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Jurançon : que signifie concrètement le classement en zone montagne ?

Quelles sont les conséquences du classement partiel de Jurançon en zone défavorisée montagne, en avril dernier ? Sept mois après, retour d’expérience avec Jean-Luc Bazaillacq, éleveur et viticulteur sur les coteaux.

De la vigne, des vaches, des coteaux… En avril dernier, les 2/3 de la commune de Jurançon, soit les coteaux, ont été classés en zone montagne (l’intitulé exact est zone défavorisée montagne, NDLR) par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Pour ceux qui y travaillent, c’était une évidence. « La reconnaissance de l’appartenance de Jurançon au piémont pyrénéen n’est pas usurpée, c’est important pour la vigne comme pour l’élevage » lance Jean-Luc Bazaillacq, dernier éleveur laitier de la commune de Jurançon et viticulteur dans l’appellation. « C’était une injustice, car Gan et Saint-Faust étaient passés en zone montagne, pas Jurançon. Dire que la chapelle de Rousse n’était pas en zone montagne, c’était tout à fait injuste ! Il suffit de regarder nos paysages. » Blanchie par les premières neiges, la carte postale depuis son exploitation ne prête pas à confusion. Installé dans la vallée de Las Hies, dite la Vallée des Filles, Jean-Luc Bazaillacq est éleveur laitier en GAEC – le GAEC permet la mise en commun des bâtiments, du cheptel (100 vaches adultes et 100 jeunes), des moyens de production et des terres pour produire – avec son fils Jérémy et avec Damien Jouanchicot. Par ailleurs, il cultive avec sa femme et son fils quatre hectares de vignes en appellation Jurançon petit et gros manseng, soit une production de 15 000 bouteilles par an. « Ici ça grimpe drôlement. Il y a vraiment des contraintes dues au relief et à la pente, même si cette dernière est aussi un atout pour drainer les parcelles. Travailler un hectare de vignes à Jurançon, c’est l’équivalent de trois ou quatre à Bordeaux sur du plat ! Et puis dans l’appellation Jurançon, on ne peut pas utiliser de machine à vendanger. La localisation en zone montagne, c’est du soutien concret pour nos activités. Et je dois souligner l’investissement de la mairie de Jurançon et de son maire Michel Bernos pour avoir porté ce dossier complexe » ajoute l’éleveur.

Des aides concrètes

Avec ce classement en zone montagne, les contraintes liées au relief sont compensées pour que les agriculteurs restent. « Sur Jurançon, on a de petites exploitations. La zone montagne, cela veut dire des aides spécifiques, par exemple des aides bancaires plus faciles pour les investissements en matériel. Cela peut se cumuler avec les financements des plans de modernisation Région/État/ Europe qui peuvent monter jusqu’à 50 % pour de l’achat de matériel mutualisé dans les coopératives. Pour nous, cela va se concrétiser par l’achat de tracteurs plus performants et plus sécurisés. » Une autre conséquence du classement a trait au capital humain. « Les aides montagne vont nous permettre d’embaucher des salariés, de mieux les rémunérer et les former. Le pari, c’est d’arriver à garder des salariés sur le territoire. Dans nos coteaux très en pente, on trouve peu de gens pour venir travailler » ajoute l’éleveur. Un autre enjeu est de faciliter l’installation des agriculteurs. « Pour un éleveur, la PAC, qui est nuancée bien sûr par l’historique de l’exploitation, va du simple au double entre un classement en zone plaine ou montagne. Tout jeune qui s’installe en zone montagne à Jurançon a une dotation “jeunes agriculteurs” financée par un fonds français et européen et accordée en fonction de l’étude de viabilité du projet. C’est un vrai coup de main. » Pour Jurançon, ce coup de pouce devrait se concrétiser bientôt. « Quand je me suis installé en 1983, il y avait 11 producteurs de lait à Jurançon, on est aujourd’hui les derniers ! Grâce au classement, il y a déjà trois projets de jeunes agriculteurs qui veulent s’installer sur la commune, dont deux ne sont pas issus du milieu agricole. C’est une très bonne nouvelle. Les coteaux sans l’élevage ne seraient pas tout à fait les coteaux ! » Dont acte.
■ Nathalie Faure


Le classement partiel de Jurançon en zone montagne apporte aides et soutien aux viticulteurs et éleveurs. Retour de Jean-Luc Bazaillacq.

Sur la route de… Jurançon

Pour cette 28e édition des portes ouvertes, les domaines ouvrent leurs chais et dévoilent leurs savoir-faire le dimanche 14 décembre, de 10 heures à 18 heures. Au domaine Bazaillacq, il y aura dégustation de jurançon sec et moelleux, châtaignes grillées, plus de 500 personnes à table et une banda pour la bande-son. Ici, comme chez les autres indépendants, on peut rencontrer les vignerons, découvrir leurs nouvelles cuvées, se régaler des marchés gourmands, réserver des repas mets & vins et profiter des nombreuses animations. Programme complet sur vins-jurancon.fr


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domaines seront ouverts pour ce dimanche 14 décembre consacré à la Route des Vins du Jurançon. Cet événement qui s’impose comme l’un des majeurs de l’appellation, rassemble depuis près de trente ans des milliers d’amateurs. Une route de la diversité qui passe par Abos, Artiguelouve, Aubertin, Cardesse, Cuqueron, Jurançon, Lahourcade, Lasseube, Lucq de Béarn, Mazères-Lezons, Monein et Saint-Faust. À noter que certains domaines sont accessibles en bus, une très bonne initiative.


Le plus gros impact du classement en zone montagne, c’est de garder des agriculteurs, d’attirer des jeunes, de créer un beau milieu naturel pour les urbains.

Jean-Luc Bazaillacq, avec sa femme et son fils, lors de la remise d’un prix au Concours général agricole en 2024.

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