Derrière l’acronyme – Programme opérationnel de coopération territoriale Espagne-France-Andorre – se cache un dispositif financé par l’Europe. Son objectif ? Encourager des projets transfrontaliers. Le 64 est en première ligne.
Innovation, transition écologique, santé, inclusion sociale, tourisme durable : le champ d’intervention du Poctefa est large. Financé par l’Europe, ce dispositif transfrontalier est un des principaux leviers économiques pour les territoires de part et d’autre des Pyrénées : la France, l’Andorre et l’Espagne. Pour le plan interrégional – Interreg VI – qui s’achève en 2027, un dernier comité de sélection des projets s’est réuni à Toulouse fin 2025. 116 projets transfrontaliers ont été examinés et 76,6 millions de financement Feder* ont été attribués sur la totalité du territoire transfrontalier franco-espagnol.
Des enjeux partagés
47 projets impliquant des partenaires des Pyrénées-Atlantiques et des structures espagnoles ont été retenus. Sur les 37,2 millions d’euros mobilisés, 24,4 millions bénéficient directement au 64. Un résultat qui illustre la capacité des acteurs locaux à construire des partenariats pérennes avec l’Euskadi, la Navarre et l’Aragon. Le programme Poctefa repose sur une logique simple : répondre collectivement à des enjeux communs.
Un levier d’innovation
Dans le 64, cette ambition se traduit par une forte dynamique d’innovation. Une carte jouée, entre autres, autour de l’UPPA, de l’ESTIA, du Port de Bayonne et d’industriels. Quelques exemples : Arkema développe des batteries organiques solides pour la mobilité et le stockage d’énergie durable (projet Transborder) et des monomères biosourcés avec l’UPPA (Remap). L’université travaille aussi avec Aéroprotec pour la mise au point au point de revêtements métalliques durables pour l’industrie du transport (Met-Suscoat). Le projet H2Baiona vise le lancement d’un écosystème d’hydrogène vert autour du port de Bayonne et de Teréga Solutions. La transition écologique constitue un autre pilier majeur du programme. Le Service départemental d’incendie et de secours du 64 développe des systèmes d’alerte face aux crues et chutes de blocs en montagne (Riskrapid). PyreNeit vise la protection du ciel nocturne et de la biodiversité nocturne dans le massif pyrénéen avec Pays de Béarn-Pôle métropolitain. Plusieurs projets traduisent une volonté d’apporter des réponses concrètes aux effets du changement climatique. L’agriculture est bien sûr concernée : projet d’accompagnement à l’installation de nouveaux exploitants, recherche sur les maladies virales aviaires ou la réduction d’antibiotiques dans les élevages ovins, bioraffinerie à base d’algues et de spiruline pour réduire la dépendance aux protéines traditionnelles… En marge de l’innovation, le Poctefa finance aussi des projets à forte dimension humaine. Doté d’une des enveloppes les plus importantes (3 millions d’euros), Saniprox lutte contre la désertification médicale dans le Haut-Béarn, grâce à la création d’une maison de santé transfrontalière. Insertion professionnelle, formation des personnes en situation de handicap, accompagnement des aidants ou des personnes âgées, économie circulaire, sont concernés par la dotation.
Le tourisme et la culture aussi
La valorisation de la culture, des paysages, du pastoralisme et de la biodiversité n’est pas en reste. Autour du CD 64, de l’Établissement public des stations d’altitude, d’Arette et Aramits, de l’ADT 64, de l’Office du Tourisme Haut-Béarn, du SIVU La Verna, le projet Larra la Piedra Dinaval 360 est dotée de 3,23 M€. Chemins de randonnée, patrimoine militaire, mémoire historique et féminine, le territoire est pensé comme un espace commun, au-delà des frontières administratives. À Biarritz, c’est le ballet Malandain qui est soutenu dans sa création artistique. Le message est clair : le 64 dispose d’atouts en matière de vision transfrontalière. Plus qu’un guichet de financement, le Poctefa apparaît alors comme un outil stratégique pour l’avenir du territoire.
■ Nathalie Faure
Un axe France-Espagne
Le Programme opérationnel de coopération territoriale Espagne-France-Andorre est européen et financé par le Fonds européen de développement régional (Feder). Collectivités, universités, entreprises, associations, établissements publics peuvent candidater, à condition de construire un projet transfrontalier. Les thématiques couvertes vont de l’innovation à la transition écologique, en passant par la santé, l’agriculture, l’inclusion sociale, le tourisme durable et la culture. Cet Interreg VI est la 6e génération qui ambitionne de renforcer l’intégration économique et sociale de la zone. Les langues officielles sont l’espagnol et le français.
243
millions d’euros : c’est l’enveloppe totale du *Fonds Européen de Développement Régional (Feder) qui dote le Poctefa. Quelques exemples de dotations Feder : H2Bainoa (Port de Bayonne-Teréga) 1,37 M€ ; Met-Suscoat (UPPA, Aéroprotec) 707 028 € ; Remap (UPPA, Arkema), 677 451 € ; Saniprox (CD 64, SEPA, MSPO) 3 M€ ; Mithic (autour de la mémoire du camp de Gurs/UPPA, CD64, Pays de Béarn) 1,67 M€ ; Volver al Camino (ADT 64, CD 64, AFCC Lescar, Cette-Eygun), 1,66 M€.
C’est une belle programmation en faveur des acteurs du territoire des Pyrénées- Atlantiques qui, (…) inscrivent la coopération transfrontalière dans leur quotidien de vie, de travail.
Jean-Pierre Mirande, vice-président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, en charge de la Coopération transfrontalière, qui ajoute que « cette dynamique constitue un véritable levier de développement de nos territoires ».




















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