Premier port régional, Bayonne se dote d’un second nom : le « Port de Lacq ». Une appellation qui tient à l’histoire industrielle du Sud-Ouest et qui perdure à l’heure de la décarbonation du bassin industriel béarnais.
Situé à l’embouchure de l’Adour et premier port de la région en tonnage, le Port de Bayonne représente 3 500 emplois directs et indirects sur le bassin de l’Adour, et 530 M€ d’impact économique sur le seul périmètre aquitain. Pièce maîtresse de l’économie du Sud-Ouest, il est spécialisé dans les marchandises en vrac – 40 % de produits agroalimentaires, 40 % de produits métallurgiques, 20 % de vrac divers. Il irrigue tout un arrièrepays industriel dont le bassin de Lacq. D’où son surnom de Port de Lacq, un résidu des années 50 et des découvertes gazières.
De l’âge du gaz à l’ère de la décarbonation
Gisement gazier et développement de la chimie ont contribué par le passé au développement du Port de Bayonne. Mais aujourd’hui, le bassin de Lacq s’est engagé dans une profonde mutation vers la décarbonation : captage et stockage du CO2, production d’hydrogène bas carbone, chimie verte, matériaux innovants. Cette reconversion industrielle génère de nouveaux flux logistiques – équipements, intrants spécifiques, exportations de produits à plus forte valeur ajoutée. Le Port de Bayonne a développé un savoir-faire sur les colis lourds, avec des grues à forte capacité. Utilisé pour l’import-export de marchandises via la connexion ferroviaire, le port muscle sa stratégie bas carbone. Il répond ainsi aux objectifs nationaux de report modal de « terre à fer », à savoir transporter 18 % du fret par le train en 2030 et 25 % en 2050, sachant que le taux de 9,8 % a été atteint en 2024. Pour cela un opérateur ferroviaire de proximité (OFP Sud-Ouest) a été initié.
Un levier de compétitivité pour Lacq
En 2025, première année de gestion sous l’égide de la Société Portuaire Port de Bayonne (SPPB), le trafic a progressé de 2,31 %, atteignant 2 156 444 tonnes. Le Port de Bayonne a investi 45 M€ pour préparer l’avenir : accompagner les changements industriels et les conditions d’une croissance plus durable fondée sur la modernisation des infrastructures et la diversification des filières. Sur le bassin de Lacq, les projets liés à l’hydrogène ou au captage du carbone supposent des chaînes d’approvisionnement robustes et des capacités d’exportation fiables. Le Port de Bayonne offre cette interface, en combinant maritime et ferroviaire et en se positionnant comme un maillon clé de la décarbonation dans le 64. Levier de l’industrialisation durable et de l’innovation logistique et énergétique, le « Port de Lacq », demeure l’extension naturelle d’un bassin industriel béarnais en pleine mutation.
■ N.F.


















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