Face à la progression du frelon asiatique dans le Sud-Ouest, réunions publiques et initiatives locales se multiplient pour informer les habitants. À travers son entreprise SOS Frelons Béarn, l’expert David Chauvelot sensibilise le public aux bons gestes pour limiter l’expansion de cet insecte devenu un enjeu écologique et sanitaire.
Arrivé en France au début des années 2000, le frelon asiatique (Vespa velutina) s’est rapidement imposé comme l’une des espèces invasives les plus redoutées. Détecté pour la première fois en 2004 dans le Lot-et-Garonne, il a colonisé en moins de vingt ans la quasi-totalité du territoire métropolitain, porté par des conditions climatiques favorables et l’absence de prédateurs naturels.
Une présence bien installée en Béarn
Chaque été, les colonies peuvent compter plusieurs milliers d’individus et consommer des quantités impressionnantes d’insectes. Un seul nid peut capturer jusqu’à 11 kg de proies pour nourrir ses larves, dont de nombreuses abeilles. Cette prédation inquiète particulièrement les apiculteurs. Le frelon asiatique peut décimer un rucher en quelques jours et contribuer à la disparition d’une part importante des pollinisateurs, déjà fragilisés par d’autres pressions environnementales. Dans ce contexte, les initiatives locales se multiplient pour mieux informer la population à l’instar du Haut-Béarn qui vient de créer un comité de défense intercommunal contre le frelon asiatique. Réunions publiques, campagnes de signalement des nids et actions de piégeage participatif se développent dans de nombreux villages depuis l’adoption, en 2025, d’un plan national de lutte contre la prolifération de l’espèce.
Comprendre l’insecte pour agir au bon moment
À travers ses interventions et son entreprise de désinsectisation SOS Frelons Béarn, David Chauvelot s’inscrit dans cette dynamique de sensibilisation. L’objectif : expliquer le cycle de vie du frelon asiatique, largement influencé par la météo et les saisons. Au printemps, par exemple, les reines fondatrices sortent d’hibernation pour construire les premiers nids. C’est à ce moment-là que les actions de piégeage peuvent être les plus efficaces pour limiter la formation de nouvelles colonies. Lors des réunions publiques, l’expert délivre également des conseils pratiques aux habitants. Parmi eux, la fabrication de pièges artisanaux, utilisant un mélange de vin blanc, de bière brune et de sirop de grenadine, parfois complété par une source de protéine comme un morceau de viande ou de sardine. L’enjeu est aussi pédagogique : apprendre à distinguer le frelon asiatique du frelon européen, moins agressif et protégé, et adopter les bons réflexes en cas de présence dans un jardin ou à proximité d’une habitation. Car au-delà de la lutte contre un prédateur redoutable pour les abeilles, David Chauvelot rappelle une idée essentielle : tous les insectes jouent un rôle dans l’équilibre de la biodiversité. Comprendre le frelon asiatique, insistet- il, reste la première étape pour apprendre à limiter son impact sans céder à la panique.
■ C.N.


















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