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Claudio Strobbia, dirigeant
Realtimeseismic, mélodie en sous-sol

Fondée et présidée par Claudio Strobbia, Realtimeseismic fête ses dix ans. Spécialisée dans l’étude du sous-sol, le traitement et l’imagerie de données sismiques, notamment pour le secteur de l’énergie, la société est devenue une référence et un des leaders de l’analyse du risque sismique. De Pau à l’Australie, elle déploie son expertise.

On travaille pour des États sur leurs projets stratégiques mais aussi pour un maraîcher suisse qui possède de nombreuses serres » lance fièrement Claudio Strobbia, président fondateur de Realtimeseismic. La start-up incubée à Hélioparc siège dans un bâtiment rutilant, entre l’UPPA et Hélioparc. Tout un symbole pour cette société qui fête ses dix ans. Pur produit local de la recherche et développement en géosciences, Realtimeseismic – RTS – est spécialisée dans le traitement et l’imagerie de données sismiques, notamment pour les secteurs de la géothermie, de l’hydrogène, du stockage carbone, des minéraux rares, du pétrole et du gaz ou encore de la géologie civile et environnementale.

Une intervention sur la phase d’étude

« RTS applique et adapte des méthodes qui viennent de l’exploration pétrolière aux nouvelles énergies, terres rares, minéraux stratégiques, géothermie. Concrètement, notre métier consiste à faire une échographie du sous-sol. La technique utilisée a été inventée avant l’échographie médicale et a plus de 100 ans ! » L’acquisition de la donnée du sous-sol se fait par le biais d’une source (un camion vibrateur) et de capteurs permettant aux géophysiciens de RTS, par le biais d’algorithmes et de calculs, de faire une imagerie du sous-sol en 2D ou 3D. L’approche RTS ? Optimiser les méthodes pour rendre les études plus accessibles. Faire plus vite et moins cher. « L’exploration pour les énergies nouvelles, c’est local, comme avec la géothermie, et chaque lieu est différent. C’est aussi un domaine souverain, donc stratégique. Les nouvelles énergies sont moins rentables pour les opérateurs. On doit travailler avec des contraintes, réduire les coûts d’exploration. » Un coeur de métier que cette pépinière très internationale de (jeunes) talents, ingénieurs physiciens, déploie de Pau à l’Australie, avec des clients locaux (Arverne, TBH2 Aquitaine), nationaux (TotalEnergies, Engie, EDF), internationaux (cantons en Suisse, sociétés nationales comme celle du Timor oriental).

Partager les connaissances, recruter les meilleurs

Recherche de solutions adaptées, pragmatisme, expérience, le dirigeant Claudio Strobbia a gardé les réflexes de l’enseignant qu’il est resté – il forme à la géophysique à l’UPPA. Transmettre, c’est la grande affaire de ce chercheur invétéré originaire de Turin dont il a gardé le chaleureux accent italien. Et l’humilité du sachant. Son parcours déroule une expertise longue comme une sonde posée à 10 km en sous-sol. Docteur en géophysique, Il a oeuvré à petite et grande échelle, pour la protection civile italienne, comme sur des terrains sismiques – le tremblement de terre au Pakistan en 2005. Embauché par Total, il atterrit à Pau, y construit son projet familial « mes enfants sont de vrais Béarnais ! » et professionnel, y lance RTS. Attentif à son interlocuteur, il s’épanouit à expliquer son métier, surtout aux non scientifiques, et à recruter les pépites de la discipline, de l’UPPA à Padoue, Grenoble ou Boumerdès en Algérie. De fait, RTS parle toutes les langues et accueille des collaborateurs saluant la capacité du patron d’être à l’affût des connaissances, jamais rassasié d’apprendre. « Je cherche toujours des meilleurs que moi, affirme Claudio Strobbia, et je bataille contre la rétention d’informations. » Son costume de manager, il l’a endossé avec l’approche du chercheur. Écouter, s’interroger, être précis, savoir déléguer. « Être entrepreneur, c’est s’efforcer de bien s’entourer, faire confiance, garder une méthode scientifique dans le recrutement. La technique, la science, c’est ma spécialité. Je pourrais tout voir à travers ce prisme-là ! Je cherche à être analytique dans mes choix. On a grandi vite, on a beaucoup de partenaires. Chaque jour, il y a des décisions à prendre, tout va vite. La géoscience, c’est de la science dure. On est toujours dans la probabilité. On travaille dans un monde rempli de risques. Ici, on discute autant de géopolitique que de nos capteurs. »

Trois entités en France, au Royaume-Uni et en Australie

Avec 50 collaborateurs et un CA en progression constante, à 4,2 millions en 2024, RTS travaille à 45 % environ pour le pétrole & gaz, à 55 % pour les énergies nouvelles ou le stockage carbone. Elle planche sur des projets en Belgique, Espagne, Suisse, Norvège et dans les Pyrénées, « où l’anomalie locale naturelle – manteau ferreux, plaques tectoniques, forte présence d’eau – est devenue un atout pour la découverte d’hydrogène naturel. Mobilisé à Sauveterre-de-Béarn sur le premier bloc d’hydrogène natif, dit « blanc », RTS l’est aussi sur le site d’Oloron Coucourou où TBH2 Aquitaine vient d’obtenir, le 24 décembre dernier, un permis exclusif de recherche d’hydrogène naturel. Dernière étape en date pour RTS, le rachat l’an passé de la société GTGi à Aurignac, près de Toulouse, « pour sa compétence en matériel de mesure et mécanique de précision, avec des camions vibrateurs non invasifs qui permettent des acquisitions de données en milieu urbain. » Un énorme enjeu pour la géothermie par exemple. À Yverdon, en Suisse, 30 000 capteurs ont été posés pour l’acquisition de données à des buts géothermique pour une ville entière. À Manchester en Angleterre, l’étude du soussol a été générée par la volonté de l’hôpital de réduire sa facture énergétique en passant à la géothermie. En Australie, RTS intervient sur les métaux, les terres rares et l’un des plus gros gisements d’uranium au monde. Les projets n’en finissent pas de sortir de terre. Le prochain sera une Summer School en juin 2026 à Pau, pour transmettre (encore) et faire connaître (toujours) le potentiel de métiers des géosciences à la sauce béarnaise. Une fierté locale.

■ Nathalie Faure

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