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Margaux Malnou et Anthony Nesme - Maison Malnou Piments Du Béarn
Pas de (piments) fumés sans eux !

Les piments tous fous, tout flamme et fumés, c’est la signature de Maison Malnou installée à Poey-de-Lescar. À sa tête, Margaux Malnou et Anthony Nesme. Ce sont eux qui sèment, entretiennent, récoltent, sèchent, fument, emballent et commercialisent le piment qui a su relever le Béarn.

Ces deux-là sont piqués de piment. Et Béarnais pure souche. Chez eux le piment est bien plus qu’une plante potagère et condimentaire. C’est une passion, un savoir-faire, une tradition familiale. À la genèse de Maison Malnou Piment du Béarn, une histoire incroyable. Tout commence en 1872 lorsque l’aïeul de Margaux, postillon de métier a dû se réinventer après la perte de son travail. Conducteur de diligence, il était chargé de guider les attelages sur les routes et de transmettre les messages. Un rôle crucial avant l’avènement du transport motorisé. À l’arrivée des premiers trains, le métier meurt. « En compensation, il a obtenu une licence de tabac et d’alcool et a ouvert un bar-tabac Le Postillon, explique Margaux, qui devient vite (et est toujours) un lieu de rencontre et de commerce pour les habitants et voyageurs. Au fil des générations, ma famille a diversifié ses activités et a été la première du village à installer le téléphone, un bar-tabac et à proposer le journal local. Dans les années 50, une auberge est née, proposant des repas – garbures et autres plats typiques du Béarn – assaisonnés au piment que ma famille avait commencé à cultiver pour sa propre consommation, le poivre étant très cher à l’époque. » De fil en aiguille, cette culture du piment a toujours fait partie du quotidien de la famille Malnou. « Un vrai hobby ! Mon père, ingénieur dans la vie, aimait lui aussi s’occuper de ses plans et particulièrement du séchage. Un jour de 1998, alors qu’il fumait du poisson, une coupelle de piments tombe dans le fumoir artisanal sans qu’il s’en aperçoive. Il venait d’inventer sans le savoir le piment fumé du Béarn ! »

Pimenter la vie

Margaux et Anthony se sont rencontrés sur les bancs d’une école de commerce et sont tombés amoureux. Ils ont profité de leur jeunesse pour voyager, l’Asie, l’Espagne… Et le retour en France en 2015. « On ne savait pas quoi faire de notre vie. Et puis l’idée de faire quelque chose avec ce piment fumé nous est apparue comme une évidence. On avait des champs et mon père pour nous guider. Alors qu’est-ce qui nous empêchait de nous lancer ? » Partis d’une feuille blanche et relevant leurs manches, ils sont revenus à la source, mixant les deux activités de la maison. Le bar-tabac, qui reste fidèle à ses origines et la production de piments. D’une cinquantaine de pieds, ils sont passés dès la première année à 2500, soit 250 kilos de poudre qu’ils ont mis en vente dans leur bar-tabac. Un succès auprès de leur clientèle fidèle et celle de passage. Au cours des années, ils se sont perfectionnés, ont investi, amélioré le processus de séchage : « Nos piments sont séchés à basse température afin de préserver leurs saveurs organoleptiques naturelles mais leur singularité c’est qu’ils sont fumés à diverses essences de bois (hêtre, laurier ou figuier), ce qui apporte une profondeur unique à nos produits. »

Révéler l’entreprise

Aujourd’hui environ 40 000 pieds sont plantés. « Le piment a besoin de chaleur, de soleil et d’humidité. Nous avons tout ça en Béarn ! Nous achetons les graines – sauf celles de notre produit phare le Gorria, un piment modérément épicé avec un piquant de 4/10 que l’on cultive depuis 10 ans. Nous privilégions les circuits courts, le bio et diversifions nos variétés. » Parmi les petits nouveaux, le Scorpion Habanero (dont la pointe ressemble à un dard de scorpion), est réservé aux amateurs de sensation forte voire brûlante (avec un piquant de 8 à 9/10) ; le Aji Amarillo du Pérou a des notes de fruits de la passion (6/10), le Nouveau Mexique des saveurs citronnées, « c’est le préféré des enfants (2/10). » Côté communication, Margaux et Anthony, tels des soldats de feu en bouche, sont partis toquer aux portes des artisans locaux. Pierre Biraben fut le premier à leur faire confiance, « son pâté au piment Maison Malnou a été récompensé au Concours général agricole » mais aussi Thierry Pardon et sa salaison à Coarraze « il a changé sa recette d’andouillette pour mettre notre piment ! » ou encore des chefs étoilés à l’instar de Stéphane Carrade à Arcachon, Michel Sarran à Toulouse ou d’autres en Béarn : Nicolas Lormeau (l’Esberit) à Bizanos, David Ducassou (Cap é Tot) à Morlanne. « Nous avons également élaboré des produits dérivés (gelées, confit d’oignons, purée de piment, sel de Salies au piment…) ainsi que toute une gamme de sauces pimentées pour accompagner viande, légumes ou poisson. Des produits que l’on retrouve au Postillon de Poey-de-Lescar bien sûr mais aussi dans leur boutique du quartier des Halles de Pau. Passée d’un chiffre d’affaires de 48 000 euros en 2015 à 300 000 en 2024, Maison Malnou espère atteindre les 450 000 euros d’ici fin 2026 avec l’objectif de continuer à produire de nouvelles variétés, trouver de nouveaux partenariats avec des chefs et de vendre leur piment fumé au-delà du Béarn. Espelette peut aller se rhabiller.

■ Catherine Nerson

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