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Polyclinique Pau-Pyrénées : des réunions et une mobilisation d’ampleur

Ce lundi 11 mai, le devenir de la clinique Pau-Pyrénées a été au coeur de plusieurs réunions à l’initiative des services de l’État. Il faut dire que l’annonce, par le Groupe Bordeaux Nord Aquitaine, propriétaire de la polyclinique, d’une restructuration avec 161 licenciements a provoqué un séisme.

Depuis plusieurs jours, la météo paloise est incertaine et le ciel orageux. À l’image du sujet qui préoccupe le Béarn : l’avenir de la polyclinique Pau-Pyrénées (Navarre, Marzet) et de son personnel. Annoncés le 7 mai, veille de fête, lors d’une réunion du CSE, la restructuration présentée par le Groupe Bordeaux Nord Aquitaine, propriétaire de la clinique, et la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi accéléré ont fait l’effet d’une tornade. 161 licenciements (sur 542), la fermeture de la maternité à Navarre et des pôles oncologie de Marzet, la fin des urgences muées en antenne médicale d’urgence. L’annonce a immédiatement fait réagir et mobilisé services de l’État et élus. À l’instar de la réunion XXL organisée ce lundi à 17h par le préfet, Jean-Marie Girier, avec, entre autres, les deux délégations des organisations syndicales de la clinique, le directeur régional de l’ARS, des parlementaires, le maire de Pau. Peu avant la réunion, Jérôme Marbot a confié sa préoccupation. « Ce qui me guide, c’est que l’offre de soins, sur le territoire du Béarn et au-delà – car notre territoire de santé va au-delà – ne soit pas dégradée. » Au même moment, devant les grilles de la préfecture, une manifestation de près de 300 personnes dont le personnel de la clinique sonné par les annonces du 7 mai, rajoutait de l’ombre au tableau et de l’inquiétude au dossier.

Les services de l’État mobilisés

À 16h, devant la presse, et après une première réunion en matinée avec le groupe GBNA, le préfet Jean-Marie Girier et le directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode insistaient sur la mobilisation des services de l’État pour garantir la continuité de l’offre de soin sur un bassin de près de 450 000 habitants, répondre au besoin des patients et des parturientes et s’assurer de l’avenir des professionnels de santé. Rappelant qu’en dépit des difficultés financières connues de GBNA, le redressement judiciaire (depuis le 14 avril), les délais et le plan social n’avaient pas été évoqués. « Il y a eu un changement de cap de GBNA » a lancé Benoît Elleboode. En propos liminaire, le préfet Jean-Marie Girier a rappelé la « position ferme de l’État sur les enjeux de l’offre de soins sur le territoire béarnais » et précisé que « Bercy s’est emparé de ce dossier en déclenchant une procédure particulière d’accompagnement ». Sur les délais, le directeur général de l’ARS s’est voulu clair. « Redressement judiciaire ou pas, les choix se feront au rythme nécessaire pour la population et pour les professionnels. Ça suivra le calendrier qui préserve le patient. » Si septembre devrait signer la fin de la maternité à Navarre (600 naissances par an), la mutation des urgences en antenne médicale d’urgence, de jour, pourrait être plus rapide. Quant à l’oncologie médicale et aux soins de suite d’oncologie basés à Marzet, la date de juillet, qui avait circulé, a été retoquée par le directeur général de l’ARS. « Pas de fermeture totale en juillet, ça suivra le calendrier qui préserve le patient » avant de préciser que « pour l’instant, l’établissement respecte nos indications ». Et que l’hôpital de Pau est prêt « architecturalement » à absorber les naissances. Le directeur de l’ARS a annoncé la venue de docteurs juniors en gynécologie le 1er novembre. Le démarrage du PSE devrait se faire le 17 mai, puis le calendrier se précisera courant juin avec le juge-commissaire du tribunal de commerce. « Près de 50 licenciements pourraient concerner la maternité sur des soignants et des fonctions support » a évoqué Corinne Coulon, la directrice adjointe de la DDTES, la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités. À 19h25, le ciel palois s’est remis à gronder. Dehors, de la pluie et des larmes. L’éclaircie n’est pas pour tout de suite.

■ Nathalie Faure

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