pixel

Christian Gaurrat, Dirigeant
Pépinières Gaurrat – Auprès de mon arbre

Souci du détail, précision, esthétisme, écoute, respect de l’environnement, sont les maîtres mots de Christian Gaurrat à la tête de l’entreprise familiale Pépinières Gaurrat lovée à Buros depuis 60 ans. Ce passionné de nature a fait des érables du Japon sa signature et de la patience sa philosophie.

Christian Gaurrat n’est pas un homme à la tête de chou. Lui, ce serait plutôt un homme à la tête… d’érables du Japon, sa spécialité. L’Acer palmatum plus exactement qui symbolise au Pays du Soleil levant, la paix, la longévité et la prospérité. Pas un hasard si depuis la création de la pépinière par son père Jean, ces trois mots semblent résumer la philosophie de la plus grande entreprise de Buros. « C’est ici, en 1965, sur un terrain de 4 000 m2 que mon père, fils d’agriculteurs, a fait pousser ses premiers arbustes : des thuyas, des lauriers, destinés aux haies. Il avait choisi des cycles rapides pour être sûr de vendre. Très vite, il a su attirer une clientèle de particuliers désireuse d’avoir un espace extérieur verdoyant. » En 1971, Jean Gaurrat loue un terrain de 6 000 m2 pour développer les cultures ainsi que l’activité création de jardins. « En 1973, la pépinière s’étendait sur deux hectares. Aujourd’hui, nous produisons sur trente-cinq hectares une grande partie des plantes que nous commercialisons. »

La folie des bonsaïs

Frais émoulu de l’école et centre de formation Espaces verts et jardin de Montardon, Christian rejoint l’entreprise en 1982. Un peu avant, à 17 ans, il accompagne son père à la Foire internationale de Paris. « Je suis tombé en admiration devant une forêt d’érables du Japon miniaturisés. C’était d’une poésie incroyable. Comment pouvait-on faire un truc pareil ? » Le stand appartenait à Rémy Sanson, maître du bonsaï en France. Cet horticulteur a consacré plus de 40 ans de sa vie à l’entretien de 40 000 spécimens dans ses serres et jardins de Châtenay-Malabry. En rentrant, Christian demande à son père de lui céder quelques centaines de mètres carrés pour se lancer dans l’aventure et créer un laboratoire d’essais. Aujourd’hui, quand on débute dans l’art du bonsaï, les ressources de documentation, d’achat, les conseils d’experts sont facilement accessibles. Dans les années 80, c’était loin d’être le cas. Véritable fusion entre la nature et la créativité humaine, témoignage de l’ingéniosité et de la maîtrise artistique, les bonsaïs de Christian ont su captiver les visiteurs curieux. « J’étais parvenu à en avoir un millier en culture, 15 000 à 20 000 en production. Pendant 10 ans, jusqu’en 1995, tout le monde (s’)offrait ces arbres miniatures. C’était la folie ! » Christian avait même aménagé un camion pour aller vendre ou livrer à des revendeurs presque partout en France ces petits chefs-d’oeuvre de créativité.

L’érable du Japon en majesté

En parallèle, à 31 ans, et bien que les bonsaïs aient fait grandir la pépinière, Christian reprend l’activité d’entrepreneur de jardin. « On ne voulait pas que les bonsaïs empiètent sur les autres cultures. Et nous savions aussi que l’effet de mode passerait. » En 1996, la SARL Pépinières Gaurrat est créée. « Lorsque je suis sorti du lycée, en 1981, mon père avait deux salariés. En 96, ils étaient 5. Aujourd’hui, nous avons 25 employés pour un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros. Nous avons su faire les bons choix, sans aller trop vite. Il faut dire aussi que la pandémie de Covid a joué en notre faveur. Les gens se sont mis à jardiner. » Entouré de sa femme Marie- Claire « qui s’occupe de faire les bébés d’érables de toutes sortes » et de son fils Alexandre, entré au capital de la société l’année dernière, Christian ne déroge pas à sa ligne de conduite. « J’ai toujours fait en sorte de faire ce que ne font pas les autres. J’avais dit à mon père qu’il fallait se lancer dans la production de gros érables du Japon dont je savais qu’ils s’adapteraient parfaitement à notre climat. » Le résultat est là : avec une collection de plus de 100 variétés dont 90 en production, Gaurrat est devenu le plus gros producteur français d’Acer palmatum cultivés en pleine terre. « 60 % de ces arbres ainsi que d’autres espèces sont vendus à des pépiniéristes européens, ce qui représente 40 % de notre chiffre d’affaires annuel. Nos deux autres activités sont la vente aux particuliers et la création de jardins, la vente aux professionnels et aux collectivités. Nous avons aussi été amenés à nouer des partenariats avec des pépiniéristes à l’étranger afin de pouvoir proposer une gamme d’arbres et d’arbustes à (oliviers, lauriers roses, palmiers…) toujours plus large et au meilleur prix. C’est simple, tout ce qui vit plus d’un an et qui va dans un jardin est chez nous ! » Tout ou presque.

De l’importance du climat

Christian a vu son métier de pépiniériste et paysagiste fortement évoluer ces dernières années. En cause, le dérèglement climatique. « Nous avions un modèle de climat océanique très régulier. Au fil des années, les épisodes de chaleur sont plus longs, les périodes de temps secs plus fréquentes. Nous sommes amenés à arroser de plus en plus. Trois semaines sans pluie, une plante commence à crier ! On ne met plus en terre une plante si on n’est pas capable de l’arroser. Il y a aussi les gels de printemps mais surtout des averses de grêle très marquées. » Pour remédier à ces problèmes, Christian a dû recourir à l’agrivoltaïsme, avec des ombriéres photovoltaïques qui combinent production d’énergie solaire et exploitation horticole sur une même parcelle. « On a mis en place un premier champ de 3,4 hectares. » L’organisation du travail se fait également en fonction de la météo : « À 2/3 jours, j’arrive à cerner une tendance. » L’amour des plantes, il l’a dans ses gênes et a su l’insuffler à son équipe et à son fils qui prendra bientôt la relève. « Les gens connaissent notre savoir-faire et apprécient l’état d’esprit des Gaurrat : professionnalisme et simplicité dans notre façon d’être. Nous sommes reconnus par nos pairs comme étant de bons pépiniéristes. C’est notre plus grande fierté. » Auprès de ses arbres, Christian vit heureux. ■ Catherine Nerson

Partager :

0 Comments

Submit a Comment

Le fil Infos

Abonnement au journal d'annonces légales Les Petites Affiches Béarnaises et des Pyrénées-Atlantiques - abonnements petites affiches 64

Entrepreneurs d’ici

Publier
une annonce

S’abonner

Hebdomadaire habilité à publier les annonces légales pour le Département des Pyrénées-Atlantiques, le Béarn et le Pays Basque.

  Du lundi au vendredi :
9h-12h30 / 13h30-17h30

10 rue de Foix – 64000 PAU

  [email protected]

  05 59 27 37 03