« L’esprit d’entreprendre est bien présent à Pau et en Béarn ». S’il en est un qui est bien placé pour dresser ce constat, c’est assurément Olivier Farreng. Le patron d’Hélioparc est aussi celui du réseau national Retis, qui réunit notamment toutes les technopoles de France et près de 12 000 sociétés innovantes.
Chaque année, près de 75 porteurs de projets se présentent à Hélioparc pour créer leur entreprise. Nous en sélectionnons une vingtaine environ. On en voit toujours plus quand il y a des crises. Ce sont des moments propices à la création d’entreprises. En période de turbulence, quand ils ne sont pas bien dans leur emploi, certains salariés se disent que c’est le moment de se lancer. Le rôle de la Technopole est de les accompagner dans leur projet entrepreneurial », souligne le directeur général de la Technopole paloise, Olivier Farreng.
Pour ce féru d’histoire, le Béarn est même fertile en matière d’entrepreneuriat. « Notre territoire n’a jamais connu de catastrophe industrielle comme la fin de la sidérurgie ou du textile. En revanche, nous avons eu deux phénomènes majeurs : la découverte du gisement de gaz à Lacq et l’arrivée de tout un pan de l’aéronautique française, au moment de la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, il y avait eu cent ans d’activités touristiques avec les Anglais. Même si ce territoire est un peu béni des dieux, ça ne nous a jamais empêchés de nous poser des questions, de préparer l’avenir, d’entreprendre ».
Avec Hélioparc en symbole de cet esprit d’entreprendre. Parce que dès les années 80, soit 25 ans avant la fin du gisement de Lacq, les élus locaux et le groupe pétrolier Elf se sont mis autour de la table pour préparer l’après-gaz, créer de la richesse, des nouveaux cycles économiques. « C’est de cet esprit d’entreprendre qu’est née la Technopole Hélioparc ».
170 entreprises et 1 700 salariés
Avec son campus situé à deux pas de l’Université, Hélioparc est le véritable bras armé de l’Agglomération de Pau en matière d’innovation. Ici, on dénombre près de 170 entreprises technologiques et innovantes et 1 700 personnes, réparties entre une trentaine de start-up, 120 PME et quelques dizaines de grands groupes. Les start-up sont accompagnées, coachées, financées, formées, mises en relation.
C’est suffisamment rare pour le souligner, il y a en ce moment des espaces disponibles pour accueillir des TPE/PME au sein d’Hélioparc.
« Pendant des années, nous étions victimes de notre succès et nous n’avions que très peu de place. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, pour une raison simple : trois pépites, parmi les plus belles
histoires nées ici, nous quittent pour accéder à la propriété, chose que nous ne proposons pas. Arverne, un des futurs grands français de la géothermie coté en Bourse, Febus Optics qui conçoit des systèmes de capteurs à fibre optique et Real Time Sismic, vont libérer 1 500 m2 ». Olivier Farreng rappelle que le « campus d’Hélioparc, c’est aussi de nombreux services : restauration, salles de réunion, conciergerie, site sécurisé, espaces de détente, parking et toutes les animations ». Envie de profiter de l’écosystème vertueux de la Technopole ? Foncez !
Logées dans des espaces thématiques dédiés entre IA, géosciences… L’incubateur Greenov, centré sur les sujets liés aux transitions écologiques et énergétiques, connaît un franc succès.
« J’ai l’impression que c’est un phénomène équivalent à celui que l’on a connu avec le digital dans les années 2000. On voyait des vagues d’entrepreneurs qui venaient créer leur société dans le numérique. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience très forte sur les sujets en lien avec le risque climatique et nous avons beaucoup de projets très divers, de la gestion de déchets à la géothermie, des batteries électriques aux moteurs hydrogène ».
Réussite assurée à la Technopole
Aux côtés des start-up, 120 à 130 PME bénéficient, elles aussi, de l’écosystème technopolitain. Parce que tout est plus facile ici ! « Nous avons moins de défaillances qu’ailleurs ». Naître et se développer dans l’univers de la Technopole est un vrai atout. En France, une entreprise sur deux ne voit pas son 5e anniversaire.
Sur le même délai, dans une Technopole, 9 entreprises sur 10 survivent. Tout ça parce qu’elles sont accompagnées. « L’autre clé pour passer les caps difficiles, c’est l’innovation, en se différenciant des autres, par des produits disruptifs ou par des innovations d’usage ou de service ».
Facile aussi parce que la proximité avec tous les acteurs du financement de l’innovation est réelle, entre ADI, le Pôle Avenia, le Réseau Entreprendre, les Business Angels… Signe de la dynamique propre à Hélioparc, on a comptabilisé près de 300 embauches dans les diverses sociétés de la Technopole, en 2024 !


















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