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Pourquoi l’hydroélectricité manque de bras ?

86 % des entreprises hydroélectriques du 64 et du 65 peinent à recruter ces deux dernières années. Comment expliquer ce manque de candidat(e)s malgré les réels atouts d’un secteur en pleine évolution ?

Dans un contexte où la transition énergétique s’accélère, la filière hydroélectrique apparaît comme un secteur porteur d’avenir. Pourtant, elle fait face à une difficulté majeure : le manque de candidat(e)s. C’est ce que révèle une étude* récente commandée par les producteurs du bassin de l’Adour et réalisée par le pôle études de la CCI Pau Béarn. Cette enquête, menée auprès des acteurs locaux des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes- Pyrénées, met en lumière les enjeux de recrutement et d’attractivité des métiers de l’hydroélectricité, un secteur qui emploie directement plus de 750 personnes et mobilise plus de 6 000 emplois chez les prestataires et sous-traitants.

La pénurie de candidat(e)s est un phénomène qui touche l’ensemble de l’industrie française, mais elle est particulièrement marquée dans la filière hydroélectrique. Selon l’étude, 86 % des prestataires ont rencontré des difficultés de recrutement en 2023, un taux supérieur à la moyenne nationale. Cette tension s’explique par plusieurs facteurs : la faible visibilité des métiers, une concurrence accrue avec d’autres secteurs industriels comme l’aéronautique, et une évolution des attentes des jeunes générations.

Développer de nouvelles stratégies

Un sondage Ifop sur le rapport des Français au travail souligne que les salariés privilégient désormais davantage le temps libre que les conditions financières du contrat. Les entreprises hydroélectriques ont dû s’adapter à ces nouvelles exigences en développant des stratégies de fidélisation. Pour faire face aux enjeux actuels et futurs, elles ont renforcé leurs actions de communication et de sensibilisation. Ouvertures au public, visites scolaires, partenariats avec les établissements éducatifs et actions de terrain sont autant d’initiatives destinées à mieux faire connaître la diversité des métiers (allant des ingénieurs aux techniciens, en passant par les ouvriers spécialisés, gardiens ou exploitants de centrale) et attirer de nouveaux talents.

Recruter localement

Les recrutements se font dans les écoles de proximité comme l’Enit de Tarbes ou de manière très localisée par le « bouche-à-oreille » pour les gardiens et exploitants par exemple. Les candidat(e)s ont suivi des filières techniques, études complétées par l’apprentissage indispensable sur le terrain. La montée en puissance des élèves en BTS Protection de l’environnement témoigne de la prise en compte croissante des enjeux environnementaux dans la filière, liée à la gestion des rivières et à la préservation des milieux naturels. Car le métier des hydroélectriciens, c’est aujourd’hui de s’organiser et de s’adapter aux changements climatiques. Outre les compétences techniques (électricité, automatisme, informatique), les entreprises comme EDF Hydro Pyrénées et la SHEM recherchent des jeunes autonomes et curieux, qui savent travailler en équipe.

Modernisation et digitalisation

L’avenir de la filière hydroélectrique passe aussi par la modernisation des centrales et la digitalisation des métiers (intégration d’outils informatiques et digitaux pour limiter les interventions curatives coûteuses et complexes). Parallèlement, la modernisation des infrastructures génère un volume important de travaux, ce qui alimente les besoins en recrutement dans les années à venir. ■ *Elle s’inscrit dans le cadre d’Hydromeeting, les rencontres d’affaires de l’hydroélectricité, avec le soutien de l’ADEME.


86 % des entreprises hydroélectriques du 64 et 65 peinent à recruter ces deux dernières années. Comment expliquer ce manque de candidats ?

Le Béarn, terre fertile pour l’hydroélectricité

Très présente en Béarn, la production d’hydroélectricité possède de nombreuses unités de production dont plusieurs indépendants, comme Forces Motrices de Gurmençon qui possède 5 sites en Haut-Béarn et en Soule. La SHEM, Société hydroélectrique du Midi possède notamment les barrages de Castet, de Bious ou encore d’Artouste et assure une production qui équivaut à la consommation de 290 000 habitants. EDF Hydro Pyrénées, elle, gère 14 centrales hydroélectriques en Béarn, région qui représente la moitié de sa production, soit la consommation de 200 000 habitants.


20 %

C’est la consommation tension/basse-tension que représente en moyenne la petite hydroélectricité sur le territoire du Béarn, selon Xavier Casiot, président de France Hydro Électricité, syndicat national de la petite hydroélectricité. Pour lui, l’hydroélectricité est une réponse clé à la décarbonation du système électrique français et ces petites centrales hydroélectriques du Béarn jouent un rôle crucial dans la transition énergétique.


86 % des entreprises hydroélectriques du 64 et 65 peinent à recruter ces deux dernières années. Comment expliquer ce manque de candidats ?

« L’alternance à la SHEM représente 10 % de nos salariés (…) On a aussi 10 à 30 % d’alternants qui rentrent dans nos effectifs ensuite, en termes de transformation de CDI… »

Sophie Le Scaon, chargée de communication à la SHEM société hydroélectrique du Midi (groupe Engie) insiste sur la formation et le recrutement.

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