraire, ils nous ont remerciés. Nous menons des projets partout sur le territoire. ». Des projets qui permettent à des entreprises locales du BTP de travailler, comme sur les halles Berchon à Nay.


















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