« En 2026, nous continuerons d’agir avec constance, efficacité et exigence pour la vitalité de notre territoire. »
À l’aune des élections municipales et dans un contexte national où la responsabilité budgétaire s’impose, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier se veut rassurant. Agriculture, santé, éducation, emploi, sécurité et aménagement du territoire restent les grands sujets de l’année qui démarre.
Crises climatiques, sanitaires, économiques… que fait l’État face aux difficultés de nos agriculteurs ?
En complément des 152,2 millions d’euros déjà versés dans le cadre de la Politique Agricole Commune, l’État a ajouté près de 5 millions d’euros pour nos agriculteurs en 2025, notamment contre la fièvre catarrhale ovine dans les Pyrénées-Atlantiques, ce qui représente en moyenne 20 000 euros par exploitation. Concernant la vaccination contre la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse) des bovins, notre objectif était de vacciner plus de 200 000 bovins dans l’intégralité du département d’ici la deuxième quinzaine de janvier. À ce jour 88 % sont vaccinés et 25 % sont immunisés. Notons que malgré certains débordements (80 000 € de dépense pour nettoyer les détritus accumulés sur les autoroutes) et la crise qui continue, le dialogue n’a jamais été rompu et plutôt de qualité avec les agriculteurs.
La viticulture, touchée par l’importante sécheresse bénéficie aussi d’un accompagnement spécifique. Une indemnité de solidarité nationale a été activée pour les grandes cultures, notamment le maïs. Avec le président du département, nous avons organisé en novembre les premières Assises de l’eau qui ont réuni élus, associations, acteurs industriels et agricoles pour réfléchir sur une gestion plus durable des ressources. Nous travaillons aussi sur la bonne utilisation de la biomasse (matière organique qui vient des animaux, des cultures et des forêts nombreuses dans les Pyrénées). Toutes ces actions témoignent d’une volonté claire de rester aux côtés de nos agriculteurs de défendre une agriculture qui demeure un pilier essentiel de notre territoire.
En matière de santé, le département est-il sous tension ?
Les premiers France Santé – dispositif qui permet de faciliter l’accès aux soins du quotidien et d’obtenir un rendez-vous en 48 heures si nécessaire avec un professionnel de santé à moins de 30 minutes de son domicile – seront labellisés en ce début d’année. 2026 marquera l’arrivée de médecins juniors – des étudiants de 4e année de médecine – qui viendront renforcer les cabinets médicaux, notamment dans le Nord-Est Béarn, Orthez et Garlin. Notre inquiétude se porte plus aujourd’hui sur les cliniques Marzet et Navarre qui sont en grande difficulté économique et souffrent d’une mauvaise gestion. Il faudra impérativement trouver une solution.
Quelles industries béarnaises vont recruter en 2026 ?
En Béarn, le bassin de Lacq qui a été labellisé Site clés en main connaît une véritable renaissance grâce à la mobilisation des acteurs locaux et au soutien exceptionnel de près de 155 millions d’euros du programme France 2030, conçu pour accélérer l’industrialisation du pays.
Ces investissements vont créer plus de 1 800 emplois et accompagner l’essor d’un écosystème industriel d’avenir à l’image de l’usine Toray qui produit des fibres carbone, des projets NACRE et E-CHO qui développent des carburants non issus du pétrole ou de Carester qui engage le territoire dans le recyclage des terres rares. Toutes ces industries se sont aussi engagées dans une démarche zéro carbone à l’horizon 2050 et c’est un grand chantier que nous allons activement suivre.
L’État a-t-il envisagé des formations spécifiques pour des jeunes désireux de rentrer dans le secteur industriel ?
Absolument. La formation par apprentissage se développe par exemple dans l’aéronautique, un secteur clé pour l’économie locale et l’industrie de défense. En Béarn, grâce au soutien de l’État, Cami Aéro (Safran Bordes) a ouvert ses portes et accueille ses premières promotions avec des formations permettant aux jeunes d’apprendre des métiers très recherchés. Celles ci permettent ainsi de donner aux entreprises locales les compétences nécessaires pour soutenir le réarmement et le développement de la filière aéronautique.
Autre point : le démarrage du service militaire volontaire qui a été lancé le 12 janvier. À travers le cadre structurant des valeurs militaires, ils pourront acquérir les clés qui leur permettront d’accéder à l’emploi dans plus de 50 métiers dans quatre grands secteurs : agriculture, agroalimentaire et restauration ; BTP, constructeur, électricité et métallurgie ; services aux entreprises, aux personnes et sécurité ; logistique, automobile et machines.
Mobilité : quels sont les futurs projets ?
Le RER de Dax à San Sebastian, un projet régional que l’État cofinance. Avec ses 33 gares sur 230 kilomètres, ce futur réseau offrira un train toutes les 30 minutes. Ce projet comportera la réhabilitation complète des gares de Biarritz et Hendaye ainsi que la réouverture de la gare de Bidart, en 2029. Concernant le ferroutage, la compagnie maritime bretonne Brittany Ferries ouvre une nouvelle liaison entre Mouguerre et Cherbourg, avec un soutien de 20 millions d’euros de l’État.
Chaque remorque transportée par rail réduit la circulation routière et les émissions de CO2, soutenant une logistique durable et moins polluante entre le Sud-Ouest et le Cotentin. Concernant la RN134, des travaux se poursuivront d’ici 2028 pour moderniser la route entre Bélair et Oloron. Enfin, la haute Vallée d’Aspe se reconstruit après les intempéries de septembre 2024. 5 millions d’euros ont été mobilisés pour les quatre communes touchées : route rétablie dans un temps record, usine hydroélectrique redémarrée, pistes pastorales réaménagées.
Sur le plan de la sécurité, quels sont les enjeux de 2026 ?
En 2025, nous avons beaucoup travaillé sur la question d’immigration. Nous avons durci notre dispositif à la frontière espagnole et obtenu une baisse du flux d’entrée de 38 %, grâce aussi aux Espagnols qui ont renforcé leur politique migratoire. Mais ce qui nous est arrivé comme une déferlante c’est la cocaïne. Des enquêtes sont en cours, Cela prend énormément de temps.
Enfin, à l’approche des municipales, la commande publique restera-t-elle un levier efficace de politique publique ? La situation économique des communes du département est globalement bonne. Il y aura autant de projets cette année qu’en 2025.
■ Propos recueillis par Catherine Nerson


















0 Comments