Depuis l’ouverture de la première boutique à Pau en 1962, ce spécialiste des arts de la table et de la cuisine a su imposer sa Gallazzini touch. Entouré de Robert et Monique, ses parents, Serge, aux manettes de cette enseigne historique mène la société avec passion et innovation en mettant les petits plats dans les grands.
Héritier d’une lignée de commerçants spécialisés dans la coutellerie et la cuisine, c’est presque tout naturellement que Serge Gallazzini s’est dirigé dans les pas de ses parents. « Certains clients m’ont connu tout petit ! Je jouais à cache-cache avec mes deux frères dans ces lieux. Plus tard, pour gagner un peu d’argent, j’aidais à faire des cartons ou j’étais réquisitionné pour le rangement des stocks. » Après une fac d’éco et une année Erasmus passée en Espagne, ses parents lui demandent de venir les seconder. « J’avais 24 ans et ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. J’ai fini par leur dire “Pourquoi pas ? Je veux bien travailler à condition que nous soyons les numéros 1 !” »
Être premier au couteau !
Numéro un, son arrière-grand-père italien l’était déjà. Parti au Maroc dans les années vingt, en tant que rémouleur, il crée, avec son fils une très grande boutique d’arts de la table et de coutellerie à Casablanca, dans les années trente. C’est là que Robert, papa de Serge, a connu les ficelles du métier. « En 1962, ils sont revenus en France. Mon père a commencé par vendre des articles de pêche et des couteaux dans une minuscule boutique, au 27 rue Joffre, qu’il a fini par reprendre. Ma mère, native d’Orthez est arrivée dans sa vie. » Si les hameçons n’étaient pas la tasse de thé de Robert Gallazzini, il en était tout autrement de la coutellerie, présente encore aujourd’hui. En 1967, Robert décide d’élargir son offre aux rasoirs électriques. La petite boutique prend le nom de Maison du rasoir électrique, enseigne dont parlent toujours les Palois d’un âge certain, restés clients. Mais c’est sa femme, Monique qui a eu l’idée d’amener la vaisselle, avec des jolies marques comme Guy Degrenne ou Médard de Noblat. « Dans les années 70-80, il y avait 22 magasins d’arts de la table à Pau (Gallazzini est désormais le seul en centre-ville, NDLR). Il fallait se démarquer. À cette époque, les familles recevaient beaucoup et les repas s’éternisaient avec souvent plusieurs entrées, deux plats, un plateau de fromage et un dessert ! Les femmes attachaient beaucoup d’importance à la décoration de leur table et aimaient sortir pour l’occasion une belle vaisselle. En passant aux listes de mariage, nouvellement à la mode et en proposant d’autres fournisseurs comprenant aussi ceux spécialisés dans l’électroménager et les articles culinaires, mes parents ont marqué des points face à la concurrence. » Se remettre en question et toujours évoluer, c’est le mantra de la famille Gallazzini, Serge en tête, depuis son arrivée officielle en 1995. « On a développé tout ce qui était autour de la cuisine, créé un premier site internet permettant le développement des achats en ligne nationaux et internationaux. Je me suis rendu sur tous les salons professionnels, toujours à l’affût de nouveautés. En ouvrant sur la cuisine, la place est venue à manquer. Nous avons acheté l’ancienne boutique Max Mara Week-end et séparé Gallazzini Arts de la Table et Gallazzini Cuisine, afin de diversifier encore plus les marques et les produits. »
Ne jamais rester figé
Depuis 2023, la partie Gallazzini Cuisine est devenue Culinarion. « Nous étions déjà référencés dans le réseau qui développe trois marques : Ambiance & Styles, Culinarion et Comptoirs Culinaires. On est juste passé à l’étage supérieur de la fusée ! Culinarion est une coopérative qui apporte un cadre d’organisation tant sur le plan commercial que pour la gestion et le fonctionnement au quotidien, avec un assortiment de produits qui correspond bien aux besoins de nos clients. Être tout seul, c’est chouette mais être 50, c’est beaucoup mieux ! » Aussi, Gallazzini conserve la vaisselle, les couverts, la coutellerie et les couteaux de poche de marques haut de gamme, non référencées chez Culinarion dont les produits s’adressent à des passionnés de cuisine, dont une majorité connaissent déjà l’enseigne.
Sans cesse innover
Serge souhaite continuer des partenariats à l’instar de celui fait avec la marque française Alaskan Maker. « Lorsque j’ai vu leur carafe Mont-Blanc, je me suis dit qu’il fallait imaginer une carafe Pic du Midi d’Ossau qui fait partie des coups de coeur de notre clientèle. » L’enseigne, qui travaille actuellement avec 120 fournisseurs côté Culinarion et 70 chez Gallazzini, affiche un chiffre d’affaires annuel en progression, avec un objectif de développement à + 5 % par an. Une réussite qui tient non seulement au choix de leurs produits – qualitatifs et dans l’air du temps – et de leurs marques – qui évoluent en technicité, couleur et design – mais aussi à leur contact particulier avec la clientèle, fidèle depuis trois générations : « On les connaît depuis tellement longtemps ! » Et lorsqu’il n’est pas à la boutique, c’est sous sa casquette de vice-président de la CCI en charge du commerce qu’il s’engage auprès des boutiques du centre-ville palois. Gallazzini a vraiment l’art de convier le monde… à sa table. ■ Catherine Nerson



















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