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Sarah Levy-Cassou, Professeur de danse contemporaine
Sarah Levy-Cassou – Révélatrice de mouvements

Derrière ce petit bout de femme à la voix douce qui parle franc, se cache un tempérament de feu. À la tête de son entreprise individuelle, Sarah Levy-Cassou, professeur émérite depuis 25 ans, dirige la section de danse contemporaine des Ateliers culturels de Nay (ACN) qui réunit 130 élèves, de 3 à 75 ans. Une jolie réussite pour cette addicte de danse qui a fait du mouvement son mantra de prédilection.

C’est au fond d’une impasse, rue Eugène Constant, que se cache l’Espace Sport et Culture de la Justice. Au sein de ce long bâtiment blanc qui appartient à la ville de Nay, Sarah Levy-Cassou exerce le métier de professeure de danse contemporaine depuis 25 ans. Un rêve de gosse. « J’habitais dans un immeuble en face de l’école de danse Brigitte de Maria, rue du 14 juillet à Pau. De ma fenêtre, j’observais le va-et-vient des enfants qui venaient prendre leurs cours. J’ai dit à ma mère : “je veux faire la danseuse”. J’avais trois ans. J’étais trop jeune pour débuter mais devant ma détermination, Brigitte de Maria a accepté de me prendre en classe « éveil », un cours qui est censé amener les bouts de chou aux fondamentaux, l’espace, le mouvement et la musicalité. Je suis arrivée avec mon jogging rose et j’y suis restée jusqu’à l’âge de 17 ans. » Là, elle explore de nouvelles façons de bouger, d’interagir avec l’espace, d’utiliser le sol comme un partenaire, offrant des possibilités de glisse, de roulade et de rebond, de repousser les limites de ce que son corps peut accomplir.

Un parcours exemplaire

Investie, elle l’est. Passionnée aussi. Sarah se révèle douée. « Je dansais partout, à la maison, à la plage… Je savais que j’avais trouvé là ma vocation. » Elle en parle à son professeur avec une pointe d’angoisse. De celle que l’on ressent avant d’affronter son avenir. « Brigitte m’a soutenue tout en m’expliquant que la voie que je voulais suivre n’était pas facile et qu’il fallait que je prenne encore plus de cours. » Alors elle se met au classique « pour apprendre les bases » et s’inscrit chez Nicole Carporzen. Une autre ambiance. « C’était une école de la rigueur, à l’ancienne. On lui serrait la main à la fin de chaque cours. Nicole avait une excellente réputation. Elle a formé pas mal de danseurs qui sont allés chez Béjart. » Elle y reste un an puis enchaîne sur des stages de danse « pour me perfectionner et découvrir de nouveaux chorégraphes ». À l’instar du catalan Ramón Oller, fondateur de la compagnie de danse barcelonaise Metros, qui a mis en scène plus de 40 productions, dont Roméo et Juliette ou Madame Butterfly. « J’adorais ces cours qui nous poussaient au bout du corps ». Dans la foulée, à 17 ans, elle rentre au Conservatoire National de Région de Toulouse. En parallèle, elle est aussi en DEUG d’Anglais à la faculté Le Mirail. Puis à 19 ans, elle intègre l’école Epse Danse de Montpellier où elle passe son diplôme d’État de professeur de danse contemporaine, tout en poursuivant son travail de danseuse au sein du Groupe Pourquoi Pas de Brigitte de Maria et dans de nombreuses créations et interventions dans la région.

2001, retour au pays

L’envie d’enseigner la taraude. Transmettre, donner et vivre l’évolution des élèves, inventer des langages du mouvement capables de raconter des histoires. C’est à ce moment précis qu’une opportunité s’offre à elle. « Une copine m’a dit qu’il y avait un poste de professeur vacant dans une petite école du centreville de Nay qui était gérée par l’Association Culturelle Nayaise. J’ai postulé, malgré mon jeune âge, 21 ans. J’y suis toujours ! » À cette époque, le contemporain n’était pas vraiment en odeur de sainteté. « On pratiquait plutôt le modern jazz, on aimait les paillettes ! Il a fallu que je marque mon territoire. » Elle propose de petits spectacles avec tous ses élèves – enfants à partir de 4 ans, ados, adultes, et de fil en aiguille, se fait connaître. Les inscriptions affluent. Elle enseigne au Conservatoire de Pau de 2006 à 2011 ; développe de nombreux projets scolaires auprès d’enseignants sur la plaine de Nay et dans des écoles paloises ; participe et fait participer ses élèves aux Rencontres Chorégraphiques de la Fédération Française de Danse. Certains sont médaillés d’or, d’argent et de bronze au niveau National. En 2015, elle lance un cours dédié aux hommes, basé sur les étirements et le renforcement musculaire et les amène doucement à la danse. Elle présente, dans la catégorie intergénération aux Rencontres chorégraphiques nationales, un projet très fort intitulé Fille à papa où elle fait danser trois pères avec leur fille respective de 8, 12 et 14 ans, danseuses ade son école. La pièce est couronnée d’une médaille d’argent.

Des collaborations complices

Échanger, se former, enrichir son répertoire importe beaucoup à Sarah qui organise des stages de danse avec des intervenants de qualité. Julien Desplantez et sa danse terrienne, fluide et organique en fait partie ou Christian Bourigault, qui se définit comme chorégraphe paysager. Ce dernier a créé sa compagnie Alambic en 1990, après avoir été interprète chez Dominique Bagouet qui fut l’une des figures majeures de la danse contemporaine et de la nouvelle danse française. C’est avec 7 danseurs amateurs, élèves des ACN, qu’il a remanié, dans le cadre de Danse en amateur et répertoire (2024/2025), sa pièce Masculin pluriel, écrite en 2002. Une quête de l’identité masculine qui interroge avec humour l’intimité de l’homme. Sarah peut être fière de ce qu’elle a accompli : « amener le plaisir et la qualité de mouvement auprès d’un large public amateur, l’agrément à danser et à partager de riches instants de vie. » Pour cette fanatique d’Anne Teresa De Keersmaeker, chorégraphe flamande de renommée internationale ou du grand maître belge Alain Platel, « la danse est une façon d’imbriquer les choses de manière subtile, une traduction de ce qu’on ne peut pas dire. » Ses prochaines pièces Lever le pied !, Point(s) de rencontre(s) et En toute simplicité sont à voir au Parvis de Tarbes le 18 avril. L’occasion de découvrir la danse d’une metteuse en mouvements qui trace sa voie entre l’exposition et l’introspection.

■ Catherine Nerson

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