Mandataire judiciaire, François Legrand accompagne les entreprises en difficulté. Tout en étant la voix des créanciers. Rencontre avec l’un des fondateurs d’Ekip’, l’un des plus fins connaisseurs de l’économie locale.
Il exerce une profession libérale aux abords sensibles. Toujours en mode gestion de crise. Son quotidien ? L’intervention au chevet des entreprises en difficulté. Que ce soit à l’amiable ou dans un cadre judiciaire. Entre le monde du droit et celui du chiffre. Une véritable boussole, indispensable en période de turbulence. Flâner en robe noire dans les couloirs du Tribunal de Commerce ? Très peu pour François Legrand. Son truc à lui, c’est le contact. À côté du dirigeant, au milieu des salariés, banquiers, créanciers. Avec toujours l’indépendance en fil rouge. « Celui qui ne prend pas de risque ne sera jamais chef d’entreprise » Parce que si quelqu’un connaît le tissu économique local, c’est bien lui.
« Celui qui n’aime pas le risque ne sera jamais chef d’entreprise ! »
assène-t-il. « Chef d’entreprise, c’est le métier le plus dur au monde, fait de risques. Le chef d’entreprise peut rapidement assurer la prospérité de son affaire, et il peut aussi tout perdre en peu de temps ! Certains dirigeants ont pris un risque qui a basculé du mauvais côté, d’autres cumulent les pertes de clients, les derniers sont étranglés par la trésorerie… je rencontre et accompagne tous types de profils ! ».
Au coeur de situations délicates, François Legrand rassure. Tant par son professionnalisme que par sa sympathie. « La base, c’est aider le chef d’entreprise. Quand le dirigeant passe notre porte, l’objectif est de lui remonter le moral. Et ensuite lui apporter des solutions ». Sauver l’entreprise, sauvegarder les emplois, assurer le paiement des créanciers, telles sont ses missions dans l’ordre. « Avec toujours comme cadre, le Code de Commerce ».
« Nous intervenons sur des procédures amiables et judiciaires. En phase amiable, on négocie, on aide à faire face à une impasse de trésorerie, une mésentente entre associés, un accident industriel… À partir du moment où le tribunal, qu’il soit de commerce ou judiciaire, a décidé de la sauvegarde ou du redressement d’une entreprise et nous a désignés, les mesures permettant de redresser la barre s’imposent selon les dispositions du Code de Commerce. Tous les outils pour recréer de la trésorerie y sont listés ».
Décortiquer la structure d’une entreprise, comprendre son fonctionnement, estimer les chances de la redresser, savoir conseiller d’arrêter… il faut que François Legrand et ses équipes fassent preuve d’expertise et de lucidité.
« Des passions ! Sans elles, tu disjonctes ! »
Quant au quotidien, nul besoin de voir l’agenda, les journées de François Legrand sont ultra remplies. Encore plus dans les périodes de crises actuelles où les défaillances d’entreprises se multiplient. Son secret pour tenir le coup et avancer ? « Des passions ! Sans elles, tu disjonctes ! ».
Pas les soirées mondaines où vous n’aurez aucune chance de le croiser. Au Berry à savourer une sole ? Peut-être. En famille ou avec ses amis, en ski de rando sur les sommets pyrénéens, en vélo sur la Quebrantahuesos ou encore avec ses chevaux sur un concours hippique ? À coup sûr. À voir l’état du champion, épaule et genou meurtris, les médailles sont plutôt derrière.
Un tempérament à foncer selon ses propres envies
Mais peu importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’ivresse ! L’essentiel est de foncer selon ses propres envies. Comme il le fait depuis toujours. Cet enfant de la plaine de Nay est tombé très jeune dans la marmite du Droit. Avec un père avocat pénaliste et une mère maître de conférences à l’UPPA, il ne pouvait en être autrement. « Pourtant, jeune, je rêvais d’être commissaire-priseur. J’ai donc mené des études d’histoire de l’art en même temps que le Droit ». L’ouverture de l’hexagone aux géants comme Sotheby’s le fera changer de voie. Bien lui en a pris.
Ekip’, performance et hyper spécialisation
Ses premiers pas d’adulte, c’est au clairon du service militaire qu’il les fera : brigadier à cheval à la Garde Républicaine de Paris. Le métier de mandataire judiciaire, il l’appréhendera comme stagiaire du côté de Saint-Malo. Avant d’obtenir son diplôme en 2001 et d’embrasser une carrière qu’il ne quittera plus. Vingtcinq années où il va développer son activité, fonder Ekip’ en 2019 pour en faire l’un des principaux acteurs de la profession en Nouvelle-Aquitaine avec également un pied en Occitanie, avec 3 autres associés, 65 salariés, et 10 antennes, de Pau à Tarbes, de Dax à Bordeaux, de La Rochelle à Poitiers. « L’objectif d’Ekip’ est d’améliorer le service rendu aux entreprises avec des équipes performantes et hyper spécialisées ». En somme, une vraie âme d’entrepreneur.


















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